Passer au contenu principal

MONTE CARLO : Bruno MANTOVANI : « L’instrument est le…

Partager :

MONTE CARLO : Bruno MANTOVANI : « L’instrument est le héros de cette édition »

À dix jours du lancement, le Printemps des Arts de Monte-Carlo dévoile une programmation 2026 placée sous le signe de l’utopie et de la virtuosité.

C’est un véritable changement de paradigme que propose la 42ème édition du Printemps des Arts de Monte-Carlo. Du 11 mars au 19 avril 2026, sous la présidence de S.A.R. la Princesse de Hanovre, le festival inaugure un nouveau cycle artistique baptisé « Utopies ». Bruno Mantovani, directeur artistique de l’événement, promet un festival « en mouvement, tourné vers l’avenir », dont le cœur battant sera, cette année, l’instrument de musique lui-même.

Une exploration organologique sans précédent

Pour ce premier opus du cycle, la programmation s’annonce pantagruélique : plus de 80 œuvres signées par 50 compositeurs seront interprétées par quelque 260 artistes. Le fil rouge de cette édition réside dans la matérialité du son. « L’instrument, héros de cette édition, brillera sous les doigts de solistes virtuoses », annonce l’organisation.

L’objectif est d’explorer la diversité sonore à travers les âges et les technologies. Le public pourra ainsi entendre des sonorités allant de la voix parlée et chantée — qualifiée d’instrument « premier et universel » — aux nouvelles lutheries technologiques. Du traditionnel duduk arménien aux ondes Martenot, en passant par la confrontation entre cordes en boyau et hautbois virtuel, le festival questionne l’outil du musicien. Bruno Mantovani résume cette approche dans son éditorial : « Les instruments sont les vecteurs du langage musical, ils sont nécessaires pour matérialiser la pensée du compositeur et donc transmettre l’œuvre et l’émotion ».

Le retour de Marc Monnet et créations mondiales

La première semaine du festival, du 11 au 15 mars, donnera le ton avec une densité artistique remarquable. Pas moins de 12 créations mondiales sont attendues durant le festival. L’un des temps forts sera, dès le 12 mars à l’Auditorium Rainier III, le grand retour de Marc Monnet. Celui qui fut directeur du festival pendant près de vingt ans revient en tant que compositeur avec une création mondiale très attendue : un Concerto pour piano et orchestre.

Cette œuvre, commandée par le Printemps des Arts avec le soutien de la SOGEDA, sera interprétée par le pianiste Jean-Frédéric Neuburger et l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, sous la direction de Pascal Rophé. Marc Monnet décrit cette pièce comme son premier concerto « classique » où le piano est l’instrument vedette, tout en promettant un « pied de nez » à ceux qui l’attendraient uniquement dans le registre de la perturbation sonore. Ce concert proposera également une mise en perspective avec des œuvres de Stravinsky et Debussy, orchestrant un voyage du « noir et blanc à la couleur ».

Des duels musicaux et des solistes d’exception

L’originalité du format festivalier se confirme avec le rendez-vous du 13 mars au Musée océanographique : « La Grande Battle ». Loin du concert traditionnel, cette soirée mettra en scène une double confrontation. D’un côté, un duel vocal sur des airs de Vivaldi opposant le ténor Emiliano Gonzalez Toro au contre-ténor Jake Arditti, accompagnés par l’ensemble I Gemelli. De l’autre, une joute instrumentale traversant les époques avec trois types de hautbois : baroque, moderne et virtuel.

La virtuosité sera incarnée par des solistes de renom. Outre Jean-Frédéric Neuburger, véritable « comète » du clavier qui donnera également une masterclasse, le public retrouvera le saxophoniste Vincent DAVID, musicien inclassable à l’aise tant dans le répertoire romantique que la création contemporaine, ainsi que le violoniste Tedi Papavrami, salué pour son jeu inspiré.

Une identité visuelle signée Yves Millecamps

Pour illustrer cette thématique de l’utopie, le festival a fait appel au plasticien Yves Millecamps, membre de l’Académie des Beaux-Arts. Qualifié de « peintre de l’utopie », son langage visuel géométrique et cinétique fait écho à l’énergie de la programmation musicale. Ses œuvres illustrent l’idée de mouvement et de trajectoire chère à Bruno Mantovani.

Accessibilité tarifaire et médiation

Le Printemps des Arts poursuit sa politique d’ouverture aux nouveaux publics. Une refonte tarifaire majeure est mise en place avec un prix unique de 20 euros pour les concerts, et la gratuité maintenue pour certains événements clés (les 11, 19, 25 mars ainsi que les 1er et 5 avril). L’accès reste gratuit pour les moins de 25 ans sur réservation. La billetterie est accessible en ligne sur www.montecarloticket.com ou à l’Atrium du Casino.

L’interactivité est aussi de mise grâce au partenariat avec France Musique. L’émission « France Musique est à vous », présentée par Gabrielle Oliveira Guyon, sera diffusée en direct le samedi 14 mars. Les auditeurs monégasques et azuréens sont invités à participer à la programmation en partageant leurs souvenirs musicaux du festival.

Pour ne rien manquer de cette édition foisonnante qui s’achèvera par un « Postlude Ballets » du 16 au 19 avril, les mélomanes peuvent s’abonner à la newsletter via le site officiel : https://www.printempsdesarts.mc/inscription-newsletter. Le site du festival (www.printempsdesarts.mc) détaille l’ensemble des « Before » (conférences) et « After » (rencontres artistes) qui rythmeront ces cinq semaines de musique.