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MARSEILLE : Pr Yehezkel Ben-Ari : « Nous appelons les mater…

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MARSEILLE : Pr Yehezkel Ben-Ari : « Nous appelons les maternités à rejoindre cette dynamique pionnière »

B&A Biomedical lance un appel national aux maternités et CHU pour valider à grande échelle Pelargos, une IA de détection précoce de l’autisme.

C’est une avancée potentiellement révolutionnaire pour la santé publique que porte la société B&A Biomedical. Ce mardi, l’entreprise, soutenue notamment par la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, officialise le lancement d’un appel à participation national destiné aux maternités, aux Centres Hospitaliers et aux CHU. L’objectif est ambitieux : valider scientifiquement et à grande échelle le dispositif « Pelargos », une intelligence artificielle conçue pour identifier, dès le berceau, les nouveau-nés présentant un risque de développer un Trouble du Spectre Autistique (TSA).

Un retard diagnostic préjudiciable

La Haute Autorité de Santé (HAS) n’a de cesse de le rappeler : la précocité du diagnostic est la clé de voûte d’une prise en charge efficace. Pourtant, la réalité du terrain reste difficile pour les familles. En France, où près de 700 000 personnes vivent avec un TSA, le diagnostic n’est posé en moyenne qu’entre 4 et 6 ans. Ce délai est jugé bien trop tardif pour permettre des interventions optimales, alors que 8 000 enfants naissent chaque année avec ce trouble. Les parcours des familles s’apparentent souvent à un long chemin de croix avant d’obtenir les réponses et l’accompagnement nécessaires.

L’intelligence artificielle au service des nouveau-nés

C’est pour combler ce fossé que le projet Pelargos a été élaboré et publié en 2021. Porté par B&A Biomedical (https://www.babiomedical.com/), ce dispositif repose sur une approche innovante : l’analyse par intelligence artificielle des données issues du suivi de routine en maternité et des tout premiers jours de vie de l’enfant.

Une première étude pilote a d’ores et déjà démontré la pertinence de ce modèle prédictif. L’ambition est désormais de transformer l’essai. En identifiant très précocement les risques, le dispositif permettrait d’ouvrir la voie à une surveillance adaptée et, surtout, à des thérapies psycho-éducatives anticipées.

Un appel à la mobilisation des établissements de santé

Pour franchir le cap de la validation nationale, le projet doit changer d’échelle. Si cinq Centres Hospitaliers ont déjà rejoint le programme, dont quatre en Normandie et un à Grenoble, les besoins restent importants. L’étude nécessite l’inclusion de 2 000 enfants, dont la moitié diagnostiquée avec un TSA.

B&A Biomedical lance donc un appel aux établissements français souhaitant s’engager. La procédure est strictement encadrée : il s’agit d’une étude rétrospective nécessitant une collaboration étroite entre un service de pédopsychiatrie (pour identifier des enfants de 5 à 15 ans suivis pour TSA) et un service obstétrique (pour recueillir les données périnatales de ces enfants ainsi que celles d’enfants témoins).

Une démarche sécurisée et financée

Les promoteurs du projet insistent sur la rigueur du processus. Les données recueillies sont strictement pseudonymisées et saisies sur une plateforme sécurisée (e-CRF) certifiée Hébergeur de Données de Santé, avant d’être analysées par les algorithmes de l’équipe scientifique.

De plus, l’aspect financier ne pèse pas sur les hôpitaux partenaires. Le projet bénéficie du soutien de BPI France, de la Région Sud et du ministère de l’Économie via le plan PIA4. Grâce à ce financement, B&A Biomedical assure la rémunération de la saisie des données et couvre les ressources mobilisées par les centres.

L’enjeu crucial de la plasticité cérébrale

L’impact potentiel de cette validation est majeur. En permettant de déclencher des thérapies dès l’âge de 2 ou 3 ans, le dispositif cible la période clé de la plasticité cérébrale, améliorant ainsi durablement l’autonomie et la qualité de vie des patients.

« Nous savons que plus le diagnostic est posé tôt, plus les interventions éducatives et comportementales sont efficaces. Pour franchir une nouvelle étape, nous devons aujourd’hui élargir le nombre de centres participants. Nous appelons les maternités, CH et CHU français à rejoindre cette dynamique pionnière au service des enfants et des familles », a déclaré le Pr Yehezkel Ben-Ari, neuroscientifique de renommée internationale et fondateur de B&A Biomedical.

Avec cette initiative, la France pourrait devenir le premier pays au monde à proposer une identification du risque d’autisme dès la naissance, faisant de l’innovation scientifique un véritable outil de santé publique. Les établissements intéressés peuvent contacter directement les équipes via l’adresse dédiée (contact@babiomedical.com).