NEW YORK : Environnement – Le traité historique sur l…
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NEW YORK : Environnement – Le traité historique sur la haute mer entre en vigueur
Entré en vigueur ce 17 janvier, le traité sur la haute mer instaure le premier cadre juridique mondial pour protéger la biodiversité hors juridictions nationales.
C’est une date qui fera date dans l’histoire de la gouvernance des océans. Depuis hier, samedi 17 janvier 2026, la communauté internationale dispose enfin d’un outil contraignant pour la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique marine. Le traité sur la haute mer, également connu sous l’acronyme BBNJ (Biodiversity Beyond National Jurisdiction), couvre près de la moitié de la surface de la planète, comblant ainsi un vide juridique qui laissait jusqu’alors de vastes étendues océaniques vulnérables.
Un changement de paradigme immédiat
L’entrée en vigueur du texte marque le début de sa mise en œuvre concrète. Dès à présent, les États ayant ratifié le traité se trouvent face à de nouvelles obligations. Ils doivent notamment promouvoir les objectifs de conservation du traité dans les enceintes internationales et initier une coopération accrue en matière de sciences marines et de transfert de technologies.
Plus crucial encore, les évaluations d’impact environnemental pour les activités planifiées en haute mer doivent désormais répondre aux standards exigeants fixés par le texte. Bien que les organes clés, tels que le Secrétariat, soient encore en phase de constitution, ce basculement juridique signale une évolution majeure dans la manière dont l’humanité gère l’océan global.
Vers la création de sanctuaires marins
L’une des avancées les plus attendues réside dans la possibilité de créer un réseau mondial d’Aires Marines Protégées (AMP) en haute mer. Si la machinerie institutionnelle se met en place progressivement, les pays peuvent d’ores et déjà élaborer des propositions.
La *High Seas Alliance* a identifié plusieurs zones prioritaires qui pourraient constituer la première génération de ces sanctuaires, basés sur des critères scientifiques rigoureux et une importance écologique majeure. Parmi ces sites figurent la chaîne des monts sous-marins de l’Empereur, la mer des Sargasses ou encore les dorsales de Nazca et de Salas y Gomez. Ces protections visent à renforcer la résilience climatique et la santé des écosystèmes.
Cap sur la première Conférence des Parties
Le travail diplomatique et technique se poursuit au sein de la Commission préparatoire (PrepCom) pour poser les fondations des institutions du traité. La prochaine étape majeure sera la première Conférence des Parties (CoP1), qui doit se tenir avant janvier 2027.
Ce rendez-vous sera décisif pour adopter les règles de procédure, finaliser les structures institutionnelles et déterminer les mécanismes financiers. C’est lors de cette CoP1 que seront validés les processus permettant l’officialisation des premières AMP et la gestion des ressources génétiques marines.
Des opportunités économiques pour les Caraïbes
Au-delà de l’enjeu écologique, le traité présente des avantages économiques tangibles. Une nouvelle analyse intitulée « High Seas High Stakes », centrée sur les Caraïbes, démontre que la ratification apporte des bénéfices nets. L’étude, qui se penche sur les cas d’Antigua-et-Barbuda, de la Jamaïque et de Trinité-et-Tobago, souligne que ces nations tireront profit du traité grâce au renforcement des capacités scientifiques et à une meilleure gouvernance, indépendamment de la création immédiate d’AMP.
Pour marquer cette avancée historique et maintenir la dynamique vers une ratification universelle, la *High Seas Alliance* organise demain, lundi 19 janvier, un webinaire de célébration réunissant experts et partenaires.