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MARSEILLE : Robert JIMENEZ : « L’épargne retraite ne peut plus rester un sujet technique »
Une étude d’Harmonie Mutuelle révèle que 89% des habitants de la Région Sud s’inquiètent pour leurs revenus à la retraite.
Harmonie Mutuelle, en partenariat avec l’institut Lead Opinion, a dévoilé ce mercredi 29 avril les résultats de son premier observatoire régional de l’épargne retraite. L’enquête, menée auprès de 920 actifs et retraités de la Région Sud, dresse un constat sans appel : l’inquiétude face à l’avenir financier post-carrière est quasi unanime, touchant 89 % des personnes interrogées. Cette anxiété généralisée cache de profondes disparités sociales et un criant besoin d’accompagnement.
« L’épargne retraite ne peut plus rester un sujet technique. C’est un enjeu social, de pouvoir d’achat et de confiance », analyse Robert Jimenez, Directeur Régional Provence-Alpes-Côte d’Azur chez Harmonie Mutuelle. Il souligne la mission de pédagogie qui incombe désormais aux acteurs du secteur pour rendre le sujet « plus accessible, plus lisible et plus utile dans la durée ».
Une inquiétude massive sur fond de fractures sociales
Si plus de la moitié des habitants de la région (57 %) disposent d’au moins un produit d’épargne retraite — l’assurance-vie (41 %) en tête —, l’étude met en lumière une véritable fracture sociale. Seuls 2 % des cadres n’ont aucun dispositif, contre 17 % des employés et jusqu’à 35 % des personnes en recherche d’emploi.
Le principal obstacle à la constitution d’une épargne est sans surprise le manque de moyens financiers, cité par 54 % des sondés. Ce chiffre explose chez les plus modestes, atteignant 80 % pour les demandeurs d’emploi et 63 % pour les ouvriers. À l’inverse, les cadres et professions intellectuelles supérieures ne l’invoquent qu’à 26 %, priorisant plutôt d’autres projets (36 %) ou évoquant un manque de temps (35 %). Cette inégalité face à la capacité d’épargne alimente directement l’anxiété : seuls 15 % des employés se disent sereins quant à leurs futurs revenus, contre 35 % des cadres.
Un déficit d’information qui nourrit l’anxiété
L’étude révèle qu’à peine un répondant sur deux se sent bien informé sur les solutions d’épargne retraite, un taux qui chute à 42 % dans les entreprises de moins de 50 salariés. Si les produits de base comme l’assurance-vie sont globalement connus, des sujets cruciaux comme la fiscalité (opaque pour 47 %) ou le Plan d’Épargne Retraite collectif (PERCOL, mal compris par 42 %) restent des zones d’ombre pour une majorité.
« Quand on creuse vraiment, on se rend compte qu’il y a un vrai travail de pédagogie à entreprendre », confirme Robert Jimenez. Les attentes sont donc fortes : les habitants de la région réclament avant tout de la clarté dans les explications (60 %), de la transparence sur les frais (50 %) et de la sécurité (50 %).
Le plébiscite pour un accompagnement humain et continu
Face à la complexité du sujet, le numérique ne convainc pas. Une très large majorité des sondés (71 %) privilégient un rendez-vous physique, en face-à-face, pour obtenir des conseils. Le site internet (11 %) et les entretiens à distance (8 %) sont loin derrière. Plus encore, 47 % des personnes interrogées souhaitent un accompagnement qui s’inscrit dans la durée, tout au long de leur vie professionnelle, et non un simple contact à l’approche de la retraite (14 %). Ce besoin d’un suivi personnalisé et humain replace la relation de proximité au cœur des préoccupations.
L’épargne collective, un levier d’attractivité pour les PME
L’observatoire met également en exergue le potentiel de l’épargne retraite collective. Bien que seuls 34 % des sondés y aient eu accès, 78 % de ceux qui en ont bénéficié la jugent attractive. La CPME Sud, partenaire de l’étude, voit dans ces dispositifs un outil majeur pour les petites et moyennes entreprises.
« Dans un contexte de tension sur le recrutement et de fidélisation des talents, les dispositifs d’épargne salariale et d’épargne retraite collective représentent un levier à fort potentiel pour les dirigeants de TPE-PME », souligne Alain Gargani, Président de la CPME Sud. Il rappelle que ces solutions, fiscalement avantageuses, permettent aux petites structures de proposer un avantage social concret, de renforcer leur attractivité et de construire une forme de rémunération différée bénéfique tant pour les salariés que pour le dirigeant lui-même.


