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MARSEILLE : Myriam MARZOUKI : « J’ai le désir de raconter théâtralement une histoire collective »

Au ZEF, Myriam Marzouki dévoile une pièce née d’enquêtes de terrain explorant l’engagement citoyen face aux urgences écologiques et démocratiques.

C’est une création singulière qui s’apprête à voir le jour sur les planches, à la croisée des chemins entre l’investigation journalistique et la poésie théâtrale. Avec *Je me souviens de la Terre*, Myriam Marzouki, artiste associée à la « Bande » du ZEF, propose bien plus qu’une simple représentation : elle livre le fruit d’un long processus de maturation intellectuelle et artistique débuté il y a une décennie.

Du documentaire à la fiction poétique

Avant de devenir une œuvre de fiction, ce projet a pris la forme d’une véritable enquête de terrain. Nourrie de podcasts, de documentaires, de rencontres et de témoignages réels, la pièce puise sa sève dans le réel. Ce travail de documentation rigoureux a permis de capter les voix de ceux qui s’organisent, de ceux qui subissent des répressions, mais aussi de simples habitants confrontés aux bouleversements de leur environnement.

Sur scène, ces voix multiples se fondent en un récit collectif. L’intrigue met en lumière huit personnages, poussés à agir face à un projet d’aménagement brutal qui menace leur territoire. Leurs réactions, diverses et parfois contradictoires, illustrent la complexité de l’organisation d’une révolte. Le dramaturge Sébastien Lepotvin précise la nature de ces protagonistes : « Les personnages de la pièce ne sont pas des héros, au sens classique du terme : ce ne sont pas des personnages extraordinaires, ce sont des citoyens ordinaires ; leur héroïsme est d’avoir eu le courage de sortir de notre passivité collective et d’avoir tenté de se faire entendre ».

Une scénographie temporelle et symbolique

La mise en scène refuse le réalisme brut pour embrasser une dimension plastique et chorégraphique. Les personnages semblent fuir une époque dangereuse pour se retrouver dans une autre tout aussi inquiétante, créant un trouble dans la perception du temps. Les accessoires participent à cette hybridation des réalités : une table rustique se mue soudainement en radeau, symbolisant la précarité des existences et la nécessité de faire corps face à l’adversité.

Cette esthétique sert un propos politique fort. La pièce entrelace les niveaux de réalité pour raconter une histoire profondément actuelle, traversée de résonances imaginaires. Elle aborde sans détour les maux contemporains : affaiblissement démocratique, désunion sociale, changement climatique et appropriation privée des ressources naturelles. Pour la metteuse en scène, formée à la philosophie à l’ENS avant de se tourner vers le théâtre, l’objectif est clair : « J’ai le désir de raconter théâtralement une histoire collective. Je crois que c’est cela qui fait l’essence du politique et ce qui nous manque le plus aujourd’hui : se relier les uns aux autres en nous préoccupant de nos biens communs », explique Myriam Marzouki.

Un calendrier tourné vers le national

Si la création s’ancre dans le territoire marseillais avec des représentations attendues sur le Plateau du ZEF, le spectacle a vocation à porter ce message de solidarité à travers la France. Après un passage par Châtenay-Malabry mi-mars, la troupe investira la cité phocéenne avant de rejoindre Paris et l’Essonne.

Les spectateurs marseillais pourront découvrir cette œuvre les mercredi 25 et jeudi 26 mars 2026 à 20h, au ZEF (Avenue Raimu, 14ème arrondissement). Une rencontre avec l’équipe artistique est d’ailleurs programmée à l’issue de la première représentation, offrant l’opportunité de prolonger le débat sur ce « devenir démocratique » qui est au cœur du spectacle.

Plus d’informations sont disponibles sur le site du théâtre (https://www.lezef.org).

Calendrier de la tournée 2026

Le spectacle *Je me souviens de la Terre* sera présenté lors des dates suivantes :

*   Les 10 et 11 mars à L’Azimut / La Piscine à Châtenay-Malabry (92).

*   Les 25 et 26 mars au ZEF à Marseille (13).

*   Du 22 au 30 mai au Théâtre de la Concorde à Paris (75).

*   Les 12 et 13 novembre à La Scène nationale de l’Essonne à Évry (91).