MONTE CARLO : Art – « Archimède », un tableau inédit…
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MONTE CARLO : Art – « Archimède », un tableau inédit attribué à Caravage et finalisé par son élève
Des historiens de l’art italiens ont révélé à Monaco qu’un tableau inconnu, « Archimède », serait une œuvre de Caravage achevée par son élève Mario Minniti.
Le monde de l’art est en ébullition suite aux révélations d’une équipe d’experts italiens. Lors d’un symposium scientifique qui s’est tenu à Monte-Carlo le 16 mai dernier, des chercheurs menés par le Dr. Roberta Lapucci, professeure et directrice de département à l’Institut Lorenzo de’ Medici de Florence, ont présenté les résultats de leurs analyses sur une œuvre jusqu’alors inconnue du grand public : « Archimède » (1608-1610). Selon leurs conclusions, ce portrait aurait été largement peint par le maître du clair-obscur, Michelangelo Merisi da Caravaggio, dit Caravage, puis complété par son ami et élève, Mario Minniti.
Cette toile, une huile sur toile de 75 par 61 centimètres issue d’une collection privée, a été exposée pour la première fois à une audience restreinte lors de cet événement. Katharina Rubin, co-organisatrice du symposium, a souligné sa valeur comme « l’une des peintures les plus fascinantes redécouvertes récemment et liées à cette période historique ».
Une collaboration artistique en exil sicilien
L’hypothèse d’une œuvre à quatre mains s’inscrit dans un contexte historique précis. En 1608, Caravage, fuyant une condamnation à mort pour meurtre, trouve refuge à Syracuse, en Sicile, auprès de son ami Mario Minniti. D’après les chercheurs, la pratique consistant à faire achever des tableaux par des collaborateurs était fréquente dans l’entourage de l’artiste entre 1605 et 1610.
Le choix du sujet, Archimède, est intimement lié à la ville de Syracuse. Durant son séjour, Caravage y rencontra l’érudit Vincenzo Mirabella, qui lui montra des vestiges archéologiques près du tombeau du célèbre mathématicien grec. Le Dr. Lapucci estime que cette rencontre a sans doute inspiré la création d’un portrait d’Archimède, une figure emblématique de Syracuse et passionnée d’optique.
L’apport des technologies de pointe
Pour étayer leur thèse, les experts ont soumis le tableau à une batterie complète de tests scientifiques : imagerie hyperspectrale, rayons X, analyse de la peinture par EDS et XRF, infrarouge, ultraviolet et microscopie numérique. Ces examens ont révélé des éléments déterminants.
Les analyses radiographiques ont mis en évidence une image sous-jacente représentant le visage de Méduse dissimulé dans un objet sphérique. De plus, des particules de quartz, caractéristiques de la technique de Caravage, ont été identifiées dans la couche de peinture, ainsi que des marquages numériques cachés sous la surface. Ces découvertes constituent des points de référence majeurs pour la recherche comparative et technique. L’authentification a également été renforcée par une analyse via un algorithme d’apprentissage profond (IA) menée par le professeur Hassan Ugail de l’Université de Bradford.
Caravage, précurseur de la photographie ?
Le Dr. Roberta Lapucci, auteure de l’ouvrage « Caravage et l’Optique », a également développé l’hypothèse selon laquelle l’artiste utilisait des techniques quasi photographiques bien avant l’invention de ce procédé. Le tableau « Archimède » représente le savant avec un compas et un miroir convexe, des attributs liés à ses travaux. Ces miroirs, concaves et convexes, auraient non seulement servi à Archimède pour défendre Syracuse contre les attaques romaines, mais seraient aussi directement liés aux méthodes optiques naturalistes de Caravage. L’experte avance que le peintre aurait employé une forme primitive de la chambre noire (camera obscura) pour atteindre ce réalisme saisissant, expliquant l’absence de croquis préparatoires dans ses œuvres.
L’évaluation finale de l’équipe, présentée au symposium par les docteurs Fabio Scaletti, Barbara Savina et modérée par le Dr. Alessandra Gregori, est que Caravage a esquissé la composition et appliqué les premières couches, avant que Minniti n’achève le travail. Cette conclusion est confortée par la qualité de la couche finale : d’un très haut niveau, elle reste néanmoins inférieure à celle du maître, mais surpasse de loin celle des autres artistes siciliens de l’époque.
Les supports vidéo et iconographiques de la présentation sont disponibles sur le portail Presse Portal (http://www.presseportal.de/pm/182655/6285820) et une vidéo de synthèse peut être consultée sur YouTube (https://youtu.be/1DzUfnZCoIc).
via Presse Agence.

