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MOUGINS : « Les artistes américains à Paris entre 1945 et 1970 »
La galerie ABCD de Mougins met en lumière les artistes américains à Paris entre 1945 et 1970, à travers une exposition riche et inédite.
Les artistes américains à Paris (1945-1970)
La galerie ABCD de Mougins présente une exposition inédite intitulée « Les artistes américains à Paris (1945-1970) », du 19 avril au 25 mai 2025. Cette exposition explore une période fascinante de l’histoire de l’art, où Paris, bien que progressivement détrônée par New York, reste un centre d’attraction pour de nombreux artistes américains. À travers une trentaine d’œuvres, l’exposition met en lumière des figures majeures de l’abstraction américaine, souvent méconnues en France, telles que John Harrison Levee, Stanley William Hayter ou John-Franklin Koenig.

Un lieu d’inspiration et de rencontres
L’histoire des artistes américains à Paris commence bien avant le XXe siècle, mais c’est après la Seconde Guerre mondiale que cette relation prend une ampleur particulière. Grâce au G.I. Bill, une loi votée par le Congrès des États-Unis, des milliers de vétérans américains bénéficient de bourses pour reprendre leurs études, y compris à l’étranger. Paris, avec ses ateliers mythiques comme celui de Constantin Brâncusi impasse Ronsin, devient un lieu de rencontre et de création pour ces artistes. Ils mènent une vie bohème, fréquentant les cafés de Montparnasse et de Saint-Germain-des-Prés, et côtoient des figures emblématiques de l’art moderne.
La Galerie Huit, un symbole de l’effervescence artistique
En 1950, l’artiste afro-américain Haywood « Bill » Rivers fonde la Galerie Huit, un lieu d’exposition autogéré et coopératif subventionné par la Fondation Rosenwald. Ce lieu devient un carrefour pour près de 50 peintres et sculpteurs américains. Parmi eux, des noms comme Joan Mitchell, Sam Francis, ou encore Larry Rivers, précurseurs du pop art, y exposent leurs œuvres. La Galerie Huit incarne l’esprit communautaire et créatif de cette époque, où les artistes américains à Paris forgent leur identité artistique.
Des parcours uniques et des influences croisées
L’exposition met en lumière des parcours singuliers, comme celui de John Harrison Levee, ancien aviateur ayant participé au débarquement en Normandie. Arrivé à Paris en 1945 grâce au G.I. Bill, il s’inscrit à l’Académie Julian et évolue du mouvement expressionniste abstrait américain vers le Hard Edge Painting. Son œuvre, marquée par des aplats géométriques bien délimités, témoigne de la rencontre entre l’abstraction américaine et la sensibilité européenne. D’autres artistes, comme Oscar Chelimsky, bénéficiaire du G.I. Bill, s’installent impasse Ronsin et participent à la fondation de la Galerie Huit. Sa peinture, rattachée à l’abstraction lyrique, reflète les influences de cette période. John-Franklin Koenig, quant à lui, explore une grande variété de techniques, des collages aux tapisseries, en passant par les huiles et les gouaches sur papier.
Une redécouverte tardive mais essentielle
Si certains artistes américains à Paris sont retournés aux États-Unis et ont acquis une notoriété mondiale, d’autres, restés en France, ont longtemps été oubliés. L’exposition de la galerie ABCD vise à redonner à ces figures leur juste place dans l’histoire de l’art. Comme l’évoque Elisa Capdevila, auteur de « De Paris à l’Europe : sur les traces des « Américains à Paris » », cette période a nourri un véritable mythe, réactivé par des œuvres culturelles comme la comédie musicale An American in Paris de Vincente Minnelli.
Un vernissage à ne pas manquer
Le vernissage de l’exposition aura lieu le 19 avril 2025, de 18h à 20h30, à la galerie ABCD, située au 93 rue Place du Commandant Lamy, à Mougins. Cette soirée sera l’occasion de découvrir des œuvres rares et de rencontrer les passionnés qui œuvrent à la redécouverte de ces artistes.
Un regard sur l’histoire et une invitation à la réflexion
L’exposition « Les artistes américains à Paris (1945-1970) » nous invite à réfléchir sur la manière dont les mouvements artistiques transcendent les frontières et les époques.
Elle nous rappelle que l’art, au-delà des modes et des marchés, est avant tout une quête universelle de sens et de beauté.

