NEW YORK : Environnement – Le traité historique sur l…
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NEW YORK : Environnement – Le traité historique sur la haute mer entre officiellement en vigueur
L’accord international visant à protéger la biodiversité et les ressources des eaux internationales devient aujourd’hui une réalité juridique pour l’avenir de la planète.
C’est une étape majeure pour la gouvernance mondiale des océans qui se concrétise ce vendredi à New York. Le Traité sur la haute mer, techniquement désigné comme l’Accord BBNJ (Biodiversité au-delà des juridictions nationales), entre officiellement en vigueur. Ce texte fondateur instaure pour la première fois un cadre juridique contraignant destiné à protéger la diversité biologique marine dans les zones ne relevant d’aucune souveraineté nationale, soit près de la moitié de la surface du globe.
Le triomphe du multilatéralisme
Après plus de vingt années de discussions et de négociations complexes, ce dénouement est salué par la communauté internationale. Rena Lee, ambassadrice de Singapour pour le droit international et présidente des négociations, qualifie cette entrée en vigueur de « monument au multilatéralisme ». Pour la diplomate, qui a joué un rôle clé dans l’adoption du texte final en mars 2023, « la coopération mondiale n’est pas un choix, c’est une nécessité » face aux crises climatiques et à l’effondrement de la biodiversité.
Un outil décisif pour l’objectif « 30×30 »
Jusqu’à présent, la haute mer souffrait d’un vide juridique, la laissant vulnérable à la surexploitation et à la pollution. Désormais, le traité fournit les outils légaux nécessaires à la création d’aires marines protégées (AMP) dans les eaux internationales. Ce mécanisme est considéré comme le levier principal pour atteindre l’objectif mondial de protéger 30 % de l’océan d’ici 2030, une cible fixée lors des précédents sommets sur la biodiversité.
Rebecca Hubbard, directrice de la High Seas Alliance, souligne l’importance vitale de ces zones : « Qu’il s’agisse des montagnes sous-marines, des plaines et fosses abyssales ou des eaux polaires glacées, la haute mer est aussi vitale qu’immense ». Selon elle, la protection de cet espace interconnecté est indispensable pour la santé globale de la planète.
Des obligations immédiates
Si la mise en place complète de l’architecture institutionnelle prendra encore du temps, certaines obligations s’appliquent dès aujourd’hui. Les États parties doivent désormais soumettre toute activité planifiée susceptible d’affecter la haute mer à des processus rigoureux d’évaluation d’impact environnemental. De plus, les gouvernements sont tenus de notifier publiquement ces activités, garantissant une transparence inédite dans la gestion des ressources océaniques.
Vers la première Conférence des Parties
L’entrée en vigueur a été rendue possible après l’atteinte du seuil des soixante ratifications le 19 septembre 2025, déclenchant un compte à rebours de 120 jours qui s’achève ce vendredi. À ce jour, 82 Parties ont rejoint l’accord. La dynamique doit maintenant se poursuivre lors de la première Conférence des Parties (CdP), l’organe décisionnel du traité, qui doit se réunir d’ici un an.
Jason Knauf, PDG du Earthshot Prize, rappelle que le défi réside désormais dans l’application concrète du texte : « Le Traité de la haute mer nous montre que des progrès significatifs sont accomplis grâce à la vision et à la persévérance ». Il insiste sur la nécessité de dépasser les simples mots pour parvenir à une « protection concrète et exécutoire ».