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MARSEILLE : Visite de la ministre de l’Agriculture, les élus agricoles de PACA précisent leurs urgences
La visite de la ministre de l’Agriculture en Provence-Alpes-Côte d’Azur met en lumière les urgences des professionnels agricoles.
À l’occasion de la visite de la ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire Annie Genevard en Provence-Alpes-Côte d’Azur les 17 et 18 juillet, la présidente Georgia Lambertin et les élus de la Chambre régionale d’Agriculture Provence-Alpes-Côte d’Azur ont précisé les urgences et les attentes des professionnels des filières agricoles.
Les filières emblématiques de la région
Georgia Lambertin, présidente de la Chambre régionale d’Agriculture Provence-Alpes-Côte d’Azur, a souligné l’importance des filières emblématiques telles que la lavande et les plantes à parfum, la viticulture, l’oléiculture, la riziculture, l’élevage ovin avec le pastoralisme, les fruits à noyaux, etc. Ces filières façonnent les paysages et constituent un facteur d’attractivité majeur. Cependant, pour qu’elles prospèrent, elles doivent générer de la valeur économique.
Les urgences des professionnels agricoles
Les élus de la Chambre régionale d’Agriculture ont identifié plusieurs sujets cruciaux pour lesquels l’engagement de l’État est déterminant :
• Les aménagements réglementaires face aux impasses techniques
• La prise en compte des réalités du terrain, par exemple l’impact réel de la prédation sur l’élevage
• La foi en notre expertise sur la gestion de la ressource en eau
• Le financement de projets structurants pour nos filières
• L’accompagnement à l’adaptation de nos cultures au changement climatique
• Des compensations PAC justes, compréhensibles et versées en temps et en heure
La visite de la ministre
La présidente Georgia Lambertin et les élus de la Chambre régionale d’Agriculture accompagneront la visite de la ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire Annie Genevard. Voici le programme des visites :
Jeudi 17 juillet
• À 11h50 au GAEC Saint-Domnin, 85 Chemin de l’Adrech à Sisteron (Hautes-Alpes) : Rencontre sur la thématique Élevage
• À 14h45 au Domaine de Mériton, chemin rural de la Grassane à Montfuron (Alpes de Haute Provence) : Rencontre sur les thématiques filière Pistache – Plan Agriculture Climat méditerranée et Filières en difficulté
Vendredi 18 juillet
• À 8h30 : Semoulerie de Bellevue (Panzani) à Marseille
• À 10h45 : Visite d’une exploitation blé dur à Fuveau : Rencontres sur les thématiques Grandes Cultures, blé dur et diversification
• À 12h15 : Société du Canal de Provence au Tholonet, visite du centre de télégestion
• À 15h15 : ASA Vallée des Baux, ouvrage hydraulique : Rencontres sur la thématique du plan de relance hydraulique et des ouvrages hydrauliques.
La filière élevage en Provence-Alpes-Côte d’Azur
Avec 3 500 éleveurs professionnels, les filières d’élevage de Provence-Alpes-Côte d’Azur occupent plus de 600 000 hectares de surfaces en herbe. Le cheptel régional est composé de 750 000 ovins, 68 000 bovins, 37 000 caprins, 160 000 ruches, près d’un million de volailles, 18 000 porcins. Les activités de pastoralisme, tradition régionale vivante, couvrent près d’un quart du territoire régional, du littoral méditerranéen à la haute montagne des Alpes du Sud. Certaines surfaces en région PACA ne sont valorisables que par la présence d’animaux qui les entretiennent et les pâturent.
La pression du loup
La pression du loup, aujourd’hui installé durablement dans notre région et notamment dans les départements alpins, pénalise durement les éleveurs et l’économie rurale des territoires. Les effectifs de loups en France sont estimés à 1013 bêtes, un chiffre largement sous-estimé de notre point de vue, en raison d’une méthode d’évaluation inadaptée. Face à l’échec des Plans loups successifs et à la décision récente de la préfète coordonnatrice du Plan national ‘Loup et activités d’élevage’ de restreindre l’envoi de la louveterie aux seules exploitations ayant subi au moins deux prédations dans les quatre derniers mois, Laurent Depieds, vice-président de la Chambre régionale d’Agriculture, président de la Chambre d’agriculture des Alpes de Haute-Provence et président FRSEA PACA, se fait le porte-parole des professionnels :
« Nous demandons des mesures immédiates de régulation effective du loup et d’activation d’un quota annuel supplémentaire de prélèvement de 2%. Mais aussi la simplification des tirs de défense, des avances de trésorerie aux éleveurs obligés d’investir dans des moyens de protection coûteux, le solde des retards de paiements des dossiers prédation et la simplification des procédures d’indemnisation ».
Le plan Agriculture Climat Méditerranée
Le plan « Agriculture Climat Méditerranée » (PAM) initié par le ministère de l’Agriculture en 2024 et porté par le Secrétariat général à la planification écologique vise à accompagner les agriculteurs dans les territoires concernés par les impacts du dérèglement du climat méditerranéen. Sur 16 départements concernés, 5 sont situés en région Provence Alpes Côte d’Azur. À Avignon en octobre 2024, lors du salon professionnel de l’agriculture méditerranéenne MED’Agri, la ministre Annie Genevard avait présenté le financement des projets d’aires agricoles de résilience climatique (AARC) dans le cadre du PAM. Aujourd’hui, 4 démarches territoriales ont été qualifiées dans le cadre du PAM :
• Dans le Vaucluse autour du Mont-Ventoux, le programme RES-MAB cherche à modéliser la résilience des Réserves de Biosphère méditerranéennes
• Dans le Var, le projet Climadiv vise à adapter et à diversifier les cultures dans les exploitations viticoles et agricoles. Le projet Serr’adapt identifie des sites de serres en friches pour de nouvelles affectations.
• Un programme collectif entend structurer la filière Pistache sur l’arc méditerranéen
• Dans les Bouches-du-Rhône, un projet AARC implique les producteurs de la filière du Riz de Camargue.
Sauver des filières agricoles en grande difficulté
Pour Georgia Lambertin, présidente de la Chambre régionale d’Agriculture Provence-Alpes-Côte d’Azur, « L’accompagnement et la restructuration des filières en difficulté est une priorité forte et une question de survie pour nombre d’agriculteurs. L’émergence de nouvelles productions ou de productions traditionnelles remises au goût du jour (amande, grenade, pistache, agrumes, houblon) ne doit pas masquer la situation extrêmement préoccupante d’une majorité d’arboriculteurs ».
Plusieurs filières traditionnelles et productions emblématiques de Provence subissent la pression de nouveaux ravageurs, et de fait la concurrence de pays européens moins réglementés. Citons par exemple :
• La filière Cerise est impactée depuis plusieurs années par la mouche Drosophilaa suzukii. Si la protection sous filets est relativement efficace, elle est coûteuse et pas toujours possible sur un plan technique
• La filière Pomme subit cette année des attaques sanitaires multiples, générant des pertes de production supérieures à 50%.
• Première source de chiffre d’affaires agricole régional, la viticulture représente 33 % des exploitations de Provence-Alpes-Côte d’Azur, soit plus de 5 300 entreprises sur les grands bassins que sont la Vallée du Rhône et la Provence, et cultive 94 000 hectares. Confronté à une crise multifactorielle sans précédent et aux menaces qui pèsent sur les activités à l’export, les prévisions du secteur sont particulièrement sombres.
Les élus de la Chambre régionale d’Agriculture Provence-Alpes-Côte d’Azur s’associent aux acteurs nationaux de la filière vitivinicole pour demander au ministère de l’Agriculture des aides structurelles et conjoncturelles d’urgence.
Relancer des aides à la modernisation des cultures sous abris
Les serres et cultures sous abris sont essentielles pour assurer une production régulière, sécurisée et de qualité, limiter l’impact des aléas climatiques de plus en plus fréquents, et contribuer à la souveraineté alimentaire. Les dispositifs actuels, après l’arrêt de la subvention nationale dédiée à la modernisation des serres en 2017, sont insuffisants au regard des besoins recensés. La filière Maraîchage, dont le parc de serres est vieillissant (70% des serres verre construites avant 2000) et énergivore, doit renouveler son outil de production. Les représentants agricoles demandent le rehaussement des enveloppes nationales et européennes (FEADER) dédiées au renouvellement et à la modernisation du parc sous abris.
L’agriculture biologique en région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Provence-Alpes-Côte d’Azur est historiquement l’une des régions françaises les plus engagées dans l’agriculture biologique, avec plus de 30 % des surfaces agricoles utiles en Bio et une dynamique de conversion marquée. Après deux années de recul de la consommation de produits bio, le recentrage de la PAC et les baisses des crédits de soutien à la structuration économique ou à la relance de la demande pourraient rendre la situation plus tendue. Pourtant, puissant levier pour répondre aux enjeux environnementaux, l’agriculture biologique a toute sa place au cœur des politiques publiques de transition.
Les élus du monde agricole (Chambre régionale d’Agriculture, FRSEA, JA) demandent à la ministre :
• De garantir par des aides structurées un soutien fort et durable à la production Bio
• De soutenir la relance de la consommation par une communication forte
• De veiller à une application plus suivie de la loi Egalim.
Hydraulique et ressource en eau
Au centre des enjeux dans notre territoire méditerranéen, l’eau est un facteur majeur de résilience des productions agricoles. Le sujet transversal de l’accès à l’eau nécessite une stratégie concertée de stockage, seule solution qui permettra de concilier les usages et de préserver la ressource.
• 70% du chiffre d’affaires agricole de notre région provient des cultures irriguées
• 20% des superficies agricoles de la région sont irriguées
• 35 % sont équipées d’un accès à l’eau pour l’irrigation provenant en majorité de réseaux collectifs gérés par 600 Associations Syndicales de Propriétaires (ASA) pour les 2/3 et la Société du Canal de Provence pour 1/3.

