NAIROBI : Gituku KIRIKA : « Les banques kenyanes pourront d…
Partager :
NAIROBI : Gituku KIRIKA : « Les banques kenyanes pourront désormais offrir des paiements transfrontaliers plus rapides »
Pesalink et le système panafricain PAPSS s’associent pour accélérer les transferts d’argent internationaux en monnaies locales au Kenya.
Une alliance stratégique pour l’économie kenyane
Le paysage financier est-africain a franchi une nouvelle étape décisive ce jeudi 26 février 2026. Pesalink, le réseau de paiement instantané du Kenya, et le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) ont officiellement scellé un partenariat majeur à Nairobi. Selon les informations institutionnelles communiquées par la Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank), cette collaboration technique inédite vise à fluidifier les transactions financières transfrontalières en s’affranchissant totalement des contraintes liées aux devises étrangères.
Le dispositif technique déployé permet désormais à l’ensemble des participants du réseau PAPSS d’effectuer des virements instantanés, accessibles vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, vers l’écosystème financier kenyan. Concrètement, les fonds sont envoyés et réglés directement en monnaies locales. Ce mécanisme ingénieux permet aux acteurs économiques de contourner les exigences souvent très complexes imposées par les banques correspondantes. Il réduit également de façon drastique la dépendance historique du continent à l’égard des devises de réserve internationales classiques.
L’interopérabilité au service des acteurs économiques
Pesalink agit dorénavant en tant que fournisseur de connectivité technique de premier plan au sein de cette nouvelle architecture continentale. Exploité par la structure Integrated Payment Services Limited (IPSL) et détenu par l’Association des banquiers kenyans (Kenya Bankers Association), ce réseau constitue l’épine dorsale incontestable des paiements en temps réel du pays. L’IPSL, créée en 2015 en vertu de la loi kenyane sur le système national de paiement, démontre ainsi sa capacité d’innovation continue.
Grâce à cette intégration technologique poussée, plus de quatre-vingts institutions kenyanes — comprenant des banques traditionnelles, des entreprises de technologie financière (fintechs), des coopératives d’épargne et de crédit (SACCO) ainsi que des opérateurs de télécommunications — sont désormais interconnectées de manière fluide avec plus de cent soixante banques commerciales opérant déjà sur la plateforme du PAPSS. Cette initiative d’envergure, soutenue conjointement par Afreximbank, l’Union africaine et le Secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), simplifie drastiquement les démarches de paiement pour les particuliers, les petites et moyennes entreprises (PME) ainsi que les grandes structures commerciales du pays.
Réduire des frais de transfert structurellement élevés
L’enjeu économique de cette alliance stratégique est véritablement considérable pour la région. Historiquement, les paiements transfrontaliers sur le continent africain se caractérisent par leur grande lenteur et leur coût souvent prohibitif, pénalisant la croissance. D’après le rapport exhaustif publié en 2023 par la Banque mondiale concernant les prix des transferts de fonds (http://apo-opa.co/4baDSh7), l’envoi d’argent à travers les frontières africaines engendre en moyenne des frais représentant de 7 à 8 % de la valeur totale transférée par l’expéditeur. À titre de comparaison, la moyenne mondiale de ces frais se situe plutôt entre 6 et 7 %.
De surcroît, le délai de règlement classique au sein du système bancaire traditionnel oscille fréquemment entre trois et sept jours ouvrables, immobilisant des liquidités cruciales pour les entreprises. Le rapprochement technologique entre Pesalink et le PAPSS promet ainsi de réduire ces coûts opérationnels de manière significative, tout en accélérant les délais de compensation de façon inédite.
Une dynamique de croissance régionale stimulée par les dirigeants
Les hauts dirigeants des deux entités soulignent avec force l’impact profondément transformateur de cet accord bilatéral pour l’avenir du commerce interafricain. Lors de la cérémonie officielle de signature organisée au siège de Pesalink dans la capitale kenyane, les immenses perspectives de développement ont été mises en exergue devant les partenaires financiers.
« Pour que PAPSS ait un réel impact, la collaboration avec des commutateurs nationaux et privés comme Pesalink est essentielle. Pesalink est le premier commutateur que nous avons testé pour la terminaison des transactions au Kenya, et nous constatons déjà une adoption croissante grâce à l’ouverture de nouveaux canaux pour des paiements transfrontaliers fluides en monnaie locale à travers l’Afrique », a déclaré Mike Ogbalu III, directeur général de PAPSS.
De son côté, le dirigeant de l’infrastructure de paiement kenyane a tenu à mettre en lumière les multiples bénéfices directs qui en découleront pour le tissu économique local à court et moyen terme. « Les banques kenyanes pourront désormais offrir des paiements transfrontaliers plus rapides et moins chers. Elles aideront leurs clients à développer davantage de relations commerciales régionales et à prospérer dans une économie numérique plus intégrée », a conclu Gituku Kirika, président-directeur général de Pesalink.