MARSEILLE : Élections 2026 – Les associations de quar…
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MARSEILLE : Élections 2026 – Les associations de quartier créent un syndicat pour peser sur le scrutin
À l’approche des municipales, les associations des quartiers populaires de Marseille s’unissent en un syndicat pour exiger reconnaissance et moyens pérennes.
À quelques semaines du début de la campagne pour les élections municipales et métropolitaines de mars 2026, le paysage associatif marseillais entre en ébullition. Le réseau Forces Vives, qui fédère de nombreuses associations de proximité dans les quartiers populaires, a annoncé la création du Syndicat des Associations de Proximité (SAP). Cette nouvelle structure vise à défendre les droits de ces acteurs de terrain, souvent en première ligne mais rarement reconnus, et à lutter contre le clientélisme.
L’assemblée générale constitutive du syndicat se tiendra le samedi 14 février à Massalia Vox, dans le 1er arrondissement de Marseille. Une conférence de presse est prévue à 11h30 pour présenter officiellement les objectifs et la stratégie de cette initiative inédite.
Un constat de rupture et un sentiment de mépris
À l’origine de cette démarche, un constat partagé par de nombreuses structures : celui d’un abandon par les pouvoirs publics. Dans des quartiers où les services institutionnels sont parfois défaillants, ces associations assurent des missions essentielles et bénévoles, allant du soutien scolaire à l’aide alimentaire, en passant par la médiation sociale et l’accès aux droits. Malgré ce rôle crucial de cohésion sociale, elles affirment ne recevoir que « les miettes » des financements publics et rencontrer d’immenses difficultés pour obtenir des locaux décents.
Ce sentiment de dévalorisation est au cœur de leur mobilisation. « Nous refusons le terme condescendant d’associations de bas d’immeuble. Nous sommes des acteurs de l’intérêt général et les piliers de la démocratie de proximité », déclare le comité d’initiative du SAP dans son communiqué. Le syndicat est ainsi pensé comme un outil pour passer de la simple sollicitation à l’exigence de droits effectifs.
La Charte de la citoyenneté associative comme outil politique
Pour matérialiser ses revendications, le SAP a élaboré une « Charte de reconnaissance de la citoyenneté associative ». Ce document, dont le texte intégral est consultable en ligne (https://link.infini.fr/charte-asso), sera proposé à la signature de tous les candidats aux prochaines élections. Il ne s’agit plus de demander des aides ponctuelles, mais d’obtenir des engagements politiques fermes. La charte repose sur trois piliers fondamentaux :
* Le droit à des locaux permanents et dignes : Le syndicat exige la priorité d’affectation des locaux vacants (municipaux, métropolitains ou appartenant aux bailleurs sociaux) et la création d’un véritable parc de locaux associatifs de proximité, accessibles via des conventions pluriannuelles et des loyers symboliques.
* Le droit à des financements structurels et stables : Pour sortir de la précarité des appels à projets annuels, le SAP réclame la mise en place de conventions pluriannuelles d’objectifs et de moyens, d’une durée de 3 à 5 ans. Celles-ci garantiraient un « socle associatif de proximité » pour couvrir a minima un emploi et les frais de fonctionnement de base.
* Le droit à une participation réelle à la vie démocratique : Les associations demandent à être intégrées comme partenaires permanents dans l’élaboration et le suivi des politiques publiques qui les concernent, notamment les projets d’urbanisme, les contrats de ville ou les dispositifs métropolitains.
Un avertissement clair aux futurs élus
Le Syndicat des Associations de Proximité entend utiliser cette charte comme un véritable levier politique. Il a d’ores et déjà annoncé qu’il rendrait publique la liste des candidats qui auront signé le document, ainsi que celle des non-signataires. Plus encore, un suivi rigoureux du respect des engagements sera effectué tout au long du mandat 2026-2032.
Avec son slogan « En 2026, viens on le fait nous ! », le mouvement affiche sa détermination à devenir un contre-pouvoir local incontournable. L’initiative du réseau Forces Vives, dont les informations sont disponibles sur son site (https://www.forcesvivesmarseille.org), pourrait durablement redéfinir les rapports entre le monde associatif et les institutions politiques à Marseille.
via Press Agence.