MARSEILLE : Visite du Pape en Algérie – Le mouvement…
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MARSEILLE : Visite du Pape en Algérie – Le mouvement Peuple Pied-Noir dénonce un « oubli caractérisé »
À l’approche du voyage du Pape Léon XIV en Algérie, le mouvement Peuple Pied-Noir déplore l’occultation des drames vécus par sa communauté.
Dans un communiqué publié ce jeudi 9 avril 2026, le mouvement Peuple Pied-Noir a exprimé sa vive préoccupation concernant la visite du Pape Léon XIV en Algérie, prévue du 13 au 15 avril prochains. L’organisation, qui milite pour la reconnaissance des droits et la réparation des préjudices subis par les pieds-noirs, prend acte de ce déplacement pontifical tout en dénonçant ce qu’elle qualifie d’« oubli caractérisé » de pans entiers de l’histoire et de la mémoire chrétienne sur le sol algérien.
Un voyage mémoriel jugé incomplet
Le programme du Saint-Père, tel que présenté, prévoit plusieurs gestes symboliques forts. Le Pape Léon XIV se rendra notamment sur les traces des religieuses espagnoles de Bab-El-Oued, se recueillera au Mémorial des Martyrs, haut lieu de la mémoire nationale algérienne, et consacrera un hommage aux victimes de la guerre civile des années 1990, la « décennie noire ». Si la portée de ces hommages n’est pas remise en cause, le mouvement Peuple Pied-Noir estime que l’itinéraire mémoriel du souverain pontife est partial et omet des souffrances cruciales liées à sa propre communauté et à la présence chrétienne historique dans le pays.
Une longue liste de griefs mémoriels
Au nom du Peuple Pied-Noir, le Comité exécutif de l’organisation dresse une liste précise des sujets qui, selon lui, sont passés sous silence. Il met en avant le sort des 600 cimetières chrétiens « abandonnés et saccagés », le délaissement et le dépouillement des églises, ainsi que le drame des milliers de disparus de la communauté pied-noire « jamais retrouvés ». Le communiqué rappelle également des événements tragiques spécifiques, comme l’assassinat à Oran en 1996 de Monseigneur Pierre Claverie, lui-même pied-noir, ou encore le massacre des moines de Tibhirine. Enfin, le mouvement alerte sur la situation des « chrétiens actuellement pourchassés », soulignant une continuité dans les persécutions.
L’appel à une « reconnaissance réciproque »
Pour l’organisation, ce voyage papal, en l’état, ne peut conduire à une véritable réconciliation. Elle conclut son message par un appel solennel, posant les conditions d’un apaisement durable entre les mémoires. « Aucune réconciliation ne peut intervenir sans une reconnaissance réciproque des drames et des victimes ainsi que de toutes les composantes, d’hier et d’aujourd’hui, d’une même nation », affirme le Comité exécutif, composé d’Eric Wagner, Jean-Paul Gavino, Christian Schembré et Pierre Courbis. Une déclaration qui souligne la complexité des enjeux mémoriels qui continuent de marquer les relations entre les deux rives de la Méditerranée.


