MARSEILLE : Santé publique – Les pollens, une « pollu…
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MARSEILLE : Santé publique – Les pollens, une « pollution biologique » au cœur d’un forum régional
AtmoSud organise un forum le 18 juin sur les pollens, nouvel enjeu de surveillance face à une problématique de santé publique aggravée par le climat.
Devenus un véritable enjeu de santé publique, les pollens, souvent qualifiés de « pollution biologique », affectent un quart de la population française. Face à l’augmentation des allergies, AtmoSud, l’association agréée pour la surveillance de la qualité de l’air en région Sud, organise un forum régional dédié à cette thématique. L’événement se tiendra le 18 juin 2026 au World Trade Center de Marseille et en visioconférence, afin de faire le point sur les impacts sanitaires, les nouvelles méthodes de surveillance et les stratégies de communication.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une nouvelle mission confiée au réseau Atmo par la Direction générale de la santé et le ministère de l’Environnement, suite à la disparition du Réseau National de Surveillance Aérobiologique (RNSA) au printemps 2025.
Une prévalence allergique en forte hausse
Si les éternuements, les yeux qui piquent et les difficultés respiratoires sont familiers pour beaucoup au printemps, l’ampleur du phénomène est souvent sous-estimée. Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), 30 % des adultes et 20 % des enfants de plus de neuf ans souffrent aujourd’hui de pollinose (allergie aux pollens). Une proportion qui a presque doublé en vingt ans et qui, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), pourrait concerner une personne sur deux d’ici 2050.
En France, environ 25 types de pollens sont répertoriés comme allergisants. Les manifestations vont de la rhinite et conjonctivite saisonnières, qui touchent un Français sur trois, à des crises d’asthme, voire plus rarement des réactions cutanées comme l’urticaire.
Le changement climatique, un accélérateur
La hausse des températures et l’augmentation de la concentration de dioxyde de carbone (CO₂) dans l’atmosphère sont directement mises en cause dans l’aggravation de ce phénomène. « Les hivers plus doux entraînent une floraison et une pollinisation plus précoces et plus abondantes. Les saisons polliniques deviennent plus longues », explique le Professeur Denis Charpin, ancien chef du service de pneumologie-allergologie de l’Hôpital Nord à Marseille.
C’est particulièrement visible en région Sud avec le cyprès, principal allergène local, dont la période de pollinisation s’étend désormais de janvier à avril. Cette exposition prolongée augmente la sensibilisation de la population. Par ailleurs, des études scientifiques, comme celle publiée sur ResearchGate, démontrent que les concentrations actuelles de CO₂ ont déjà fait grimper la production de pollen de 131 % par rapport à l’ère préindustrielle.
Quand la pollution de l’air crée des « pollu-ens »
La pollution atmosphérique classique agit comme un puissant catalyseur des allergies. Isabella Annesi-Maesano, directrice de recherche à l’Inserm, décrit un double impact. D’une part, les polluants comme les particules fines (PM10, PM2.5) ou le dioxyde d’azote (NO₂) fragilisent les voies respiratoires et oculaires, rendant les individus plus sensibles.
D’autre part, ces mêmes polluants s’attaquent à la paroi des grains de pollens. Altérés, ces derniers libèrent plus facilement leurs protéines allergisantes et pénètrent plus profondément dans l’appareil respiratoire. Ce cocktail explosif a conduit les spécialistes à créer le néologisme de « pollu-ens », contraction de « pollens » et « pollution », pour désigner ce phénomène aggravant. Les conditions météorologiques, notamment un temps sec, ensoleillé et un vent modéré, favorisent également la dispersion et la concentration des pollens.
Un nouveau dispositif de surveillance et d’information
Pour répondre à cette urgence sanitaire, AtmoSud a développé un indice pollen fiable et précis. Basé sur des modèles statistiques, des données historiques, des prévisions météo et les observations du programme européen Copernicus, cet « indice pollen Atmo » fournit des prévisions à l’échelle de chaque commune.
Initialement centré sur six pollens majeurs (ambroisie, bouleau, graminées, olivier, aulne, armoise), le dispositif intègre progressivement de nouvelles espèces. En région Sud, le pollen de cyprès, responsable de trois quarts des allergies polliniques locales, a ainsi été ajouté. Les citoyens peuvent consulter quotidiennement le risque pollinique dans leur ville via la rubrique « L’air de ma commune » sur le site d’AtmoSud.
Le forum du 18 juin, de 9h30 à 12h00, sera l’occasion pour le public et les professionnels de santé d’échanger avec les experts, de découvrir en détail les outils de surveillance et de mieux comprendre les actions menées pour se protéger. L’inscription est ouverte pour participer sur place ou à distance.

