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MARSEILLE : Santé – L’innovation robotique restaure la dignité des femmes après un cancer du sein
L’Institut Paoli-Calmettes acquiert le robot Da Vinci Single Port pour des mastectomies sans cicatrice visible, améliorant la vie des patientes.
L’innovation médicale ne se mesure plus uniquement en taux de survie, mais désormais à l’aune de la qualité de vie et de la préservation de l’intégrité physique. Ce lundi 9 février 2026, l’Institut Paoli-Calmettes (IPC) de Marseille confirme ce changement de paradigme en annonçant l’acquisition du robot chirurgical Da Vinci Single Port. Premier établissement de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et quatrième en France à se doter de cette technologie, l’IPC marque un tournant décisif dans la prise en charge du cancer du sein, transformant une épreuve souvent mutilante en un parcours de soins soucieux de l’image corporelle.
Une rupture technologique au service de l’humain.
L’enjeu est de taille pour les milliers de femmes touchées chaque année : comment traiter le cancer sans détruire l’identité physique ? La réponse réside dans la précision extrême de la robotique. Le nouveau dispositif permet de réaliser des mastectomies avec conservation de l’aréole et du mamelon via une incision unique et déportée.
« Grâce au robot Da Vinci single port, nous pouvons éviter d’avoir une cicatrice sur le sein, puisque la cicatrice est réduite à 3 à 4 cm, elle est située sous le bras, donc invisible quand on regarde le sein reconstruit », explique le Dr Marie Bannier, chirurgienne en sénologie à l’IPC.
Cette avancée technique dépasse le simple cadre médical pour toucher à la sphère intime et sociale. Traditionnellement, la mastectomie laissait le buste plat, marqué par une longue cicatrice oblique, symbole visible de la maladie. Aujourd’hui, la chirurgie permet de retirer la glande mammaire tout en conservant l’enveloppe cutanée et en posant une prothèse dans le même temps opératoire. Le Dr Bannier résume parfaitement cet impact sociétal : « On passe d’une chirurgie considérée comme mutilante à une chirurgie mieux acceptée ».
La reconstruction immédiate : un impératif de santé publique.
Au-delà de la prouesse technique, c’est l’organisation même du parcours de soins qui est repensée pour réduire les séquelles psychologiques et sociales. La reconstruction mammaire immédiate, qui permet à la patiente de se réveiller avec un volume mammaire restauré, devient un standard d’excellence que l’IPC souhaite démocratiser.
Les chiffres illustrent une fracture territoriale et structurelle dans l’offre de soins nationale : alors que le taux de reconstruction immédiate n’est estimé qu’à 17 % à l’échelle de la France (selon l’étude Nègre G, et al), il atteint 40 % au sein de l’institut marseillais.
Pour le Dr Arthur Bertrand, chirurgien en gynécologie et sénologie oncologique, cette technologie « constitue un enrichissement notable de l’offre de soins chirurgicale ». Elle permet de limiter les ruptures dans la vie professionnelle et personnelle des patientes en réduisant le nombre d’interventions nécessaires et en accélérant la réappropriation de leur image corporelle.
Vers une décision médicale partagée et éclairée.
L’intégration de cette haute technologie s’accompagne d’une évolution de la relation soignant-soigné. La complexité des options thérapeutiques impose une transparence accrue. « Le principe de décision partagée est de rendre l’information plus accessible, de la façon la plus transparente et honnête possible […] La patiente doit pouvoir explorer ses préférences », précise le Dr Marie Bannier.
Cette approche place la patiente en actrice de sa propre reconstruction, un facteur clé pour l’acceptation du traitement et le retour à une vie normale. La reconstruction n’étant pas une chirurgie vitale mais fonctionnelle et esthétique, son seul but est « la satisfaction et la qualité de vie de la patiente ».
L’excellence territoriale en chiffres.
L’Institut Paoli-Calmettes (www.institutpaolicalmettes.fr), classé 3ème meilleur hôpital de France pour la chirurgie du sein par le magazine Le Point en décembre 2025, renforce ainsi son attractivité et son rôle moteur dans la région Sud. Avec plus de 2 000 patientes traitées pour un cancer du sein en 2024 et 505 mastectomies réalisées, l’établissement démontre que l’innovation de pointe peut être déployée à grande échelle, sans dépassement d’honoraires.
En adoptant cette chirurgie mini-invasive, qui concerne déjà près de 80 % des interventions à l’IPC, le centre de lutte contre le cancer prouve que l’investissement technologique est un levier indispensable pour concilier performance médicale et respect de la dignité humaine.