MARSEILLE : Le tourisme est un acteur géopolitique majeur
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MARSEILLE : Le tourisme est un acteur géopolitique majeur
Lors de la présentation du plan d’action du Comité Régional de Tourisme (CRT) à Marseille, François de Canson a rappelé qu’une seule certitude demeure avec le tourisme qui est devenu un acteur géopolitique majeur.
La France vit dans un monde où les certitudes s’effacent, où les équilibres se recomposent, où les modèles économiques, sociaux et politiques sont bousculés par la vitesse des crises, par la transformation technologique, par le retour de la puissance, et par la montée des instabilités.
« En effet, le tourisme reste une valeur sûre parce qu’il stimule les échanges et les connaissances entre les peuples qui sont des facteurs de paix, parce qu’il irrigue nos territoires. Parce qu’il influence nos mobilités. Parce qu’il façonne nos images. Parce qu’il conditionne notre attractivité. Parce qu’il participe, tout simplement, à la place d’un pays — et d’une région — dans le monde. Ici, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, nous l’avons compris avant beaucoup d’autres », a lancé, avec pertinence, François de Canson.
LE TOURISME, POUVOIR D’INFLUENCE.
Car le tourisme n’est plus seulement un secteur économique : c’est un pouvoir d’influence, un outil de souveraineté, un élément de stabilité dans un monde instable.
Le président du CRT a ajouté : « Le tourisme n’est plus, depuis longtemps, une simple activité économique. Il est devenu un révélateur de la place d’un territoire dans la compétition mondiale.
Dans un monde fracturé par les crises géopolitiques, la reconfiguration des mobilités, les tensions sur les énergies et les nouvelles frontières technologiques, le tourisme est un indicateur avancé de puissance et de résilience. Et dans cette bataille silencieuse, notre région n’a pas seulement tenu son rang, elle l’a renforcé.
Depuis quelques années, le tourisme a muté et l’imprévisible est devenu la règle. Ainsi, les routes aériennes se sont déplacées, les clientèles se sont recomposées, les marchés émergents se sont affirmés et les continents ont redessiner leurs ambitions. Et pourtant, dans ce monde instable, la région Sud région a démontré une solidité exceptionnelle.
Avec plus de 36 millions de séjours, 237 millions de nuitées, 21 milliards d’€ de consommation touristique et une croissance hôtelière qui représente 60 % de la progression française, le modèle n’a pas seulement résisté, il s’est imposé.
« Pendant que 9 régions françaises perdaient des nuitées, nous avancions. Et nous sommes les premiers. Cette réussite, nous la devons à un principe simple : nous ne subissons pas le monde, nous essayons de le comprendre ensemble. La géopolitique du tourisme n’est pas un concept abstrait. C’est un fait objectif.
Quand la Banque mondiale, l’ONU Tourisme, l’Union européenne et les grands cabinets annoncent que les classes moyennes asiatiques sud américaines et africaines doubleront dans les vingt prochaines années, ce n’est pas une statistique, c’est une redistribution globale de la demande. Quand ils prédisent que les grandes destinations historiques, dont la France fait partie, verront leur part de marché passer de 30 à 20 %, ce n’est pas une fatalité : c’est un avertissement. Le gâteau mondial sera plus grand mais les prétendants seront plus nombreux. Rien ne garantit que les leaders d’hier seront encore les leaders de demain. Tout nous rappelle qu’il n’y a plus de rente, moins d’automatisme, moins d’évidence ».
Et dans cette bataille mondiale, la région Sud s’est dotée d’une vision claire qui est de développer une économie touristique durable. C’est pourquoi, la Région ne veut pas accueillir plus, mais accueillir mieux, comme a insisté le vice-président de la Région : « Nous voulons des clientèles choisies, pertinentes, respectueuses, équilibrées, un tourisme qui crée de la valeur et qui porte des valeurs, une attractivité maîtrisée, durable, assumée, un modèle où la qualité d’accueil, la protection de nos paysages, l’équilibre des saisons et la fierté des habitants sont des piliers, pas des options ».
LE CRT, ACTEUR DE L’IA
« Aujourd’hui, le défi climatique transforme la mobilité mondiale car 70 % des émissions touristiques viennent des transports. Nous n’avons plus le droit d’attendre. La mobilité décarbonée, l’intermodalité, le ferroviaire, l’itinérance douce, l’accueil électrique dans nos ports, la filière vélo. Et, la Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur pour laquelle 522 millions vont être investis pour désenclaver le Briançonnais. Ce ne sont pas des caprices ou des gadgets. Ce sont les fondations du tourisme du futur ».
Enfin, le défi technologique qui change tout. L’intelligence artificielle bouleverse la manière dont les voyageurs découvrent une destination, dont ils comparent, choisissent, réservent, se déplacent, évaluent. L’IA n’est plus un outil de communication. Elle est en train de devenir la matrice qui organise l’ensemble du parcours touristique. La région qui maîtrisera l’IA maîtrisera aussi ses flux.
« Nous vivons une rupture civilisationnelle. Qui en reste spectateur en restant sur ses acquis, se condamne à être invisible.
Face à cette mutation majeure, nous avons fait un choix : être en avance. Investir dans les données, dans les nouveaux récits, dans les contenus augmentés, dans les solutions conversationnelles, dans la personnalisation de l’expérience. Le CRT ne sera pas un spectateur de l’intelligence artificielle, il en sera un acteur stratégique », promet François de Canson.
Photo CRT.


