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MARSEILLE : Répar’acteurs, je répare et ça repart !

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Floriane Dumont
9 Mar 2024

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MARSEILLE : Répar’acteurs, je répare et ça repart !

La Chambre de Métiers et de l’Artisanat de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, soutenue par la Région Sud et l’ADEME, a créé l’opération Répar’acteurs.

Ce label, qui se déploie également à l’échelle nationale, a pour ambition de promouvoir la réparation et d’inciter à la réduction des déchets en ayant recours au savoir-faire d’un réseau d’artisans engagés.

La réduction des déchets est au cœur des préoccupations régionales en matière de développement durable. Si la Région Sud multiplie les initiatives en faveur d’une meilleure gestion de ceux-ci comme le grand ramassage « Nettoyons le Sud« , elle souhaite aussi agir en amont. Dans ce contexte, elle a souhaité soutenir la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur dans l’opération Répar’acteurs.

L’objectif de cette initiative ? Mettre l’économie circulaire au service des habitants et créer un marché régional de matières premières secondaires de qualité. Derrière cette démarche se cachent des métiers essentiels qui contribuent non seulement à réduire le gaspillage, mais permettent aussi de préserver notre environnement. Réparateurs d’ordinateurs, de téléphones, de télévisions, d’appareils électroménagers, d’instruments de musique ; restaurateurs de meubles ; réparateurs de matériel de jardinage ; couteliers affûteurs ; réparateurs de cycles ; couturiers ; horlogers, bijoutiers ; ateliers de retouche ; cordonniers ; accordeurs de pianos ; selliers ; maroquiniers… On compte plus de 11000 artisans de la réparation en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Au total, plus de 100 000 entreprises artisanales sont répertoriées en France avec plus de 4500 artisans sont labelisés.

Parmi ces artisans du réseau dévoués à la réparation, nous avons rencontré Marjorie, jeune ébéniste de Rognac. Âgée d’une trentaine d’années, cette ancienne élève des Beaux-Arts a choisi de se lancer dans son propre projet en 2011, « L’Atelier du Menuisier« , à Rognac. Entre ces murs, elle crée, mais donne aussi une seconde vie au mobilier.

C’est le coeur de mon métier

« Je fabrique des meubles et je rénove ceux qui ont besoin d’un coup de jeune. Cela peut aller de petites réparations – collage, vernissage, peinture – à une restauration complète du meuble. Il m’arrive même de fabriquer un tout nouvel objet à partir du bois massif d’un ancien. » Pour la jeune femme, donner une seconde vie à ce mobilier reste tout aussi exaltant que de penser ses propres créations. « Mélanger le moderne et l’ancien par exemple, c’est tout un art, ça nous permet de donner du cachet à ces meubles, en y ajoutant notre patte. C’est le cœur de mon métier : pouvoir remettre au goût du jour et faire perdurer le mobilier dans le temps« , affirme-t-elle.

Au cours des deux dernières années, la demande de réparation occupait trois quart de son activité. « Il y a souvent un attachement émotionnel au mobilier qu’on me porte, avec des meubles de famille hérités par exemple. Mais il arrive aussi que mes clients chinent eux-mêmes certains meubles, dans une démarche écoresponsable au passage. »

Un gage de qualité

Ces relations entre « répar’acteurs » leur permettent également de valoriser le travail des uns et des autres, notamment par des conseils donnés à leurs clients. « Il est courant que des clients me demandent des recommandations d’artisants dans d’autres domaines : l’électricité, la tapisserie, la plomberie, la ferronnerie ou même la menuiserie. Le réseau me permet à ma moi aussi de rencontrer d’autres acteurs locaux et dans le futur, j’espère pouvoir travailler avec eux sur des projets communs« , confie Marjorie.

Il faut dire qu’aujourd’hui, le réseau des Répar’acteurs a pour objectif de valoriser l’ensemble de l’artisanat local et tout son savoir-faire. « Je m’efforce d’expliquer à mes clients que la restauration représente un geste écologique mais surtout que c’est un gage de qualité. Je suis consciente que ça a un coût, mais souvent c’est beaucoup plus intéressant sur le long terme de réparer plutôt que de racheter du neuf peu cher. La prise de conscience se fait petit à petit, doucement mais sûrement ! »

SOURCE : Région Sud