NEW YORK : Analyse linguistique – Le discours de Dona…
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NEW YORK : Analyse linguistique – Le discours de Donald Trump comparable à celui d’un enfant de 7 ans
Une étude de PlayersTime révèle que Donald Trump a un niveau de langage de CE1, avec un vocabulaire limité et des phrases très courtes.
Une nouvelle étude publiée par la société d’analyse de données PlayersTime a passé au crible le style de communication de Donald Trump, le comparant à celui de ses prédécesseurs à la Maison-Blanche et à d’autres grands dirigeants européens. Le rapport, basé sur l’analyse de plus de 34 000 mots issus d’entretiens récents, révèle que le discours de l’actuel président américain possède une structure et une complexité équivalentes à celles d’un enfant en classe de CE1 (Grade 2 aux États-Unis), soit âgé d’environ 7 ans.
Un style simple, direct et percutant
L’analyse quantitative met en évidence des caractéristiques linguistiques très marquées. Sur les 34 022 mots prononcés par Donald Trump dans les entretiens étudiés, seuls 2 180 sont uniques, ce qui représente un taux de diversité lexicale de seulement 10,4 %. Ses phrases sont courtes et directes, avec une moyenne de 11,2 mots, rendant son propos accessible mais limitant la nuance.
Cette simplicité est renforcée par la répétition fréquente d’expressions phares comme « billions of dollars » (des milliards de dollars), « a lotta money » (beaucoup d’argent) ou « have never happened » (n’est jamais arrivé). L’étude note également une tendance à formuler les sujets en termes extrêmes (« le plus grand », « jamais vu auparavant », « 100 % ») et à structurer les récits autour de sa personne (« j’ai hérité de », « seulement grâce à moi »). Par ailleurs, Donald Trump utilise très peu de mots de couverture ou de nuance (comme « peut-être », « à mon avis »), ce qui confère à son discours un ton très assertif et direct.
Un contraste frappant avec ses prédécesseurs
Placé en perspective avec d’autres présidents américains, le style de Donald Trump apparaît comme une véritable rupture. Barack Obama, par exemple, utilisait des phrases de 24 mots en moyenne, avec une diversité de vocabulaire de 18,4 % et un niveau de lisibilité de classe de Première (11th grade). Joe Biden, bien que souvent critiqué pour son âge, affiche la plus grande diversité lexicale du groupe (20,3 %) pour un niveau de lisibilité de CM1 (4th grade). George W. Bush se situe entre les deux, avec 15,7 % de mots uniques et un niveau de 5ème (7th grade).
Le rapport souligne que ces différences ne sont pas seulement stylistiques mais structurelles. L’écart de niveau de lisibilité entre le discours de Donald Trump et celui de Barack Obama représente près d’une décennie de différence éducative, illustrant un changement radical dans la manière de délivrer les messages politiques au plus haut niveau de l’État.
Décalage également marqué avec les leaders européens
La comparaison avec plusieurs dirigeants européens confirme que le style de Donald Trump est une exception. Des personnalités comme Boris Johnson (19,60 % de mots uniques), Leo Varadkar (15,70 %), Viktor Orban (12,60 %) ou Emmanuel Macron (11,20 %) emploient tous un vocabulaire plus varié. Leurs phrases sont également beaucoup plus longues et complexes, allant de 16,3 mots en moyenne pour Viktor Orban à 24,5 mots pour Leo Varadkar, avec des niveaux de lisibilité s’échelonnant de la 5ème à la Seconde (7th to 10th grade).
L’étude conclut sur ce point que là où les dirigeants européens construisent des arguments complexes avec des phrases à tiroirs, Donald Trump les compresse en déclarations courtes et percutantes, privilégiant l’immédiateté et la facilité de compréhension à l’élaboration et la nuance.
Une stratégie de communication issue de la téléréalité
Pour les analystes de PlayersTime, ce style n’est pas anodin et pourrait être une stratégie de communication délibérée, héritée de son passé médiatique. « Trump lui-même s’est un jour décrit comme passant d’un ‘homme d’affaires très prospère à une grande star de la télévision’, et des éléments de cet instinct médiatique apparaissent dans ses schémas de discours. Le langage qu’il utilise est conçu pour être mémorable et adapté aux grands titres, ce qui aide à attirer l’attention. En même temps, les phrases qui fonctionnent bien dans les extraits médiatiques peuvent ne pas toujours se traduire harmonieusement dans des situations qui exigent une formulation diplomatique soignée », commente Silvana Vladimirova, analyste de données chez PlayersTime.
L’étude complète est disponible sur le site de PlayersTime (https://www.playerstime.com/reports/trump-speech-analysis/), et l’ensemble des données brutes utilisées pour l’analyse est accessible au public via Google Drive (https://docs.google.com/spreadsheets/d/1McA7YZYNLvmRB4Z_1pPXf996A4BRdGbgdIhT1HT9p28/edit?gid=0#gid=0).