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MARSEILLE : Les Nouvelles Rencontres d’Averroès, tabl…

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MARSEILLE : Les Nouvelles Rencontres d’Averroès, table ronde « Prendre langue, traduire »

« Prendre langue, se parler », oui, mais comment ?

À une époque où la langue se crispe et où l’espace public se tend, où les mots se délitent et se vident de leur sens, il est urgent d’en réaffirmer la puissance démocratique et citoyenne. Cette année, les Nouvelles Rencontres d’Averroès se penchent sur l’importance de la parole et du dialogue.

Découvrez les invités de cette édition – chercheurs, penseurs, auteurs et artistes – à travers la richesse et l’histoire du plurilinguisme méditerranéen. Quatre jours de débats, de rencontres et de spectacles, à réserver dès à présent !

TABLE RONDE #3 – PRENDRE LANGUE, TRADUIRE

Dimanche 23 novembre – 10h | La Criée

Animée par Chloé Leprince (France Culture)

Considérant que les langues sont dépositaires d’histoires, de cultures et d’identités, l’Unesco s’alarme régulièrement de la disparition de certaines d’entre elles à travers le monde. Si les langues ne sont pas de simples outils de communication, que nous dit la traduction ? Celle-ci nous parle de relation qui, bien sûr, peut être asymétrique. Le sociologue Abram de Swaan a décrit ce « marché linguistique » qui distingue les langues périphériques des langues centrales, jusqu’à la langue « hypercentrale ».

Cette hiérarchisation est aussi celle de visions du monde portées ou imposées au fil de l’histoire des empires, des conquêtes, des guerres territoriales ou culturelles. La traduction peut être domination, et donc également résistance. Sans ignorer cette réalité, peut-on envisager avec le philosophe Souleymane Bachir Diagne que « la tâche du traducteur, de son éthique et de sa poétique est de créer de la réciprocité, de la rencontre dans une humanité commune » ? Car il s’agit bien d’un travail de lien et de friction avec les marges, les interprétations et les frontières.

Le trait d’union du singulier et de l’universel. Alors que le mythe de la tour de Babel a fait de la diversité linguistique un châtiment, le pluriel des langues est aujourd’hui un trésor à préserver. Que perdons-nous à ne plus avoir besoin de comprendre une langue pour la traduire ? Les langues peuventelles se parler à travers l’intelligence artificielle ? Contre le repli et la fragmentation, les Nouvelles Rencontres d’Averroès célèbrent la traduction comme relation.

Avec

Barbara Cassin Philologue et philosophe, elle est membre de l’Académie française et médaille d’or du CNRS. Spécialiste de la Grèce ancienne, elle travaille sur ce que peuvent les mots. Elle a notamment dirigé le Vocabulaire européen des philosophies. Le dictionnaire des intraduisibles (Seuil/Le Robert, 2004), traduit en une dizaine de langues. À Marseille, elle a été commissaire de l’exposition Après Babel, traduire (Mucem, 2016-2017). Elle prépare un Dictionnaire des intraduisibles des trois monothéismes. — Dernier ouvrage paru : La Guerre des mots. Trump, Poutine et l’Europe, Flammarion, octobre 2025.

Cécile Canut  Sociolinguiste, elle enseigne et développe une recherche sur les pratiques langagières appréhendées comme constitutivement hétérogènes au sein du Centre de recherche sur les liens sociaux (CERLIS) de l’Université Paris Cité, auquel elle est rattachée. Elle a orienté ses recherches sur les imaginaires linguistiques en Afrique (Mali), sur la mise en scène des migrations (au Cap-Vert) puis sur les pratiques de discrimination vis-à-vis des Roms (Bulgarie). Elle est également réalisatrice de films documentaires et lauréate de l’Institut universitaire de France 2022. — Derniers ouvrages parus : Provincialiser la langue. Langage et colonialisme, Éditions Amsterdam, 2021 ; Langue, Anamosa, 2021.

Richard Jacquemond Traducteur, il est aussi professeur émérite de langue et littérature arabes modernes (Aix-Marseille Université) et ancien directeur de l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (CNRS/Aix-Marseille Université). Ses recherches portent sur l’histoire et la sociologie des littératures arabes modernes, en particulier celles d’Égypte, et sur les échanges traductionnels entre l’arabe et les langues européennes. Il a traduit plus de vingt ouvrages de l’arabe, parmi lesquels Sonallah Ibrahim et Iman Mersal. — Derniers livres traduits : Iman Mersal, Comment réparer. La maternité et ses fantômes, Zoème, 2025 ; Iman Mersal, Sur les traces d’Enayat Zayyat, Actes Sud, 2021.

 Entrée libre, réservation conseillée.

SOURCE : Les Nouvelles Rencontres d’Averroès 2025.