MARSEILLE : Crise au Moyen-Orient – Le Conseil mondia…
Partager :
MARSEILLE : Crise au Moyen-Orient – Le Conseil mondial de l’eau condamne le ciblage des infrastructures hydrauliques
Face à des attaques visant des installations d’eau potable au Moyen-Orient, le Conseil mondial de l’eau rappelle les obligations du droit international.
Dans un communiqué publié ce lundi 9 mars depuis son siège à Marseille, le Conseil mondial de l’eau a exprimé sa « profonde préoccupation » suite à des informations faisant état d’attaques ciblées contre des infrastructures hydrauliques civiles au Moyen-Orient. Selon l’organisation, des rapports concordants indiquent que des installations de production d’eau potable ont été délibérément visées au cours des dernières heures dans plusieurs pays de la région, menaçant directement la survie des populations locales.
Cette prise de position ferme intervient dans un contexte de tensions géopolitiques accrues, où les ressources essentielles deviennent des enjeux stratégiques et, parfois, des armes de guerre. En s’appuyant sur les fondements du droit humanitaire, l’organisation internationale entend alerter la communauté mondiale et les parties belligérantes sur la gravité de tels actes.
Un rappel au droit international humanitaire
Le Conseil mondial de l’eau ancre sa condamnation dans le cadre juridique le plus strict, rappelant que la protection des infrastructures civiles n’est pas une option mais une obligation. Il cite explicitement les Conventions de Genève et leurs Protocoles additionnels, qui constituent le socle du droit régissant les conflits armés.
L’article 54 du Protocole additionnel I de 1977 est sans équivoque à ce sujet : « Il est interdit d’attaquer, de détruire, d’enlever ou de mettre hors d’usage des biens indispensables à la survie de la population civile, tels que les denrées alimentaires et les zones agricoles qui les produisent, les récoltes, le bétail, les installations et réserves d’eau potable et les ouvrages d’irrigation […] ».
En invoquant ce texte, le Conseil rappelle que le ciblage d’installations d’eau et d’assainissement peut être constitutif d’un crime de guerre, conformément à la jurisprudence des cours pénales internationales.
L’eau, un bien « indispensable à la survie »
Au-delà de l’aspect légal, l’organisation souligne la dimension humaine et vitale de cette ressource. La destruction d’une station de pompage, d’une usine de traitement ou d’un réservoir a des conséquences immédiates et dévastatrices pour des centaines de milliers, voire des millions de personnes. Elle entraîne non seulement un risque de déshydratation, mais ouvre également la voie à la propagation rapide de maladies hydriques comme le choléra ou la typhoïde, en particulier dans des zones où les systèmes de santé sont déjà affaiblis par le conflit.
Le communiqué insiste sur ce point en qualifiant l’accès à l’eau potable et à un assainissement adéquat de « droit humain essentiel à la vie et à la dignité humaine ». Priver une population d’eau, c’est la condamner à la maladie, à l’exode et à une dégradation intolérable de ses conditions d’existence.
Un appel solennel aux belligérants
Face à cette situation critique, le Conseil mondial de l’eau lance un appel formel à toutes les parties impliquées dans les conflits en cours. Il leur demande de « respecter pleinement les obligations issues du droit international » et de « garantir la protection des infrastructures liées à l’eau et à l’assainissement indispensables à la survie des populations ».
Cet appel vise à sanctuariser ces installations vitales, en les plaçant en dehors du champ des opérations militaires. L’organisation exhorte les commandements militaires et les responsables politiques à intégrer cette obligation dans leurs règles d’engagement et à veiller à ce que les civils ne soient pas les victimes indirectes de stratégies visant à paralyser l’adversaire en détruisant les ressources de base.