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MARSEILLE : Nicolas Férand : « La dynamique pour les prochains mois est préoccupante »

Le baromètre ImagePME du 1er trimestre 2026 révèle une conjoncture économique dégradée pour les TPE-PME de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Le début de l’année 2026 s’avère difficile pour le tissu économique local. Selon le dernier baromètre ImagePME publié par le Conseil régional de l’Ordre des experts-comptables (CROEC) de Provence-Alpes-Côte d’Azur, les très petites, petites et moyennes entreprises de la région ont connu un premier trimestre marqué par un net ralentissement de leur activité, plaçant le territoire en queue de peloton au niveau national.

Une région à la traîne

Les données collectées par les experts-comptables dressent un tableau sans complaisance de la santé économique régionale. L’analyse des chiffres des trois premiers mois de l’année indique une dynamique moins favorable en Provence-Alpes-Côte d’Azur que dans la plupart des autres régions françaises. Ce constat général cache cependant des disparités sectorielles importantes, avec des pans entiers de l’économie locale qui subissent de plein fouet un contexte dégradé.

Le secteur CHR et le BTP en grande difficulté

Parmi les secteurs les plus touchés, celui des cafés, hôtels et restaurants (CHR) traverse une crise qualifiée de « profonde » par le baromètre. Pilier de l’économie touristique régionale, il fait face à une conjoncture particulièrement défavorable qui met en péril de nombreux établissements. Le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) est également sous forte pression. Souvent considéré comme un baromètre de la santé économique globale, son ralentissement témoigne des incertitudes qui pèsent sur l’investissement et la consommation.

Quelques îlots de résistance

Malgré ce climat morose, certains secteurs parviennent à tirer leur épingle du jeu. Le baromètre met en lumière la résilience notable du transport routier, des pharmacies et des entreprises d’aménagement paysager. Ces activités, portées par des dynamiques propres, semblent pour l’heure moins affectées par le ralentissement général et contribuent à maintenir un certain niveau d’activité économique dans la région.

Perspectives moroses et virage numérique imposé

Pour Nicolas Férand, président du CROEC PACA, l’avenir à court terme incite à la prudence et les signaux d’une reprise rapide sont absents. Il pointe un ensemble de facteurs aggravants et une transition numérique majeure à venir pour toutes les entreprises.

« La dynamique pour les prochains mois est préoccupante : le recul s’est accentué en mars 2026 et le contexte international (conflit au Moyen-Orient, hausse de l’énergie, inflation qui repart à +2,2 % en avril) laisse peu de marge de manœuvre pour un rebond rapide. Le deuxième trimestre dominé par un temps maussade n’arrangera pas l’activité du secteur CHR, déjà au plus mal. Dans ce climat dégradé, la prudence reste de mise », analyse Nicolas Férand.

Il souligne également un défi réglementaire et technologique imminent : « La réforme de la facturation électronique, qui entre progressivement en vigueur à partir de septembre prochain, constitue également un tournant majeur pour les entreprises. Au-delà de l’obligation réglementaire, c’est une opportunité pour moderniser les process administratifs, fiabiliser les données financières et améliorer le suivi de trésorerie en temps réel. Les entreprises qui anticipent cette transition prendront une longueur d’avance en matière d’organisation et de compétitivité. Nous sommes à leurs côtés pour les accompagner dans cette évolution ». Un message qui rappelle que, même dans un contexte difficile, l’adaptation et la modernisation demeurent des leviers de performance essentiels pour l’avenir des TPE-PME.

via Press Agence.