MUNICH : Sécurité spatiale – Vyoma sélectionnée par l…
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MUNICH : Sécurité spatiale – Vyoma sélectionnée par l’ESA pour sa surveillance en temps quasi réel
La société munichoise Vyoma a été choisie par l’ESA pour déployer ses capteurs miniaturisés dans le cadre du programme HydRON de surveillance spatiale.
La start-up allemande Vyoma, spécialisée dans la connaissance de la situation spatiale (SDA – Space Domain Awareness), vient de remporter un contrat significatif auprès de l’Agence Spatiale Européenne (ESA). Dans le cadre d’un consortium mené par Kepler Communications, l’entreprise a été sélectionnée pour démontrer ses services de surveillance de l’espace à latence quasi nulle au sein du projet « HydRON Element 3 ».
Ce projet bénéficie d’un cofinancement du Centre aérospatial allemand (DLR), via sa contribution au programme ARTES (Advanced Research in Telecommunications Systems) de l’ESA et à son programme de sécurité spatiale. Vyoma, fondée en 2020 et forte d’une équipe de plus de quarante ingénieurs et scientifiques, franchit ainsi une nouvelle étape dans sa mission de sécurisation des opérations orbitales.
Un projet ambitieux pour les communications spatiales
Le programme HydRON de l’ESA vise à construire le premier réseau satellitaire optique à très haut débit, capable de relier les orbites terrestre basse (LEO) et géostationnaire (GEO). Avec une capacité visée d’un térabit par seconde, ce réseau ambitionne d’assurer une interopérabilité parfaite avec les réseaux terrestres à haute capacité. L’étape « Element 3 » du projet se concentre sur l’identification de concepts de services innovants exploitant la communication par satellite à faible latence rendue possible par cette infrastructure de pointe. C’est dans ce contexte que la technologie de Vyoma a été retenue pour ses applications en matière de sécurité et de surveillance.
Des capteurs miniaturisés en complément des satellites Flamingo
Vyoma opère déjà ses propres satellites, baptisés Flamingo, équipés de grands capteurs de surveillance spatiale. Ces derniers permettent de répondre rapidement aux demandes des utilisateurs, de mener des campagnes d’observation dédiées et d’observer des objets même de faible luminosité.
Dans le cadre du contrat HydRON, Vyoma va ajouter des capacités d’observation complémentaires grâce à une suite de capteurs miniaturisés conçus pour être hébergés sur des satellites tiers. Ces charges utiles se distinguent par leur très grand champ de vision, capable de balayer une vaste portion de l’espace en une seule fois et de surveiller simultanément un grand nombre de satellites. Cette multiplication des points d’observation permet de réduire considérablement la latence pour détecter et suivre des objets d’intérêt, notamment les satellites en manœuvre.
La latence quasi nulle, un atout stratégique
L’atout majeur de la solution de Vyoma réside dans la transmission des données d’observation avec une latence quasi nulle. Cette rapidité permet un traitement en temps réel des informations enregistrées, fournissant ainsi des renseignements exploitables et critiques pour la sécurité spatiale.
Les anomalies, telles que des manœuvres satellitaires inattendues, peuvent être détectées presque instantanément. Le système met en œuvre une approche automatisée de « tip and cueing » : dès qu’une anomalie est repérée par les capteurs miniaturisés, les satellites Flamingo, plus agiles et précis, peuvent être immédiatement redirigés pour suivre l’objet et affiner les données. Des capteurs au sol, comme les radars de surveillance et de suivi de l’espace (SST), peuvent également être intégrés dans cette boucle de commande pour une précision accrue.
Déploiement futur et renforcement des capacités souveraines
Vyoma prévoit de poursuivre le déploiement de sa constellation en lançant d’autres satellites Flamingo et des charges utiles hébergées entre 2026 et 2029. L’objectif à terme est d’offrir une couverture d’observation à faible latence de tous les satellites en orbite terrestre basse. Cette capacité renforcera les capacités souveraines de connaissance de la situation spatiale des nations européennes et contribuera de manière décisive à la sécurité des opérations satellitaires dans un environnement orbital de plus en plus encombré.
L’Agence Spatiale Européenne (ESA), une organisation intergouvernementale créée en 1975, a pour mission de développer les capacités spatiales de l’Europe au profit de ses citoyens. Elle coordonne les ressources de ses 23 États membres pour mener des programmes d’envergure.
Plus d’informations sont disponibles sur son site officiel (http://www.esa.int).

