MONTPELLIER : Jacques VILLARD : « Créons une principauté po…
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MONTPELLIER : Jacques VILLARD : « Créons une principauté pour résister au grand remplacement »
Se réclamant des rapatriés d’Algérie, un collectif mené par Jacques Villard appelle à créer une enclave sur des terres ancestrales spoliées par l’État.
Un appel au regroupement et à la résistance circule activement dans les cercles de rapatriés et de sympathisants. Mené par Jacques Villard, qui se présente comme « Pupille de la Nation » et ancien fonctionnaire du ministère des Finances, le projet vise à la création d’une enclave dotée d’un « statut international » sur des terres que le collectif revendique comme un héritage ancestral.
« Si nous ne réagissons pas, nous subirons le sort qui nous a été réservé en 1962 sauf que nous n’avons plus de terres d’exil », écrit-il dans un courriel largement diffusé.
Évoquant des « quartiers entiers de France […] islamisés et [tombant] sous la coupe des narcotrafiquants », il appelle à un « rassemblement de masse qui nous permettra de résister au grand remplacement ».
Un projet de « principauté » de 24 000 hectares
Le projet s’appuie sur une revendication foncière précise. Le collectif affirme que 58 domaines, totalisant environ 24 000 hectares, appartiennent légitimement à leur communauté.
« Il ne s’agit pas de s’emparer de terres inconnues mais de reprendre les domaines de nos ancêtres », précise Jacques Villard.
Il accuse directement l’État d’expropriation illégale : « La Vème République française nous en a expropriés sans droit, ni titre, ni paiement en ne passant pas par les notaires concernés ».
Le domaine de Julhans, une propriété de 374 hectares avec une bastide de style Vauban, est cité comme le premier lieu de ce regroupement. L’objectif final serait la mise en place d’une entité autonome sur le modèle de la principauté de Monaco. L’initiateur du projet fustige au passage « des responsables de notre communauté qui bénéficient de prébendes, de titres et de décorations de la part du régime en place » et qui, selon lui, inciteraient à l’inaction.
Le cas emblématique du Château de Cambous
Pour étayer ses accusations de spoliation, le collectif met en avant le cas du Château de Cambous, situé à Viols-en-Laval dans l’Hérault.
Un autre membre du groupe, Charles Henri Castelin, affirme que des « pieds-noirs marocains en ont été spoliés » et évoque une « procédure judiciaire […] en cours pour savoir comment l’État d’Israël a été privé de ce bien qui a servi à organiser Exodus ».
Le groupe diffuse des liens vers des annonces immobilières (https://www.immovance.fr/bien/chateau-de-cambous-t3-81-m²-bientot-libre) et des fiches d’entreprise (https://www.pappers.fr/entreprise/chateau-de-cambous-830807236) pour souligner l’actualité de ce qu’il qualifie de « scandale d’État ».
L’histoire du domaine est en réalité complexe. Une étude de l’historien Christian Pioch, publiée dans la revue *Études Héraultaises* (https://www.etudesheraultaises.fr/publi/le-chateau-de-cambous-et-les-compagnons-de-france-1940-1942/), retrace ses multiples vies.
Après avoir appartenu à des familles aristocratiques, il est loué au mouvement de jeunesse du régime de Vichy, les Compagnons de France, entre 1940 et 1942. En 1945, il est cédé à l’armée avant d’être finalement vendu en 1950 à des « prête-noms de l’Agence juive ». Le château devient alors, jusqu’au début des années 1960, un centre de formation et de transit pour des milliers d’enfants et d’adolescents juifs, principalement venus d’Afrique du Nord, en partance pour Israël.
Le témoignage d’un ancien pensionnaire
Un témoignage poignant d’un de ces enfants, arrivé du Maroc, éclaire cette période et offre un contraste saisissant avec les revendications politiques actuelles.
« Après l’arrivée à Marseille, nous avons été emmenés dans un camp de transit, à Cambous, à Viols-en-Laval, près de Viols-le-Fort, au nord de Montpellier. Cambous était un ancien camp militaire utilisé par les Français et qui plus tard fut acheté par l’Agence juive. Le château était le centre du camp et était utilisé par la direction et les services centraux, avec cuisine, salle à manger, bibliothèque et synagogue. Des baraques étaient dispersées autour du château et abritaient les enfants », se souvient-il.
« Le peu de choses dont je me souviens au sujet de ce séjour à Cambous […] est principalement dû à la très courte période que j’ai passé à Cambous. Cela est dû aussi au fait que j’étais probablement choqué par le soudain passage à l’étranger et l’altération de la capacité d’enregistrement des mémoires, sauf les plus intenses et traumatisantes comme la Havdalah (différenciation). Cette cérémonie religieuse avec prière, a lieu chaque samedi soir pour marquer la fin du saint samedi […]. Il s’ensuivait des moments très sombres, des moments qui me rappelaient une image semblable à la maison de mes parents. Ces moments continuèrent jusqu’à l’allumage de la lumière après la prière d’Havdalah, des moments durant lesquels je sentais un grand chagrin, peut-être le plus intense de ma vie, jusqu’à ce jour, pour avoir quitté la maison de mes parents. Je me suis donc promis que, lorsque je rencontrerai mes parents à nouveau, je ne les quitterai plus jamais. Serment qui au cours des années et des événements se révéla cependant comme étant un faux serment ».
Il évoque aussi la rudesse des conditions : « Je me souviens aussi d’Évelyne, ma monitrice de l’époque. Je me souviens ainsi qu’elle versait de l’eau chaude sur nous pour que nous puissions nous laver car l’eau des robinets était gelée par le froid de l’hiver. Ensuite, nous avons pris le bateau nommé Arza […], de Marseille à destination d’Haïfa en Israël ».
Cet épisode historique, documenté et vécu, semble loin de la spoliation de « pieds-noirs marocains » dénoncée par le collectif, qui continue néanmoins son appel à la mobilisation pour récupérer ce qu’il estime être son dû.
via Presse Agence.


