MONT-DE-MARSAN : Économie circulaire – Les entreprise…
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MONT-DE-MARSAN : Économie circulaire – Les entreprises landaises transforment les déchets en ressources
À l’occasion de la Journée mondiale du recyclage, plusieurs entreprises des Landes démontrent comment transformer les déchets en innovations.
Ce mercredi 18 mars, Journée mondiale du recyclage, est l’occasion de mettre en lumière des initiatives concrètes qui font de l’économie circulaire une réalité quotidienne. Dans le département des Landes, loin des discours théoriques, plusieurs entreprises pionnières prouvent qu’il est possible de concilier performance économique et transition écologique. En transformant journaux obsolètes, textiles usagés, sédiments de dragage, bouchons de liège ou chutes de cuir en produits à forte valeur ajoutée, ces sociétés ancrent l’innovation au cœur de leur territoire. Des acteurs comme Ouatéco, Unélo, Agglolux-CBL, Gorille Cycles et La Fabrique Matéria incarnent cette nouvelle dynamique industrielle, locale et durable.
Des déchets du quotidien aux matériaux de construction
À Saint-Geours-de-Maremne, l’entreprise Ouatéco réinvente l’isolation des bâtiments depuis 2013. Sa matière première provient de deux flux de déchets majeurs : les journaux invendus et les vêtements trop abîmés pour être réutilisés. Chaque année, son usine donne une seconde vie à 700 tonnes de papier et plus de 1 000 tonnes de textile, transformés en solutions d’isolation écoresponsables. Cette démarche permet de construire l’habitat de demain tout en valorisant des matériaux destinés à l’enfouissement.
Dans la même zone d’activité, Unelo s’attaque à un autre déchet massif et jusqu’alors peu exploité : les sédiments issus du dragage des cours d’eau et des littoraux. Fondée en 2013 à Seignosse par Thomas Chardin et Fanny Barbe, l’entreprise a mis au point un procédé pour transformer ces boues en matériaux pour des éco-voiries. Routes, parkings et pistes cyclables sont ainsi construits en circuit court, avec une ressource disponible localement. Face au succès de sa solution, Unelo est en pleine expansion, ayant récemment réalisé une levée de fonds et doublé ses effectifs pour passer de 15 à 30 salariés.
Tradition et innovation au service de la revalorisation
Le savoir-faire ancestral peut aussi être un puissant moteur d’économie circulaire. À Soustons, l’entreprise familiale AGGLOLUX-CBL, fondée en 1929, perpétue la tradition du chêne-liège, qui a longtemps façonné l’économie des Landes de Gascogne. Reconnue par le prestigieux label Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV), elle allie héritage et modernité en s’appuyant sur un réseau de collecte pour recycler les trois milliards de bouchons en liège jetés annuellement. Ces derniers sont transformés en une multitude de produits, allant d’objets pour une marque de luxe à des balles de baby-foot ou des revêtements de ponts de bateaux.
Plus récemment, en 2025, La Fabrique Materia a vu le jour au sein du technopôle Domolandes, à Saint-Geours-de-Maremne. Portée par sa fondatrice Paola Lozano, cette jeune pousse s’est spécialisée dans le recyclage des rebuts industriels de cuir. Grâce à des partenariats, notamment avec le fabricant de selles de cheval Voltaire, elle récupère les chutes pour créer un nouveau matériau composite aux applications variées dans le design, la décoration ou le bâtiment. En seulement dix mois d’activité, l’atelier a déjà traité plus de 1,5 tonne de déchets de cuir.
La mobilité durable, un cycle vertueux
L’économie circulaire s’invite également dans le secteur de la mobilité. À Soorts-Hossegor, Gorille Cycles conçoit et assemble depuis 2015 des vélos électriques de type « fat bike », réputés pour leur robustesse. Fondée par un ancien ingénieur automobile, Christophe Yvars, l’entreprise de dix salariés produit 1 500 vélos par an. La durabilité est au cœur de son modèle : les cadres sont en aluminium recyclé et en bois issu de forêts gérées durablement, les batteries sont françaises et les selles fabriquées par des artisans locaux. L’entreprise met un point d’honneur à la réparabilité à vie de ses produits, grâce à un assemblage modulaire et une disponibilité constante des pièces détachées. Engagée, elle reverse également 20 euros par vélo vendu pour la protection des gorilles, son animal emblème.

