MOUGINS : Culture – Le Centre de la photographie met…
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MOUGINS : Culture – Le Centre de la photographie met la matière à l’épreuve du spectaculaire
Du 20 février au 7 juin 2026, le Centre de la photographie de Mougins orchestre un dialogue inédit entre l’œuvre expérimentale d’André Villers et les créations organiques des artistes contemporaines Elsa Leydier et Clara Chichin.
C’est une invitation à repenser l’acte photographique que lance le Centre de la photographie de Mougins avec sa nouvelle exposition, « Le spectaculaire à l’épreuve de la matière ». À partir du 20 février, les commissaires François Cheval et Yasmine Chemali proposent aux visiteurs de dépasser l’image comme simple miroir documentaire pour plonger dans une photographie tactile, vivante et résolument artisanale. Loin de la froideur des technologies numériques et de l’instantanéité, l’exposition met en lumière des artistes qui travaillent le corps même de l’image.
L’alchimie d’André Villers.
Au cœur de ce parcours se trouve la figure tutélaire d’André Villers (1930-2016). L’histoire retient souvent sa rencontre déterminante avec Pablo Picasso à Vallauris, au début de l’année 1953. De cette amitié naîtra une complicité créatrice d’une décennie. Le peintre offre au jeune photographe son premier Rolleiflex, une « machine à coudre » qui deviendra son instrument d’expérimentation.
Mais l’exposition dépasse la simple évocation de cette amitié célèbre pour révéler un Villers expérimentateur, véritable plasticien de la pellicule. De *Diurnes* (1962), réalisé avec Picasso et Jacques Prévert, à *Pliages d’Ombres* (1977) avec Michel Butor, André Villers n’a cessé de découper, superposer et métamorphoser l’image. « L’image n’est plus un miroir documentaire, mais fracture ; elle interroge la distance entre l’auteur, le sujet et le regardeur », soulignent les organisateurs. Pour Villers, le laboratoire était un espace de création totale où la photographie devenait matière et écriture.
Une nouvelle génération de « cueilleurs d’images ».
En écho à cette démarche historique, l’exposition présente le travail de deux artistes contemporaines, Elsa Leydier et Clara Chichin, qui réinventent ce rapport charnel à la photographie. Face à la crise écologique et à la saturation visuelle, elles adoptent une posture de « cueilleur nomade » et de « semeur d’images ».
Elsa Leydier, lauréate du Prix de la Maison Ruinart en 2019, présente notamment sa série *L’Impostrice*. L’artiste pousse la logique du vivant à son paroxysme en imprimant ses œuvres sur du papier recyclé et ensemencé de graines. Ses images portent en elles leur propre disparition ou métamorphose potentielle. En intégrant cette vulnérabilité, l’œuvre questionne la figure de l’imposteur et les potentiels endormis, attendant patiemment d’éclore.
Géographie sensible et écopoétique.
De son côté, Clara Chichin propose avec *Les précipités* une approche « écopoétique » du territoire. Ses photographies sont le fruit de longues marches, de l’arrière-pays azuréen jusqu’au littoral méditerranéen. Loin de la carte postale, elle capte la vibration des lieux, les matières organiques et minérales.
« Le photographe redevient un patient compagnon du vivant. Il faut s’y attarder : la photographie peut, et doit, demeurer un organisme vivant, un corps pigmentaire », précise le texte curatorial. Pour Clara Chichin, le paysage n’est pas un décor mais une relation, une expérience de co-présence entre l’humain et le monde.
Informations pratiques.
Le vernissage de l’exposition se tiendra le vendredi 20 février 2026 à 18h30. Une visite presse est organisée le même jour (horaire à confirmer). Les visuels et le dossier de presse complet sont disponibles via ce lien : https://drive.google.com/drive/folders/18et2aK_3lWNdezeS-yn3iAHWnO_0hQdi
Centre de la photographie de Mougins
43 rue de l’Église, 06250 Mougins.
Exposition ouverte du 20 février au 7 juin 2026.