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MARSEILLE : Numérique – Damien Desanti dénonce l’illusion du cloud souverain d’AWS

Alors qu’Amazon Web Services lance son cloud souverain européen, Damien Desanti, CEO de Phocéa DC, alerte sur une perte d’indépendance stratégique.

L’annonce a l’effet d’une onde de choc dans le paysage numérique continental. Ce vendredi, le géant américain Amazon Web Services (AWS) officialise le lancement de son « cloud souverain européen », soutenu par un investissement massif de 7,8 milliards d’euros en Allemagne. Si l’opération démontre la puissance de frappe d’outre-Atlantique, elle suscite une vive inquiétude chez les acteurs locaux de l’hébergement de données. Damien Desanti, fondateur et CEO de Phocéa DC, datacenter marseillais souverain et écoresponsable, y voit une menace directe pour l’autonomie technologique de l’Europe.

Un décalage stratégique alarmant

Pour le dirigeant marseillais, la comparaison est sans appel. « Laisserions-nous des pays étrangers installer un parc nucléaire en France ? Non. Alors pourquoi leur déléguer l’hébergement de nos données via leurs solutions cloud et datacenters ? », s’interroge-t-il. Damien Desanti pointe du doigt une asymétrie flagrante entre la stratégie américaine et la réaction européenne. Tandis que les acteurs américains « anticipent, investissent massivement et déploient des structures juridiques sophistiquées », l’Europe semble cantonnée à un rôle de régulateur. Le CEO de Phocéa DC regrette également l’attitude de la commande publique, qu’il qualifie de « mauvaise élève » pour sa propension à privilégier les solutions américaines au détriment des alternatives locales.

Le spectre du Cloud Act et de la dépendance

Au-delà des investissements, c’est la notion même de souveraineté brandie par AWS qui est remise en cause. Si l’entreprise promet une infrastructure indépendante et des données stockées sur le vieux continent, Damien Desanti dénonce un « marketing de la souveraineté ». Il soulève des questions juridiques et techniques cruciales : « Quid du Cloud Act américain, de la propriété intellectuelle des technologies, de la dépendance matérielle et logicielle ? ». Pour l’expert, l’enthousiasme affiché par certains responsables politiques face à cette annonce relève de l’aveuglement devant ce qu’il qualifie de « cheval de Troie industriel ».

Pour une véritable alternative française

Face à cette offensive, Phocéa DC plaide pour un sursaut. Damien Desanti rappelle que la partie n’est pas encore perdue et que la France dispose d’atouts sérieux pour reprendre la main sur son destin numérique. Il appelle à soutenir les acteurs nationaux capables de proposer, comme le fait sa structure, un modèle alliant une souveraineté réelle à une responsabilité environnementale, loin des illusions de protection offertes par les géants étrangers.