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MARSEILLE : Renaud MUSELIER lance la Conférence « Ambition…

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MARSEILLE : Renaud MUSELIER lance la Conférence « Ambition France Transports »

Ce lundi 5 mai, Renaud MUSELIER, Président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, a participé au lancement de la Conférence Ambition France Transports.

En présence  de François BAYROU, Premier ministre, Philippe TABAROT, ministre chargé des Transports, François REBSAMEN, ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, Amélie de MONTCHALIN, ministre chargée des Comptes publics et Martine VASSAL, Présidente de la Métropole Aix Marseille Provence, Présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône.

Ensemble, ils ont notamment visité le Pôle d’Echange Multimodal de Sainte-Marguerite Dromel. A cette occasion, Renaud MUSELIER a également évoqué l’avenir des mobilités en région Sud d’ici 2040.

Discours de Renaud MUSELIER,
Président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur,
Président délégué de Régions de France
Lancement de la Conférence Ambition France Transports
Lundi 5 mai 2025

Question : Comment imaginez-vous l’avenir des mobilités en région Sud d’ici 2040 ?
Avant toute chose, je veux rappeler que la question des mobilités est une question politique centrale.
La région Provence-Alpes-Côte d’Azur est un petit pays de la taille de la Belgique, avec la population de la Finlande, et le P.I.B. de la Nouvelle-Zélande.
Nos 5 millions d’habitants se déplacent tous les jours et ces déplacements sont indispensables à nos vies sociales. Pour autant, ils génèrent de la pollution, congestionnent nos villes et font naître des inégalités entre
ceux qui ont accès aux transports et les autres.
La question des transports n’est donc pas le monopole des diplômés de l’Ecole des Ponts et Chaussées.

C’est une question politique :

• Une question de qualité de vie,
• Une question d’aménagement durable et apaisée du territoire,
• Une question d’attractivité économique (je le rappelle volontiers aux chefs d’entreprises présents),
• Une question de liberté, la liberté fondamentale d’aller et venir sans entrave et en sécurité.

Et à cette question, nous avons la charge et la responsabilité d’apporter des réponses :

• Concrètes (c’est la vie quotidienne qui est en jeu),
• Justement dimensionnées (la demande de déplacement ne cesse d’augmenter),
• Équitables (il faut apporter des réponses partout et pour tout le monde),
• Et financées (rien de pire que de ne pas avoir les moyens de sa politique).

C’est très exactement le sens de notre action, ici dans le Sud !
C’est maintenant que se décident les transports et les mobilités de 2040.
L’enjeu est simple. Nous ne savons plus faire pour des raisons géographiques, écologiques et budgétaires, de nouvelles autoroutes. Pour se déplacer dans notre région, il faut donc miser sur les transports collectifs.

Notre vision est celle d’un schéma régional de transport qui aura profité :

• D’ici 2030 du choc d’offre voulu par la Région, des investissements permis par le Contrat de plan Etat-Région (1,5 milliard d’€ pour le rail et la route) et de l’effet levier des Jeux d’hiver,
• Et d’ici 2040 de la régénération de toutes de nos petites lignes, de la mise en route de nos 4 projets de service express régional métropolitain (SERM) et de l’achèvement de Ligne Nouvelle Provence Côte d’Azur (LNPCA).

Ce schéma repose sur :

• Une épine dorsale ferroviaire solide et modernisée pour plus de trains et des trains plus réguliers dans notre région mais aussi pour faire le corridor ferroviaire européen à grande vitesse entre Barcelone et Gênes,
• Un maillage fin de tout le territoire régional par des autocars décarbonés et une meilleure combinaison d’offre avec des modes doux comme le vélo et des services de covoiturage.

La construction de ce schéma est déjà avancée avec des mesures fortes comme :

• L’ouverture à la concurrence qui nous permet plus de trains à budget constant.
C’est aujourd’hui, un TER tous les ¼ d’heure toute la journée entre Cannes, Nice, Monaco et Menton (+75%) et en juin 2025, un TER/h entre Marseille-Toulon et Nice (+100%).
• La décarbonation de nos 1700 autocars. 85% du parc sera décarboné en fin d’année et 100% en 2028,
• Nos 4 projets des SERM tous labellisés à Avignon, Aix-Marseille, Toulon et Nice Côte d’Azur,
• La LNPCA. Un coût total de 3,6 milliards d’€ pour les phases 1 et 2 (2025-2032). Nous lançons les travaux cette année dans les 3 départements concernés. Objectifs : 3 RER à Marseille, Toulon et Nice, 6 gares nouvelles dont Marseille Saint-Charles et Nice Aéroport, 3 trains rapides par heure entre Marseille et Nice.
• La rénovation des « petites lignes » : Nice-Breil avec 54 millions d’€ de travaux pris en charge par la Région sur un total de 74 millions d’€, la ligne de la Côte Bleue entre Marseille et Fos-sur-Mer avec 54 millions d’€ avec l’Etat, les Chemins de Fer de Provence avec 130 millions d’€ (Région seule) pour moderniser la ligne, rouvrir le tunnel de Moriez, construire un site de maintenance, rénover les gares et acheter 8 rames neuves hybrides,
• La contractualisation avec les Métropoles. C’est 20 millions d’€ avec la Métropole d’Aix-Marseille-Provence pour permettre des pistes cyclables, des Bus à Haut Niveau de Services ou des Pôles d’Echanges Multimodaux,
• Des grandes opérations routières comme le Tunnel de Tende pour lequel nous mettons 35 millions d’€.
• C’est aussi et enfin la ligne des Alpes. 151 millions d’€ avec l’Etat pour des travaux indispensables de régénération et nous fixerons une enveloppe olympique complémentaire pour faire notamment Marseille-Briançon en 3h40 contre 5h aujourd’hui et rapprocher les territoires alpins et littoraux.

L’Etat sera présent au rendez-vous de la modernisation de la ligne.
Déjà des résultats avec chaque année plus d’usagers (+14% entre 2023 et 2024 / +43% depuis 2018).
40 millions par an dans nos trains, 19 millions par an dans nos cars, 600 000 par an avec les Chemins de Fer de Provence, soit 1 million de voyages par semaine avec l’ambition de passer à 1,5 million d’ici 2030 (700 000 en 2016) !
80% des habitants de la région sont à moins de 10 minutes à pied d’un point d’arrêt de transport public.
Avec nos TER et cars ZOU! c’est 200 000 tonnes de CO2 économisées chaque année !
Mais tout ceci a un coût et l’avenir des mobilités est aussi conditionné à l’avenir des financements.
En 2025, le budget « transports et infrastructures » de la Région atteint le niveau record de 1,5 milliard d’€ soit +43 % par rapport à 2024.

Pour financer nos ambitions, nous avons 5 leviers principaux :

• Les arbitrages budgétaires. 80 millions d’€ d’économies cette année dans le budget général et un redéploiement vers nos compétences premières,
• La contractualisation avec l’Etat. Je pense au Contrat de plan Etat-Région avec un montant historique de 1,5 milliard d’€,
• Le levier des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver 2030 avec une revoyure du Contrat de plan Etat-Région qui doit notamment nous permettre de rattraper les investissements qui n’ont pas été fait pour la ligne des Alpes,
• Les usagers. Nous faisons le choix résolu de continuer à augmenter les billets unitaires pour mieux baisser le prix de nos abonnements (-20% cette année) et fidéliser nos usagers. Entre 160 et 200 millions d’€ de recettes commerciales chaque année,
• Les opérateurs de transports par train et par autocar. Les deux sont désormais soumis aux règles de la commande publique et de la mise en concurrence avec une baisse des prix au kilomètre.

Et depuis la semaine dernière, nous avons instauré un 5ème levier de financement :

• Un levier pour lequel le Sénateur TABAROT devenu Ministre s’est battu avec succès (merci !),
• Un levier demandé à l’unanimité par les Régions de France,
• Un levier que la Région Sud sera la seule à mettre en place dès cette année.

Ce levier, vous l’avez compris, c’est le versement mobilité.
Soit une juste contribution de 5,4 € par salarié et par mois à l’attractivité de notre région, une contribution qui touche 3,5% des entreprises et que nous accompagnons d’une baisse des abonnements, d’un gel de la contribution en 2026 et d’un plan d’aide exceptionnel.
Mais au rythme qui est le nôtre et face aux défis qui viennent (décarbonation, sécurité, qualité de service, offre numérique), le prix des transports va rapidement devenir hors d’atteinte !
Il faut donc réinventer le modèle de financement des transports pour trouver de nouveaux moyens budgétaires et surtout les pérenniser dans le temps.
C’est précisément l’enjeu de la conférence nationale qui est lancée aujourd’hui, un enjeu qui vous l’avez compris est bien plus qu’un enjeu financier !

Crédit photo  Yann BOUVIER.