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MARSEILLE : Économie régionale – Une reprise en févri…

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MARSEILLE : Économie régionale – Une reprise en février freinée par l’incertitude géopolitique

Selon la Banque de France, l’activité en Provence-Alpes-Côte d’Azur a progressé en février mais les perspectives sont assombries par le conflit au Moyen-Orient.

L’économie en Provence-Alpes-Côte d’Azur se trouve dans une position d’expectative, selon la dernière enquête de conjoncture de la Banque de France pour le mois de février 2026. Si les indicateurs d’activité montrent une progression, notamment dans l’industrie, le déclenchement d’un conflit au Moyen-Orient le 28 février a brutalement rebattu les cartes, instillant une forte dose de prudence chez les dirigeants d’entreprise pour les semaines à venir. L’enquête, menée du 25 février au 4 mars, capture ce point de bascule entre un optimisme mesuré et une nouvelle ère d’incertitude.

Un rebond industriel contrasté

Le secteur industriel régional affiche une performance supérieure à la moyenne nationale. La production a nettement progressé en février, effaçant le recul observé en janvier. Cette dynamique est principalement portée par les filières technologiques, notamment la fabrication d’équipements électriques, électroniques et informatiques, stimulée par une demande internationale robuste, en particulier américaine. Le secteur agroalimentaire a également connu un pic d’activité, soutenu par les fêtes du Ramadan et du Nouvel An chinois.

Cependant, ce tableau positif présente des nuances importantes. La fabrication de matériels de transport, après plusieurs mois de croissance soutenue, marque une pause et se stabilise, bien que ses carnets de commandes restent très étoffés grâce aux marchés de la défense et privés, offrant une visibilité à long terme. À l’inverse, les « autres industries manufacturières » continuent de se replier légèrement. Malgré cette reprise globale, le taux d’utilisation des capacités de production demeure inférieur à sa moyenne de long terme, et les carnets de commandes peinent à se remplir dans la plupart des segments, ce qui explique une stabilité générale des effectifs.

Services et Bâtiment : des dynamiques hétérogènes

Dans les services marchands, la tendance reste positive. Le secteur est tiré par le dynamisme de l’ingénierie et du transport. Fait notable, le secteur de l’hébergement enregistre une légère baisse d’activité, et ce malgré la période de vacances scolaires. Les trésoreries des entreprises de services se sont légèrement contractées, dans un contexte de prix globalement stables. La stabilité des effectifs dans ce secteur masque une double réalité : des difficultés persistantes de recrutement dans certains métiers et un renouvellement important du personnel dans d’autres.

Le secteur du bâtiment connaît quant à lui un rebond notable, principalement grâce au second œuvre. Les entreprises spécialisées dans les finitions ont vu leur activité s’accélérer. En revanche, le gros œuvre reste peu dynamique, pénalisé par des conditions météorologiques qui ont freiné les chantiers en extérieur et par l’attentisme lié à l’approche des élections municipales. Les carnets de commandes demeurent faiblement garnis et une forte pression sur les prix de vente persiste.

Un horizon assombri par le contexte international

Alors que les perspectives pour mars s’annonçaient bien orientées, le conflit au Moyen-Orient a radicalement changé la donne. Les chefs d’entreprise interrogés après le 28 février expriment une prudence marquée. La crainte d’une forte hausse du prix du pétrole et de nouvelles perturbations sur les chaînes d’approvisionnement pèse désormais lourdement sur les prévisions. Cette incertitude est partagée par l’ensemble des secteurs.

Au niveau national, la Banque de France maintient une prévision de croissance du PIB entre 0,2 % et 0,3 % pour le premier trimestre, mais souligne qu’elle est soumise à un « aléa baissier » significatif. L’impact du contexte géopolitique sur les prix de l’énergie et la logistique mondiale pourrait en effet peser sur l’activité en fin de trimestre, plaçant l’économie régionale, comme nationale, dans une phase délicate d’attente.

La publication complète est disponible sur le site de la Banque de France.