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MONTPELLIER : Sécheresse, les recommandations de l’…

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Floriane Dumont
24 Nov 2023

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MONTPELLIER : Sécheresse, les recommandations de l’UNEP Occitanie pour préserver l’eau

Sécheresse : l’Unep Occitanie présente ses recommandations pour préserver l’eau et la végétalisation des villes.

Après une année 2023 marquée par des épisodes de sécheresse et de canicules sans précédent, synonymes de restrictions en eau pour les collectivités, les professionnels du paysage de l’Occitanie réunis au sein de l’Unep Occitanie (Union Nationale des Entreprises du Paysage) préparent dès maintenant la période estivale 2024. Alors que l’automne, synonyme de plantation, est déterminant dans le développement des espaces verts, l’Unep lance l’alerte sur la nécessité d’arroser ces jeunes plantations et d’anticiper dès aujourd’hui les épisodes de sécheresse à venir. C’est dans cette optique qu’elle présente ses recommandations pour assurer la pérennité du capital vert des villes tout en économisant au mieux la ressource en eau.

Optimiser les ressources en eau tout en préservant les espaces verts

La première recommandation de l’Unep Occitanie concerne l’optimisation des apports en eau, afin de maintenir la végétalisation des villes et préserver leur capital vert, tout en s’inscrivant dans une utilisation raisonnée des ressources. L’objectif : ne pas arrêter d’arroser, mais arroser mieux.

Ce travail d’optimisation commence dès maintenant, en automne, période idéale pour effectuer les nouvelles plantations et le paillage. Cela permet aux plantes de bénéficier des pluies automnales et hivernales pour s’enraciner puis de puiser progressivement l’eau stockée pendant l’hiver lors de leurs croissances printanières, tout en étant protégées du gel par le paillage.

Les entreprises du paysage Occitanie recommandent par ailleurs de respecter les règles de l’art lors de la plantation et l’entretien des végétaux, consignées dans les règles professionnelles du paysage. Le choix des plantes, à adapter aux propriétés du sol et au climat local, le recours à la gestion à la parcelle des eaux de pluie, ainsi que le type d’arrosage (stations météos, systèmes de détection sondes, goutte à goutte…) sont également cruciaux pour assurer un usage maîtrisé de l’eau.

La promotion de pratiques respectueuses des ressources se joue également chez les particuliers : en ce sens, l’Unep travaille main dans la main avec les collectivités pour poursuivre le travail de pédagogie initié envers les propriétaires de jardins et d’espaces verts privés, qu’ils soient particuliers ou collectifs, notamment sur les espèces végétales à privilégier selon les territoires, et sur les bons réflexes pour économiser l’eau.

« La ville de demain devra s’appuyer sur un usage raisonné des ressources en eau pour continuer sa végétalisation, d’autant que le vert en ville jouera un rôle encore plus fondamental face au dérèglement climatique : le végétal permet notamment de réguler les températures, de créer des îlots de fraicheur, d’absorber les eaux de pluie et influe directement sur le bien-être et la santé des citadins. Sacrifier le capital vert des villes alors même que les épisodes caniculaires sont de plus en plus fréquents relève du non-sens ! », commente Corinne Delpeyroux, Présidente de l’Unep Occitanie.

Réutiliser les eaux non-conventionnelles

Par ailleurs, l’Unep Occitanie préconise la réutilisation des eaux dites non-conventionnelles, via deux leviers.

Tout d’abord, le développement de l’usage des eaux usées traitées dans l’arrosage des espaces verts : une recommandation qui va dans le sens des annonces récentes du Gouvernement, dans le cadre du Plan Eau, dans lequel il a fait part de sa volonté d’accroître l’usage des eaux usées traitées en France, et donc de lever les principaux freins réglementaires.

Deuxième enjeu identifié par l’Unep : l’extension de la valorisation des eaux de pluie via la gestion des eaux de pluies à la parcelle notamment, (comme la déconnexion des gouttières ou la création de noues et de micro-noues, qui permettent l’infiltration des eaux dans le sol, donc dans les nappes phréatiques, et limitent la saturation des réseaux d’assainissement). L’utilisation de récupérateurs d’eau de pluie pour certains usages domestiques (chasse d’eau, arrosage et nettoyage des extérieurs, …) est aussi une solution à considérer afin de diminuer la ponction sur la ressource en eau. L’objectif : que les eaux de pluies soient considérées comme une ressource, et non plus comme un déchet à évacuer et traiter.

S’appuyer sur l’expertise des professionnels des espaces verts pour mieux s’adapter aux épisodes de sécheresse

Toutes ces recommandations, qui s’appuient sur l’expertise des entreprises du paysage, vont dans le sens d’un changement de paradigme dans la gestion de l’eau. Alors que le guide sécheresse du ministère de la Transition écologique a été révisé en mai 2023, l’Unep formule 3 recommandations dans la mise en application de ce guide pour établir les arrêtés sécheresse, recommandations nécessaires à la préservation du capital vert des villes.

Tout d’abord, adapter les arrêtés à la saison : si la végétation a besoin d’eau en été pour transpirer et réaliser sa photosynthèse, elle a également besoin d’avoir des quantités d’eau au plus juste en automne. En effet, il est nécessaire d’effectuer un arrosage en profondeur lors des plantations, afin de stimuler la reprise des racines et de stabiliser le sol. Hors période estivale, l’Unep demande ainsi que soient élargis les horaires d’arrosage en journée, l’évaporation naturelle de l’eau étant moins conséquente avec la baisse de l’ensoleillement et des températures. Cela permet aussi de concilier des problématiques sociales (recours au travail de nuit en période d’arrêté sécheresse) et de sécurité (visibilité des personnes la nuit, notamment au bord des routes).

L’Unep demande également à pouvoir arroser les nouvelles plantations autant qu’elles le nécessitent pour assurer leur survie, avec des techniques adaptées pour économiser l’eau.

Enfin, l’Unep recommande l’application des directives du guide cadre national sur la durée d’arrosage après la plantation : 2 ans sont un minimum – certains départements prévoient 3 ans.

« La relation entre l’eau et le végétal est indissociable par nature. Comme elles ont déjà su le démontrer cet été, les entreprises du paysage de l’Occitanie disposent déjà d’une grande expertise pour répondre aux problématiques de gestion de la ressource en eau. Nous devons être des acteurs investis sur ces réflexions dans les territoires, étant porteurs de solutions concrètes pour optimiser l’utilisation de l’eau en période de crise, sans toutefois nuire à la survie du patrimoine végétal, mais également le reste de l’année pour économiser l’eau avant qu’elle ne manque. L’été 2024 se prépare dès maintenant ! » conclut Corinne Delpeyroux, Présidente de l’Unep Occitanie.