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MARSEILLE : « Forme et état d’esprit des dirigeants de TP…

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MARSEILLE : « Forme et état d’esprit des dirigeants de TPE, PME et ETI » – Mars 2024

Baromètre Fondation MMA des Entrepreneurs du Futur.

Les dirigeants de PACA se distinguent par une meilleure santé physique et psychologique.

3% confient être ou avoir été touchés par une maladie longue

Au printemps 2024, la Fondation d’entreprise MMA des Entrepreneurs du Futur et Bpifrance Le Lab ont interrogé les dirigeants de TPE/PME et ETI de la région PACA sur leur forme physique et psychologique. Avec 53 % des décideurs en très bonne forme physique, cette région affiche les meilleurs indicateurs concernant la santé globale des dirigeants. Pour autant, ce bilan positif ne doit pas faire oublier des signaux préoccupants concernant notamment les troubles et douleurs ou le renoncement aux soins.
La Fondation et Bpifrance Le Lab, en partenariat avec CAIRE 13 (Cancer Aide Info Réseau Entrepreneurs 13), interrogent les dirigeants sur le thème souvent impensé de la maladie longue. Basée à Marseille, l’association informe et accompagne gratuitement les chefs d’entreprises atteints de cancer ou d’une maladie chronique évolutive dans leur parcours professionnel.

Sylvie Bonello, Déléguée générale de la Fondation MMA Entrepreneurs du Futur : « Depuis bientôt 10 ans, la Fondation des Entrepreneurs du Futur interroge les femmes et les hommes dirigeants d’entreprises sur leur perception de leur état de santé et comment ils s’approprient la gestion de leur santé. Bonne nouvelle, 91 % de nos sondés de région PACA se disent aujourd’hui en bonne forme physique et leur forme psychologique atteint 81 %. Des taux qui ne doivent pas faire oublier les défis du quotidien de nos dirigeants : l’équilibre vie pro/perso reste un vrai challenge et il reste encore difficile pour nos décideurs d’instaurer un suivi régulier chez leur médecin. Cette année, nous interrogeons pour la première fois les décideurs sur leur appréhension de la maladie longue : comment ils la vivent et comment ils l’anticipent, pour eux-mêmes comme pour leur entreprise ». 

« L’Association CAIRE 13 a vu le jour en 2014 sous l’impulsion du GIMS (Service de Santé au Travail) et de son Directeur – Didier Blancquaert – avec le soutien financier de la Fondation GIMS. Face à la maladie, elle accompagne gratuitement les dirigeant(e)s patrimoniaux dans leurs démarches administratives, juridiques et sociales tout en favorisant le maintien et le retour à l’emploi. Cela fait donc, aujourd’hui, 10 ans que nous œuvrons sur le terrain grâce à notre réseau de professionnel(le)s totalement bénévoles. En 2023, CAIRE13 a accompagné 194 personnes (dont 180 nouvelles demandes). 45 % des personnes sont des hommes et 55 % sont des femmes. L’âge moyen des personnes accompagnées en 2023 est de 49 ans. La force de caractère et le dynamisme sont deux traits de caractère que l’on peut qualifier d’innés chez les travailleurs indépendants. Ces deux qualités qui les poussent à créer leur propre entreprise et les aident à la faire prospérer peut parfois se retourner contre eux quand il s’agit de leur propre santé qu’ils ont tendance à considérer avec un optimisme exagéré, ce qui les amène à ne pas ou peu anticiper une potentielle maladie tant sur la partie prévoyance que sur la partie organisationnelle de leur activité. Les solutions envisageables, lorsque la situation se présente, s’en trouvent ainsi souvent malheureusement réduites ». Chantal Morvan, Présidente de CAIRE 13.

Les dirigeants de PACA affichent une meilleure santé psychologique et physique que leurs homologues des autres régions.
Les dirigeants de PACA sont plus en forme que leurs voisins ? 81 % indiquent une bonne forme psychologique et 36 % d’entre eux indiquent même une “très bonne” forme psychologique. Des pourcentages bien au-dessus de la moyenne nationale. Sur tout le territoire métropolitain, les dirigeants sont 76 % à indiquer une bonne santé mentale et 28 % une très bonne santé mentale.
En PACA, la santé physique des chefs d’entreprise n’est pas en reste : ils sont 91 % à affirmer être en bonne santé.
Ils sont 53 % à se dire en “très bonne santé”, pourcentage le plus élevé, toutes régions confondues.
Cependant, des troubles et des douleurs subsistent. La moitié des dirigeants de PACA souffrent du dos.
Signe d’une forme de rapport paradoxal à leur santé physique, les décideurs de PACA – affichant pourtant une très bonne forme physique – sont nombreux à faire part de leurs maux : 67 % déclarent ressentir des troubles et douleurs contre une moyenne nationale de 71 %.
Outre le mal de dos, évoqué par 50 % des sondés, les troubles du sommeil arrivent en 2e position et touchent 39 % des dirigeants (pour une moyenne nationale de 36 %). Les douleurs articulaires viennent compléter le trio de tête, atteignant 36 % des dirigeants.
Au quotidien, des dirigeants actifs et attentifs à leur hygiène de vie pour se prémunir contre la maladie…
Les dirigeants PACA sont soucieux de conserver leur bonne santé : 85 % ont pris des dispositions pour prévenir l’apparition de maladie grave.
60 % déclarent notamment avoir repris une activité physique, 4 points au-dessus de la moyenne nationale de 54 %. Les décideurs sont 56 % à avoir changé leur alimentation pour qu’elle soit plus saine (contre 48 % de la moyenne nationale).
37 % déclarent avoir diminué leur consommation d’alcool (moyenne nationale de 30 %).
Concernant leur équilibre personnel, les dirigeants de PACA sont encore 37 % à rencontrer des difficultés pour concilier vie professionnelle et vie personnelle (un chiffre égal à la moyenne nationale).
Un renoncement aux soins légèrement en recul par rapport à la moyenne nationale. La maladie longue reste souvent un sujet impensé.
Les dirigeants de PACA semblent accorder davantage de temps à leur suivi médical. 29 % affirment faire des checkups réguliers préventifs à divers niveaux (santé général, dents, vision…) contre une moyenne de 27 % des dirigeants.
Seulement 8 % indiquent ne jamais se rendre chez le médecin alors que la moyenne nationale atteint les 10 %.
Ces indicateurs positifs ne doivent pas faire oublier une réalité préoccupante : 63 % des dirigeants de PACA déclarent se rendre chez le médecin uniquement lorsqu’ils rencontrent des problèmes de santé.
Ces données peuvent être mises en relation avec un rapport à la maladie longue parfois impensé : 63 % des chefs d’entreprise de PACA ne craignent pas d’être un jour atteint d’une maladie longue, chiffre conforme à la moyenne nationale.
Les dirigeants de l’étude qui n’ont jamais été touchés par la maladie longue, privilégient largement la prévention santé aux actions de prévoyance.
S’ils sont 85 % à avoir instauré des pratiques de prévention santé au quotidien (sport, hygiène de vie, etc.), ils sont ‘seulement’ 46 % à avoir pris des dispositions de prévoyance pour être couvert, accompagné dans le cas de la survenue d’une maladie grave et invalidante. 20 % des décideurs interrogés ont réfléchi à un ‘plan d’action’ (personne de confiance identifiée, réflexion sur l’aménagement de l’organisation).
A noter enfin qu’ils sont 54 % à estimer qu’ils envisageraient de se faire remplacer partiellement ou totalement si un grave problème de santé devait arriver.

FOCUS – LES DIRIGEANTS FACE À LA MALADIE

Au national, 4% des dirigeants interrogés sont ou ont été touchés par une maladie longue, évoquant en majorité le cancer. Pour la région PACA, il s’agit de 3 % des répondants.

Regards croisés de dirigeants face à la maladie

Soucieux de partager leur vécu et leurs combats, des dirigeantes et dirigeants livrent leur témoignage.
Lorsqu’on « ne rentre pas dans les cases » : un casse-tête administratif

Christine Patoux Gavaudan, psychologue du travail et chargée de mission Caire 13 : « Le sentiment de ne pas rentrer dans les cases est subjectif mais correspond à un vécu difficile. En parallèle du parcours de soin et dans un état de santé physique et mentale dégradé, les démarches administratives pour maintenir l’entreprise et les revenus se révèlent particulièrement lourdes pour les dirigeants. S’ajoutent à cela des complexités administratives, des interlocuteurs multiples ou encore la non attribution de certaines aides sur lesquelles ils pensaient pouvoir s’appuyer ».

« Vous passez un temps infini à essayer de comprendre ce qu’on veut de vous, à poser des questions, se documenter, refaire des dossiers, des photocopies… ».
« Tout le monde me donnait des réponses toutes prêtes qui ne correspondaient pas à mon cas. Sur certains dossiers, ça ne fonctionnait pas parce que j’étais en création, ou à cause de nos revenus, ou autre chose ».

Faire face à l’annonce du diagnostic

« C’est comme se prendre un 33 tonnes ».
« J’ai toujours été très active, je continuais de tout mener de front, de me maquiller, de maintenir l’apparence, et peut-être à cause de ça, on ne me prenait pas au sérieux. Pendant 2 ans et demi, on m’a dit que c’était psychosomatique, que j’avais une dépression, alors que j’avais un cancer ORL ».

Poursuivre ou cesser son activité : une décision difficile

« Je dois faire des recherches sur mon traitement à la place des médecins, sinon je ne m’en sortirais pas, et alors que j’ai tous les effets secondaires de la chimio, je passe des heures au téléphone pour les dossiers d’aide. Je suis obligée d’arrêter ».
« Je suis passée en société pour pouvoir sous-traiter et payer des charges, et passer plus de temps en prospection ».

Continuer à travailler avec la maladie

« Il fallait changer les plannings de toute façon, pour faire rentrer la chirurgie et la chimio ».
« [Mes salariés] se sont satisfaits d’avoir été un peu plus responsabilisés, d’avoir géré les affaires courantes, mais j’ai été assez déçu, et conscient des limites à ce moment-là ».
« La solidarité dont les clients ont fait preuve ne m’offrait qu’un droit à l’erreur très relatif ».
« Mon conjoint m’aidait, mais il ne comprenait pas. Il me fallait 2 heures pour rédiger un paragraphe ».
Et après
« Quand j’étais en chimio, je n’avais plus besoin de faire les activités les plus physiques au garage, comme le pointage des pièces ou le grand ménage du vendredi, mais maintenant c’est comme avant ».
« [Suite à ma maladie], on a décidé de proposer un collectif d’agence pour pouvoir travailler d’une manière plus fluide, moins stressante et quand il y en a un qui est malade, en vacances ou quoi que ce soit, on peut récupérer le projet et le travail ».

Les enseignements nationaux

Le cancer est la première maladie citée par les dirigeants (35%), suivie des maladies chroniques telles que le diabète, les MICI et la sclérose en plaque (25%) et des maladies cardio-vasculaires (13%).
La maladie longue concerne davantage les plus de 65 ans (12%) et les dirigeants d’entreprises de 1 à 5 salariés (5%).
Alors que la maladie reste un sujet tabou pour une majorité des actifs (51% des actifs pensent encore qu’il est difficile de révéler son cancer, selon le Baromètre Cancer@Work 2021), les chefs d’entreprise sont 87 % à avoir choisi d’en parler dans leur entourage professionnel.
Interrogés sur le lien entre leurs problèmes de santé et leur activité, 44 % des dirigeants confient avoir craint pour l’avenir de leur entreprise. 1 décideur sur 5 (21 %) a même constaté une baisse de son chiffre d’affaires et la perte de clients. A noter que les dirigeants possédant des entreprises de plus grandes tailles – de 6 à 49 salariés – sont moins inquiets face à la maladie : 75 % déclarent qu’ils n’ont pas craint pour l’avenir de l’entreprise.
Concernant leur quotidien au travail, 29 % des chefs d’entreprises ont réorganisé leurs activités, quand 22 % indiquent avoir été contraints de mettre en pause voire de stopper leurs activités. Confrontés à la maladie, les dirigeants restent combatifs et attachés à leur fonction. Ils sont 84% à déclarer n’avoir pas revu leur fonction de dirigeants suite à leur situation de santé.

Méthodologie

Etude réalisée par Occurrence pour la Fondation MMA des Entrepreneurs du Futur et Bpifrance le Lab auprès d’un échantillon de 1 500 chefs d’entreprises, directeurs, gérants de TPE, PME et ETI (1 à 4 999 salariés) et membres de CODIR/COMEX d’ETI. L’échantillon a été interrogé du 14 février au 26 mars 2024 par téléphone. La représentativité de l’échantillon est assurée sur la base de quotas représentatifs des entreprises de 1+ salariés en termes de secteur, taille, dispersion géographique.

A propos de la Fondation d’entreprise MMA des Entrepreneurs du Futur

La Fondation d’entreprise MMA des Entrepreneurs du Futur est un Do Tank qui a pour ambition de soutenir et encourager les initiatives, l’innovation et la capacité des entrepreneurs et des territoires à tirer parti des grandes mutations et disruptions en cours. La Fondation MMA a pour champ de réflexion et d’action la personne de l’entrepreneur, sa forme physique et mentale et les interactions nourricières que cette personne entretient avec son entreprise et son territoire. Elle se veut moteur des dynamiques entrepreneuriales engagées et responsables dans les territoires.

A propos de CAIRE 13

CAIRE 13 est une association unique en France, reconnue d’intérêt général, créée pour informer et accompagner gratuitement les chefs d’entreprises (commerçants, artisans, professions libérales, agriculteurs…) atteints de cancer ou d’une maladie chronique évolutive dans leur parcours professionnel. L’association développe des actions concrètes pour favoriser le maintien et le retour en activité des bénéficiaires. CAIRE 13 a constitué un réseau solidaire de bénévoles composé de professionnels issus de divers métiers (experts comptables, chefs d’entreprise, notaires, avocats, assureurs…), afin d’aider ses bénéficiaires dans leurs démarches administratives, juridiques et sociales ainsi que dans leurs évolutions professionnelles.