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MARSEILLE : François de Canson : « Le tourisme est un acteu…

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MARSEILLE : François de Canson : « Le tourisme est un acteur géopolitique majeur »

Présentation du plan d’action du CRT à Nice le 19 novembre et à Marseille le 20 novembre.

L’intervention de François de Canson, président du Comité Régional de Tourisme (CRT):

Nous vivons dans un monde où les certitudes s’effacent, où les équilibres se recomposent, où les modèles économiques, sociaux et politiques sont bousculés par la vitesse des crises, par la transformation technologique, par le retour de la puissance, et par la montée des instabilités.

Dans ce tumulte, une vérité demeure : le tourisme est devenu un acteur géopolitique majeur.

Parce qu’il stimule les échanges et les connaissances entre les peuples qui sont des facteurs de paix,

Parce qu’il irrigue nos territoires.

Parce qu’il influence nos mobilités.

Parce qu’il façonne nos images.

Parce qu’il conditionne notre attractivité.

Parce qu’il participe, tout simplement, à la place d’un pays — et d’une région — dans le monde.

Ici, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, nous l’avons compris avant beaucoup d’autres.

Car le tourisme n’est plus seulement un secteur économique : c’est un pouvoir d’influence, un outil de souveraineté, un élément de stabilité dans un monde instable.

Si nous sommes réunis aujourd’hui, c’est parce qu’un territoire comme le nôtre n’a jamais eu autant besoin de lucidité, d’unité et de vision.

Le tourisme n’est plus, depuis longtemps, une simple activité économique ; il est devenu un révélateur de la place d’un territoire dans la compétition mondiale.

Dans un monde fracturé par les crises géopolitiques, la reconfiguration des mobilités, les tensions sur les énergies et les nouvelles frontières technologiques, le tourisme est un indicateur avancé de puissance et de résilience.

Et dans cette bataille silencieuse, notre Région, Provence-Alpes-Côte d’Azur, n’a pas seulement tenu son rang : elle l’a renforcé.

Nous avons traversé des années où l’imprévisible était devenu la règle.

Nous avons vu :

–      les routes aériennes se déplacer,

–      les clientèles se recomposer,

–      les marchés émergents s’affirmer,

–      les continents redessiner leurs ambitions.

Et pourtant, dans ce monde instable, notre région a démontré une solidité exceptionnelle.

Avec plus de 36 millions de séjours, 237 millions de nuitées, 21 milliards d’euros de consommation touristique et une croissance hôtelière qui représente, à elle seule, 60 % de la progression française, nous pouvons affirmer sans trembler que notre modèle n’a pas seulement résisté : il s’est imposé.

Pendant que 9 régions françaises perdaient des nuitées… nous avancions… Et nous sommes les premiers.

Cette réussite, nous la devons à un principe simple : nous ne subissons pas le monde, nous essayons de le comprendre ensemble.

La géopolitique du tourisme n’est pas un concept abstrait ; c’est un fait objectif.

Quand la Banque mondiale, l’ONU Tourisme, l’Union européenne et les grands cabinets annoncent que les classes moyennes asiatiques sud américaines et africaines doubleront dans les vingt prochaines années, ce n’est pas une statistique : c’est une redistribution globale de la demande.

Quand ils prédisent que les grandes destinations historiques, dont la France fait partie, verront leur part de marché passer de 30 à 20 %, ce n’est pas une fatalité : c’est un avertissement.

Le gâteau mondial sera plus grand OUI, mais les prétendants seront plus nombreux.

Rien ne garantit que les leaders d’hier seront encore les leaders de demain.

Tout nous rappelle qu’il n’y a plus de rente, moins d’automatisme, moins d’évidence.

Cela signifie une chose simple :

nous ne gagnerons pas par défaut — nous gagnerons par excellence.

nous ne gagnerons pas par quantité — mais par qualité.

nous ne gagnerons pas par hasard — mais par stratégie.

Et dans cette bataille mondiale, avec le président Muselier, la Région Sud s’est dotée d’une vision claire : développer une économie touristique durable, qui préserve notre écrin, élève notre qualité d’accueil et sert nos habitants.

Voilà pourquoi notre région doit être extrêmement ferme sur son ambition : nous ne voulons pas accueillir toujours plus, nous voulons accueillir mieux.

Nous voulons des clientèles choisies, pertinentes, respectueuses, équilibrées.

Nous voulons un tourisme qui crée de la valeur et qui porte des valeurs.

Nous voulons une attractivité maîtrisée, durable, assumée.

Nous voulons un modèle où la qualité d’accueil, la protection de nos paysages, l’équilibre des saisons et la fierté des habitants sont des piliers, pas des options.

Et cela suppose de regarder l’avenir avec franchise.

Le défi climatique, qui transforme la mobilité mondiale ;

70 % des émissions touristiques viennent des transports.

Nous n’avons plus le droit d’attendre.

La mobilité décarbonée, l’intermodalité, le ferroviaire, l’itinérance douce, l’accueil électrique dans nos ports, la filière vélo…

Je pense notamment à la Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur ou aux 522 Millions qui vont être investis pour désenclaver le Briançonnais.

Ce ne sont pas des caprices ou des gadgets.

Ce sont les fondations du tourisme du futur.

Le défi de l’emploi, avec près de 100 millions de nouveaux travailleurs du tourisme dans le monde d’ici 2035 selon l’étude Skyscanner;

Le défi de l’acceptabilité, qui conditionne la cohésion de nos territoires ;

Le tourisme doit être un bien commun, pas un sujet de tension.

Nous avons à démontrer à nos habitants ce que le tourisme leur apporte réellement : leurs spectacles gratuits, leurs plages surveillées, leurs villages embellis, leur sécurité renforcée, leurs services préservés.

Parce que si nos habitants ne croient plus au tourisme, alors ce n’est plus un modèle.

C’est une erreur.

Le défi technologique, surtout, qui change tout.

L’intelligence artificielle bouleverse la manière dont les voyageurs découvrent une destination, dont ils comparent, choisissent, réservent, se déplacent, évaluent.

L’IA n’est plus un outil de communication : elle est en train de devenir la matrice qui organise l’ensemble du parcours touristique.

La région qui maîtrisera l’IA maîtrisera aussi ses flux.

Nous vivons une rupture civilisationnelle.

Qui en reste spectateur en restant sur ses acquis, se condamne à être invisible.

Face à cette mutation majeure, nous avons fait un choix : être en avance.

Investir dans les données, dans le re ciblage, dans les nouveaux récits, dans les contenus augmentés, dans les solutions conversationnelles, dans la personnalisation de l’expérience.

Le CRT ne sera pas un spectateur de l’intelligence artificielle : il en sera un acteur stratégique.

Et au moment où nous regardons l’avenir, un événement surpasse tous les autres : les Jeux Olympiques et Paralympiques d’Hiver 2030.

Les Jeux ne sont pas un rendez-vous sportif.

Nous ne faisons pas les Jeux pour briller deux semaines à la télévision.

N’oublions pas la place de nos Alpes du Sud dans l’économie régionale !

Nos massifs ce sont  :

  • 2 milliards d’euros de retombées économiques directes

  • 4,5 millions de séjours

  • 27 millions de nuitées

Et surtout… des touristes fidèles à 91 %.
Nous essayer, c’est nous adopter !

Nos visiteurs sont à 82 % Français, et à 18% internationaux.

Cette réalité nous laisse une large marge de progression pour développer les clientèles internationales, essentielles pour lisser les fréquentations au-delà des pics liés aux zones de vacances scolaires françaises.

C’est l’un des grands axes de notre stratégie.

Oui, nous accueillons ces jeux pour préparer la montagne de demain.

Ils sont déjà un accélérateur unique de transformation, d’image, d’investissement.

Ils vont remodeler nos mobilités alpines, créer des logements pérennes, former nos professionnels, renforcer le MICE, diversifier l’économie de nos montagnes, révéler nos Alpes du Sud de Nice à la Grave au monde entier, et leur proximité immédiate avec notre Côte d’Azur et notre Provence.

Ils vont amener chez nous ce que toutes les régions recherchent : un héritage.

Pas une retombée éphémère. Pas un souvenir. Un héritage. Un avant et un après.

C’est toute la différence entre des Jeux de passage… et des Jeux d’ancrage.

Les Jeux de 2030 sont un projet d’héritage structurant, concret, durable.

Ainsi s’opère leur mission :

  • Rallier le long terme à l’instant.

  • Faire du patrimoine non une charge, mais un levier d’avenir.

  • S’ancrer dans le réel – transports, services, attractivité – pour bâtir des territoires durables et équitables.

Paris nous a rappelé une vérité fondamentale :

Ce n’est pas le gigantisme qui fait la réussite d’un événement.

C’est le sens qu’on lui donne.

C’est la trace qu’il laisse.

C’est la fierté qu’il suscite, longtemps après la dernière épreuve.

Et il faut le dire clairement :

Il y aura toujours des voix pour critiquer.

Pour caricaturer.

Pour dire que ce n’est jamais le moment, jamais la priorité, jamais le bon endroit.

Il y aura toujours ceux qui préfèrent l’inaction confortable au risque maîtrisé.

Ceux qui confondent prudence et renoncement.

Mais nous n’avons jamais construit une région attractive, dynamique et fière en écoutant les ronchons.

Nous l’avons fait en écoutant ceux qui s’engagent.

Ceux qui travaillent.

Ceux qui croient au collectif.

Faut-il rappeler ici l’extraordinaire réussite pour notre région des derniers événements sportifs mondiaux ?

2023, coupe du monde de Rugby : plus de 400 millions de retombées économiques.

2024 : Jeux olympiques et paralympiques que Renaud Muselier est allé chercher à Lima : plus de 200 millions de retombées économiques et l’extraordinaire passage du Tour de France (plus de 80 millions de retombées économiques).

Je n’oublie pas que nous sortons du grand succès de l’UNOC à Nice, où la France a reçu les Nations unies, 150 États, les plus hautes autorités européennes, scientifiques, diplomatiques et politiques, pour parler de l’avenir des océans et du climat.

Et ce sommet mondial, organisé sans accroc, avec sobriété, avec excellence, avec méthode, prouve une chose à ceux qui doutaient encore : Nice est prête, nos Régions sont prêtes, la France est prête.

Prête à accueillir, prête à organiser, prête à assumer son rôle.

Prête à montrer au monde qu’il est possible d’allier ambition et transition, souveraineté et coopération, exigence et humilité.

Ce que nous avons réussi pour les océans et les événements sportifs internationaux, nous le réussirons pour les montagnes.

Et ce que nous avons démontré à Nice, nous le prouverons à Briançon, et dans toute notre région ! à la Clusaz, à la Plagne…

Quelle région du monde aura reçu les Jeux Olympiques et Paralympiques d’été et les Jeux d’hiver en moins de 10 ans ?

Une seule : la Région Sud, Provence Alpes Côte d’Azur.

Les Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver 2030 ne sont pas une récompense, pas plus qu’un trophée ou qu’une décoration.

C’est un choix stratégique. Un acte politique. Une réponse à un moment de bascule.

Dans un monde instable, dans une France parfois désorientée, nous avons fait le pari de la clarté.

–         Le pari de l’unité par le sport.

–         Le pari de la transition par l’innovation.

–         Le pari de la fierté nationale par l’enracinement territorial.

C’est dans ce contexte, dans cette lecture du monde, que nous présentons aujourd’hui notre Plan d’Actions 2026.

Un plan construit non pas comme un catalogue, mais comme une réponse stratégique à un monde qui bascule.

Un plan qui s’appuie sur vos forces, vos ambitions, vos réussites.

Un plan qui s’adresse à ceux qui créent, qui investissent, qui accueillent, qui portent notre région.

Un plan qui s’inscrit dans une vision : celle d’une Provence-Alpes-Côte d’Azur qui assume son rang, qui comprend les forces profondes du monde, qui protège son trésor naturel, qui valorise ses professionnels, qui anticipe les ruptures technologiques, et qui transforme les Jeux 2030 en levier de souveraineté touristique.

A ce titre 2 grands évènements vont vous mobiliser dans les 3 mois à venir :

–         La présentation de la stratégie d’héritage et de la mobilisation des acteurs économiques autour des marchés à venir du COJOP et de la SOLIDEO, la méthode pour y répondre

–         La présentation du futur label Terres de jeux, repensé pour nos territoires

Ce plan n’est pas un inventaire.
C’est une stratégie.
Une boussole.
Une ligne politique claire.

Il vise à :

  • Stimuler la demande, en choisissant nos marchés, en maîtrisant nos images, en investissant dans les bons récits ;

  • Élever l’offre, en accompagnant les professionnels, en modernisant, en structurant, en qualifiant ;

  • Répartir les flux, en valorisant les saisons, les itinérances, les territoires moins connus ;

  • Inciter les mobilités propres, en créant les outils, les produits, les partenariats ;

  • Préparer l’horizon olympique, en fédérant, en formant, en anticipant.

Ce plan, c’est une première réponse aux défis du monde.

Le monde change vite. Très vite.

Mais nous avons ce que beaucoup n’ont pas : un territoire puissant, une stratégie claire, un collectif soudé, une perspective olympique, et une capacité unique à faire naître du sens, de la beauté, du désir.

Le tourisme est devenu une affaire de puissance.

Et notre région, plus que jamais, a décidé d’être puissante.

Soyez fiers de votre travail et comptez sur nous.

François de Canson, président du CRT.