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MARSEILLE : Renaud MUSELIER aux Assises régionales de l’hydrogène

Ce mardi 12 décembre, Renaud MUSELIER, Président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Président délégué de Régions de France, a accueilli les Assises régionales de l’hydrogène, à l’Hôtel de Région, aux côtés notamment de Didier MAMIS, Secrétaire général pour les affaires régionales, Pierre LOAEC, Chef de la représentation régionale de la Commission européenne à Marseille, et Natalia MAS GUIX, Ministre de l’économie et des finances de la Généralité de Catalogne.

A cette occasion, le Président Renaud MUSELIER a rappelé les enjeux du 1er plan régional hydrogène adopté le 17 décembre 2020. En 2023 ce sont 2,5 millions d’€ de financement pour la filière hydrogène. Depuis l’adoption du plan en 2020, ce sont ainsi 6 millions d’€ qui ont été mobilisés par la Région pour la filière.

Discours de Renaud MUSELIER
Président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur,
Président délégué de Régions de France
Assises régionales de l’hydrogène
Hôtel de Région
Mardi 12 décembre 2023

Je vois que ce sujet passionne et rassemble toujours autant de matière grise ! Bien au-delà de nos frontières. Nous avions inauguré au mois de Mars le salon « Meet for Hydrogen » qui a été une véritable réussite. Nous souhaitons que ce salon soit renforcé en 2024, pour en faire un évènement d’envergure internationale, à l’image du FOWT sur l’éolien flottant.
Ces évènements permettent non seulement d’être un lieu de rencontres mais contribuent à renforcer la position de nos acteurs locaux.
La réunion de toutes ces entreprises montre combien cette énergie est l’énergie du moment, et combien les pouvoirs publics ont un rôle essentiel à jouer dans son développement.
Avec notre majorité régionale, nous nous y attelons quotidiennement.
En effet, quand je suis arrivé à la tête de la région, j’ai constaté que ce territoire bénéficiait d’un patrimoine naturel exceptionnel mais surtout d’une production d’énergies les plus diversifiées au monde !
Le photovoltaïque, l’éolien flottant, l’hydraulique, le nucléaire avec la fusion grâce à Iter, et la fission grâce à la centrale de Tricastin, la méthanisation, l’hydrogène.
Fort de ce constat, j’ai fait de la préservation de l’environnement le fil rouge de ma mandature.
Lorsque j’ai été élu président de la Région Sud, en 2017, la COP21 venait de s’achever et les accords de Paris venaient d’être ratifiés par 195 pays en décembre 2016. La France était en 1ère ligne sur le sujet.
Le 1er juin 2017, le président américain Donald Trump annonçait le retrait des États-Unis de cet accord.
Cette décision largement critiquée m’a fait prendre conscience que nous, les élus des collectivités territoriales avions notre rôle à jouer pour prouver à nos dirigeants étrangers que le rassemblement autour du climat était réel.
C’est à ce moment-là que le 1er plan climat est né : 20% du budget a été consacré à la préservation de notre environnement soit plus de 370 millions d’€ en 2018.
Ce plan climat a la particularité d’avoir été entièrement coconstruit avec l’ensemble des acteurs du territoire : industriels, ETI, PME, Start-Ups, associations, fédérations, organismes professionnels. Nous avons défini les actions ensemble et avons pris l’engagement de devenir la première Région d’Europe à respecter les accords sur le climat.
Ce sont progressivement, 30% puis 40% qui ont été consacré à notre « COP d’Avance », articulée autour de 5 axes : Air, mer, terre, énergie, déchets.
AIR : Zéro pic de pollution dans les Alpes – 1ère ligne de cars 100 % électriques sur longue distance en Europe – Escale zéro fumée avec 90% des escales corse connectées à Marseille.
MER : 100% des ports engagés dans la démarche ports propres.
TERRE : 2 millions d’arbres plantés en région Sud en 3 ans – +15% de surface du patrimoine naturel protégé avec la création de deux parcs Naturels Régionaux de la Sainte Baume et du Mont Ventoux – Nombres d’hectares brulées divisées par deux depuis 2017.
ENERGIE : 1ère ferme pilote d’éoliennes flottantes au large de Port-Saint-Louis du Rhône / +45% de puissance photovoltaïque installée depuis 3 ans.
DECHETS : + 10% de déchets ménagers recyclés depuis 3 ans.
La Région Sud est aux côtés des projets structurants pour la filière.
Je le dis sans rougir : notre Région Sud dispose d’un tissu économique et industriel exceptionnel qui lui permet d’avoir une longueur d’avance par rapport aux autres régions :
• Plus de 100 acteurs directement impliqués sur le thème de l’Hydrogène sont implantés en Région Sud avec des grands noms : GRT Gaz, Engie, Total, Alstom, mais aussi des PME comme Hysilabs, Hynova.
• Plus de 20 projets structurants sont référencés sur notre territoire régional.
Nous avons mis en place ensemble une stratégie hydrogène régionale en lien avec les dynamiques européennes et nationales.
Un 1er plan régional hydrogène adopté le 17 décembre 2020 a été construit en concertation étroite avec les acteurs du territoire.
Il met en perspective les priorités à donner pour développer la filière sur le territoire avec un enjeu de décarbonation et de création d’emplois avec des objectifs chiffrés.
Un comité stratégique composé d’acteurs public et privés y est associé.

En lien avec l’ensemble de l’écosystème, la Région intervient dans le soutien à cette filière, notamment via :

– La mise en œuvre de réseau de pipes hydrogène pour répondre à la future demande des acteurs ;
– Le déploiement des trains Hydrogène ;
– L’accompagnement de la décarbonation de l’industrie ;
– La structuration d’une filière créatrice d’activités et d’emplois.

Ce sont plus de 2,5 millions d’€ de financement pour la filière en 2023. Et 6 millions d’€ depuis l’adoption du plan en décembre 2020.
• 4 millions d’€ pour Jupiter 1000 (GRTgaz) : démonstrateur industriel de Power-to-Gas à Fos-sur-Mer.
• 200 000 € pour MassHylia (ENGIE/TotalEnergies) : production d’hydrogène par électrolyse (100MW) destinée à un premier usage industriel pour une bioraffinerie à Châteauneuf-les-Martigues.
• 200 000€ pour Hynovera (Hy2gen) : production d’électro-carburant (kérozène, diesel), à partir d’hydrogène et de CO produit par électrolyse (100MW) et gazéification.
• 50 000€ pour Hynframed (GRTgaz) : déploiement d’une canalisation autour de l’Etang-de-Berre et entre Manosque et Fos-sur-Mer.
• 700 000€ pour Hynovar (CCI Var-Sunrhyse) : écosystème de plusieurs projets varois (7 projets), sur l’aspect production, distribution et usages de l’hydrogène.
• 700 000€ pour Hynomed sur le projet qui est une brique du projet Hynovar pour une station hydrogène à la Seyne-sur-Mer.
• 800 000€ pour Alstom Hydrogène (Helion Hydrogen Power) : sur le développement d’une pile à hydrogène conteneurisé d’une puissance de 1MW pour la fourniture d’électricité.
• Et bien sûr le soutien historique à Hygreen : Hydrogène vert stocké dans les cavités salines de Manosque.

Dans le cadre de la planification écologique, la décarbonation de l’industrie et des transports représente plus de la moitié de l’effort à fournir d’ici à 2030.
Pour répondre à ce challenge, l’hydrogène est un levier absolument essentiel.
C’est un vecteur essentiel dans la réindustrialisation et la décarbonation de l’industrie.
Le programme Syrius (issu des OIR) est l’exemple parfait d’un collectif qui fonctionne avec des objectifs partagés et ambitieux : réduire de 80% les émissions de gaz à effet de serre en 2050.
Ce projet a été lauréat de l’appel à projet France 2030 de « Zone industrielle bas carbone » et l’implication du GPMM a été essentielle pour l’obtention de ce financement.
Animé par Capenergies et doté d’un budget de 9 millions d’€, SYRIUS coordonne la réalisation de plus de 30 études et projets multi-acteurs réalisés sur 24 mois.
Outre les décisions pour la décarbonation de chaque site qui s’en suivront, les résultats alimenteront les réflexions et décisions collectives des industriels regroupés en « bassin hydrogène ».
La Commission Européenne encourage cette collaboration qui apporte de la cohérence territoriale. C’est aussi un vecteur pour la mobilité décarbonée.

Nous avons déjà des résultats sur le transport fluvial décarboné. Je pense à :

– Laurent Falaize qui vient de réaliser le premier avitaillement d’un yacht (15000 L) en France de Fioul XTL fabriqué à base d’huile alimentaire recyclée : 90% de CO2 en moins et 80% de particules fines en moins ;
– Chloé Zaied qui développe le 1er yacht à hydrogène ;
– Ou encore le port de Toulon qui souhaite se munir d’un groupe électrogène fonctionnant à l’hydrogène afin de produire de l’électricité des ferries et lisser des appels de puissance pour les consommations électriques intra-portuaire. Nous devons continuer à accélérer et capitaliser autour de ce projet Escale zéro fumée !

Sur la mobilité routière :

– Avec le projet Hyammed d’Air Liquide : avec une flotte de 8 camions hydrogène, s’alimentant sur une station à Fos-sur-Mer par de l’hydrogène co-produit de Kem One. C’est 500 000 € d’aide de la Région ;
– Je pense aussi à Solution F, entreprise à Venelles qui développe des moteurs à Hydrogène ;
– Et bientôt des trains à Hydrogène.

Le programme EU Net Zero Industry Act, le lancement de la banque de l’hydrogène qui sera dotée de 3 milliards d’€ pour la filière, la directive RED III pour accélérer l’hydrogène renouvelable, ou encore les projets importants d’intérêt européen commun (PIIEC) sont autant d’outils et de moyens mis en place par la commission européenne.
La Région se mobilise au quotidien et se tient à la disposition des acteurs pour les aider à aller chercher des financements européens ou faire du lobbying européen.

5 projets figurant sur le territoire régional ont été sélectionnés par la Commission :

– Projet Hy-Fen (GRT Gaz) : développement d’une canalisation entre Fos-sur-Mer et le nord de la France (région Auvergne-Rhône-Alpes, région Grand-Est) ;
– GéoH2 (Géométhane) : développement du stockage d’hydrogène en cavité saline à Manosque (dans lequel on retrouve Hynframed (GRT Gaz) : développement d’une canalisation à Fos-sur-Mer et entre Fos-sur-Mer et Manosque (cavités salines de stockage) ;
– Hygreen (ENGIE) : développement d’un électrolyseur.

Et bien sûr, Madame la Ministre, le projet BarMar qui permettra le développement d’une canalisation pour transporter l’hydrogène entre Barcelone et Fos-sur-Mer.
Ce projet pourra acheminer chaque année 2 millions de tonnes d’hydrogène vers la France, soit 10% des besoins estimés en hydrogène de l’UE.
Intégré dans un projet plus vaste H2Med de connexion européenne allant du Portugal à l’Allemagne, il place la Région Sud dans une position centrale et stratégique.
Son atterrissage dans le port de Fos-sur-Mer trouvera à la fois d’importants consommateurs futurs d’hydrogène renouvelable, la connexion vers les cavités souterraines de stockage Manosque, complément indispensable pour assurer l’équilibre entre la production et la consommation d’hydrogène, et les projets de production d’hydrogène renouvelable.
Il s’agit de la première brique d’interconnexion entre l’Europe du Sud et l’Europe du Nord.
Ces résultats sont encourageants mais nous devons collectivement passer à l’échelle industrielle.
Pour cela, l’accompagnement des pouvoirs publics doit aller bien au-delà de l’accompagnement sur les aspects techniques.
En effet la disponibilité des ressources est indispensable pour le déploiement de la filière : ressources en énergie décarbonées, ressources en eau, disponibilité du foncier : autant de facteurs sur lesquels la Région travaille.
Cher Philippe Boucly, ces axes de travail sont issus de vos études qui sont essentielles pour orienter nos politiques publiques.
Concernant la disponibilité des énergies renouvelables :
Le déploiement de l’hydrogène vert se fera à partir du réseau électrique français ainsi que des énergies renouvelables.
Une large concertation est en cours avec RTE pour raccorder notamment la zone de Fos.
En parallèle, la Région accompagne toutes formes d’énergies renouvelables respectueuses de notre biodiversité, et de nos paysages. : les projets solaires éoliens en mer, méthanisation, biomasse.
Autant de sources d’énergie renouvelables en lien avec nos objectifs du SRADETT qui seront des sources d’énergie primaire essentielles pour l’hydrogène vert.

Concernant la ressource en eau :

L’eau est une ressource essentielle nécessaire pour le déploiement à grande échelle de l’hydrogène.
A travers le plan Or bleu, la Région se positionne comme un acteur fort pour préserver cette ressource.

Avec des projets très concrets :

– Dérivation de l’étang de Berre : 1,3 milliard de m3 d’eau douce pouvant être récupérée avec l’usine de Saint Chamas pour sauver notre étang de Berre et irriguer l’ensemble de la plaine de la Crau.
– Réutilisation des eaux usées : Engagement d’arriver à 50 millions de m3 d’eau économisés avec l’objectif de 10% de REUSE (Israël est à 90%, en Région 0,26%) notamment dans l’industrie.

Concernant la disponibilité du foncier :

A travers Rising Sud qui accompagne tout type d’implantation pour s’implanter, se développer, se relocaliser.
Avec le GPMM qui effectue un travail de recensement précis sur son foncier disponible sur le port.