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MARSEILLE : L’hommage républicain rendu à Jean-Clau…

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MARSEILLE : L’hommage républicain rendu à Jean-Claude Gaudin par Sabrina Agresti-Roubache

Un Hommage républicain a été rendu à Jean-Claude Gaudin, à l’Hôtel de ville de Marseille par Sabrina Agresti-Roubache, Secrétaire d’Etat chargée de la Citoyenneté et de la Ville.

Hommage républicain rendu à Jean-Claude Gaudin
À l’Hôtel de Ville de Marseille, le 21 mai 2024

Lorsque vous devenez Maire de Marseille, j’ai 18 ans.
Lorsque vous quittez ce magnifique hôtel de ville avec dignité et émotion, j’en ai 43. Je n’ai encore jamais fait de politique mais je connais le maire, mon maire, le maire de toute une génération de marseillaises et de marseillais. Celui que mon père appelait « M’sieur Gaudin »
Monsieur Le Maire, c’était ainsi qu’on vous appelait, qu’on continuait à vous appeler, même si vous avez été Ministre, Ministre de la ville. Je ne connais pas Marseille sans vous.
En tant que Marseillaises et Marseillais, nous ressentons tous une immense tristesse face à votre disparition. Vous étiez plus qu’un maire pour nous, par votre présence généreuse et authentique, vous étiez l’incarnation même de Marseille.
Chacun de vos administrés occupait une place privilégiée dans votre cœur. Vous aviez toujours une pensée, un regard bienveillant, un mot réconfortant pour chacun d’entre nous.
Plus que le Maire de Marseille, c’était le Maire des Marseillaises et des Marseillais.
Une figure présente, généreuse, connue et reconnue. Vous avez marqué nos vies et notre ville. Vous avez marqué ma vie.
Votre ville vous l’aimiez infiniment. De votre bureau du Vieux-Port, de votre maison de famille à Mazargues, de vos nombreux déplacements dans l’ensemble des noyaux villageois, vous connaissiez cette ville mieux que quiconque.
Nous vous connaissions ancré dans les traditions provençales et dans votre foi chrétienne avec une forme de nostalgie de Marseille d’avant et de Marseille de toujours. Et pourtant vous aimiez l’altérité, et c’est sans doute ce qui vous caractérisait le plus : vous aimez l’autre.
C’est pour cela sans doute que votre vie a été consacré à la politique parce que Marseille c’est l’apprentissage de l’altérité, parce que la politique la vraie c’est l’amour de l’autre.
Vous avez connu nombre de Présidents de la République, chacune et chacun ici se souvient des anecdotes que vous nous racontiez lorsque vous aviez accueilli Valéry Giscard d’Estaing à l’Assemblée nationale en tant que Président du groupe UDF ou les nombreux repas avec Jacques Chirac et les échanges nourris avec Nicolas Sarkozy. Emmanuel Macron, vous intéressait par son parcours si singulier, vous l’élu local aux nombreux mandats.
Et je retiendrai pour toujours vos mots tellement chaleureux à son égard « Restez toujours auprès du président de la République ». Je ne manquerai jamais à ces mots.
J’ai eu la chance inestimable de bénéficier de votre attention, de votre expérience, de votre soutien, de votre amitié, de votre affection. Nous nous ressemblions beaucoup, enfants de Marseille, issues d’une famille modeste, de pères maçons, nous nous comprenions. Nous partagions cette fierté d’appartenir à cette terre, à cette ville qui nous a vu grandir et qui continue de nous inspirer.
Notre complicité, intellectuelle avant tout, est aussi née pendant nos échanges sur la série Marseille où vous avez été une source d’inspiration.
Lors de nos inoubliables repas chez Momo, je picorais, vous dévoriez, vous parliez, j’écoutais.
C’est sans doute votre goût là encore pour l’altérité et l’amour de l’autre qui vous ont amené à jeter un œil bienveillant et malicieux sur mon berceau politique. Vous avez été à chaque étape de ce rite initiatique, bienveillant, attentionné, complice, parfois déterminant dans mes choix contre l’avis de beaucoup.
Vous m’avez offert votre soutien lors de ma campagne législative. Sans jamais trahir votre famille politique, vous me l’avez apporté par ce même goût de l’altérité, par l’amour des autres et parce que vous le répétiez l’envie « avoir une Députée de la majorité présidentielle c’était bon pour Marseille. » Marseille, toujours, était au-dessus de tout.
Je n’aurais jamais cru que quelques mois plus tard arrivant dans mes bureaux du Ministère de la Ville à Paris, je verrais chaque matin votre portrait, le portrait du dernier des géants. Vous avez été un véritable ami, un guide précieux. Aujourd’hui, je ressens une profonde tristesse en vous perdant.
Je pense également à ceux qui vous ont accompagné. À votre famille, à vos proches, à tous ceux qui ont partagé des moments précieux.
A tous vos compagnons de route depuis la première élection jusqu’à aujourd’hui.
Avec la pudeur qui vous définissait si bien, ils se reconnaitront tous. Ils ont été témoins de votre dévotion sans faille, de votre amour inconditionnel pour Marseille.
Monsieur le Maire, vous resterez à jamais dans nos mémoires comme un homme qui a œuvré pour le développement de notre ville. Vous avez su insuffler une nouvelle dynamique à Marseille.
C’est aussi vous, Marseille capitale européenne, celle de la culture en 2013. De cette épopée, il reste pour nous, vos administrés et les générations futures le souvenir d’une étape fondamentale dans le rayonnement de notre ville.
Monsieur le Maire, vous avez voué toute votre vie à la République. Tour à tour conseiller Général, Président de Région, Député, Sénateur, Vice-Président du Sénat et enfin Ministre.
La République est aujourd’hui reconnaissante pour l’un de ses plus beaux destins.
En tant que ministre de la Ville, de 1995 à 1997, vous avez œuvré pour l’amélioration des conditions de vie dans les quartiers défavorisés, portant haut les valeurs de solidarité et de justice sociale. Quelle fierté et quel honneur de m’inscrire dans vos pas aujourd’hui.
L’étroite relation entre votre carrière nationale et votre attachement à Marseille témoigne de votre volonté inébranlable de faire rayonner notre ville à travers toute la France. Vous avez su défendre avec ardeur nos intérêts et notre identité.
Aujourd’hui, nous saluons un ami d’exception, un maire visionnaire, un homme qui a su incarner l’âme et le cœur de Marseille.
Votre héritage perdurera et continuera d’inspirer les générations futures. Nous vous sommes infiniment reconnaissants pour tout ce que vous avez fait pour Marseille, pour votre constant dévouement envers notre communauté.
Vous avez su raconter et écrire l’histoire de Marseille comme personne. Comme personne, vous êtes dorénavant une figure majeure de son histoire.
Et votre présence, Monsieur le Maire, résonnera à jamais dans cette ville à laquelle vous ressemblez autant qu’elle vous ressemble.
Adessias Monsieur le Maire.