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NANTES : Benjamin Le PENDEVEN : « L’Europe privilégie…

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NANTES : Benjamin Le PENDEVEN : « L’Europe privilégie le réalisme, les États-Unis l’ambition »

Une étude d’Audencia révèle que le capital-risque européen, aussi performant que son homologue américain, repose sur des logiques d’investissement distinctes.

Dans un contexte de correction du marché après l’euphorie des années 2021-2022, le capital-risque européen est souvent perçu comme structurellement en retard sur le modèle américain. Une idée reçue que vient nuancer une étude approfondie pilotée par Audencia. Publiée dans la revue scientifique *Small Business Economics*, elle démontre que si les performances sont globalement similaires des deux côtés de l’Atlantique, les méthodes pour y parvenir diffèrent profondément, un constat crucial pour les entrepreneurs en quête de financement.

Cette enquête, la plus vaste jamais menée en Europe sur le sujet, s’appuie sur les réponses de 611 dirigeants de 396 fonds d’investissement, représentant 130 milliards d’euros d’actifs sous gestion. Intitulée « Practices of European and American Venture Capitalists : homogeneity and heterogeneity at work », elle met en lumière les spécificités qui régissent les deux écosystèmes.

Des performances équivalentes, un mythe tenace

Contrairement à une opinion répandue, l’étude révèle que le capital-risque européen n’est pas moins performant que son cousin américain. Les données montrent des rendements comparables, des taux d’échec similaires et une part équivalente de « top deals », ces investissements qui génèrent des plus-values exceptionnelles. Près de 45 % des investissements échouent ou génèrent de faibles retours, tandis qu’environ 9 % multiplient la mise initiale par plus de dix, des chiffres très proches de part et d’autre de l’Atlantique.

La convergence se retrouve également dans les pratiques contractuelles, avec une adoption massive de standards comme les droits de pro rata ou les clauses anti-dilution. Un point de consensus majeur unit également les investisseurs : l’équipe fondatrice est considérée comme le facteur clé du succès (pour 96 % des sondés) et la principale cause d’échec (pour 92 %).

Deux philosophies d’investissement radicalement opposées

C’est dans l’analyse de cette équipe fondatrice et du projet que les divergences apparaissent. Les investisseurs américains évaluent un flux d’opportunités bien plus important, rencontrant en moyenne 28 équipes avant d’investir, contre 17 en Europe. Leur processus de sélection est plus intensif, avec 4,8 audits approfondis (« due diligences ») contre 3,3 en Europe.

Les critères de décision confirment cette différence d’approche. Les Américains accordent un poids majeur aux fondamentaux économiques : le modèle d’affaires (critère clé pour 83 %), le produit (74 %) et la taille du marché (68 %). En Europe, l’analyse est moins centrée sur ces aspects (43 % pour le modèle économique) et davantage sur les qualités intrinsèques du fondateur : sa crédibilité, sa résilience et son engagement personnel. Là où les États-Unis évaluent l’équipe et la robustesse du modèle, l’Europe se concentre sur l’individu.

Cette divergence se traduit inévitablement dans la valorisation des start-ups.

« Le résultat est une logique de valorisation différente : l’Europe privilégie le réalisme, les États-Unis l’ambition. », souligne Benjamin Le Pendeven, professeur et expert en finance entrepreneuriale à Audencia et co-auteur de l’étude.

Une mauvaise interprétation de ces attentes peut, selon lui, conduire à des erreurs de valorisation et compromettre une levée de fonds.

Renforcer le modèle européen plutôt qu’imiter

Pour les auteurs, l’enjeu pour l’Europe n’est pas de copier le modèle américain, mais de consolider ses propres atouts. Le défi principal reste celui de l’échelle, de la densité du marché et de la fluidité des capitaux entre les différentes phases de croissance.

L’étude recommande ainsi aux acteurs du capital-risque européen d’élargir le flux de projets en phase de démarrage, d’améliorer l’accès aux capitaux de croissance et de renforcer la coopération entre investisseurs. Pour les décideurs publics, le message est clair : les tentatives d’importer un modèle unique, comme celui de la Silicon Valley, doivent impérativement intégrer les spécificités structurelles du continent.

L’étude complète est disponible dans la revue *Small Business Economics* (https://link.springer.com/article/10.1007/s11187-026-01211-w).

À propos d’Audencia

Fondée en 1900, Audencia se positionne parmi les meilleures Écoles de Management européennes. Elle est accréditée EQUIS, AACSB et AMBA et propose des programmes en management et en communication allant du bachelor au doctorat.

Première École de Management en France à adhérer à l’initiative Global Compact des Nations Unies, Audencia s’est engagée à former des managers innovants et responsables. L’école a également créé Gaïa, dédiée à la transition écologique et sociale.

Audencia (www.audencia.com) accueille plus de 8 800 étudiants, dispose d’un corps professoral de 187 enseignants-chercheurs et s’appuie sur un réseau de plus de 49 000 diplômés.

via Presse Agence.