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MARSEILLE : Corinne INNESTI : « Ce renoncement laisse nos commerces dans une situation absurde »
La CPME 13 dénonce le recul du gouvernement sur le travail le 1er mai, une décision qui maintient les commerçants dans l’insécurité juridique.
La décision du gouvernement de renoncer à faire évoluer la loi sur le travail le 1er mai a provoqué l’incompréhension et la colère de la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises des Bouches-du-Rhône (CPME 13).
L’organisation patronale dénonce un « manque de pragmatisme déconnecté de la réalité des entreprises », alors même qu’un sondage OpinionWay indique que 74 % des Français sont favorables à l’ouverture des commerces de proximité ce jour-là, sur la base du volontariat et avec une rémunération doublée.
Un recul gouvernemental jugé « absurde »
Pour la CPME 13, ce renoncement prolonge une insécurité à la fois juridique et économique pour les très petites entreprises (TPE) du département. Corinne Innesti, présidente de la fédération locale, ne cache pas son désarroi face à une situation qu’elle juge incohérente.
« Ce renoncement laisse nos commerces de proximité dans une situation absurde. Comment expliquer qu’une chaîne de restauration rapide puisse ouvrir ses portes quand le boulanger ou le fleuriste voisin risque de lourdes sanctions s’il souhaite répondre à ses clients ? Nos artisans ne demandent pas un privilège, mais un cadre sécurisé pour permettre à leurs salariés volontaires de travailler et de bénéficier d’une rémunération doublée », a-t-elle déclaré.
Le témoignage d’une commerçante : « une déconnexion totale du monde économique »
Ce sentiment est partagé sur le terrain, comme en témoigne Nicole Richard-Verspieren, vice-présidente en charge des commerces à la CPME 13 et commerçante sur la rue de Rome à Marseille. Elle met en lumière l’impact concret de cette décision pour des professions comme la sienne.
« On nous a fait attendre onze mois pour finalement nous annoncer que le sujet est repoussé à 2027 ! Pour un fleuriste, le 1er mai est la journée du muguet, l’une des plus importantes de l’année. Imaginer qu’un artisan puisse gérer seul un tel flux de clients, sans le renfort de ses collaborateurs, payés double… est une déconnexion totale du monde économique. C’est oublier aussi que la valeur travail contribue au pouvoir d’achat dont tout le monde s’accorde à dire qu’il est en chute libre surtout au vu du contexte énergétique actuel. C’est oublier enfin qu’il s’agit de volonté et non d’obligation de travailler, la liberté de choix en quelque sorte. Quant aux contrôles, espérons que les inspecteurs auront l’accréditation pour passer outre l’interdiction de travailler ! », explique-t-elle.
Une position partagée au niveau national
L’incompréhension marseillaise est un écho de la position de la CPME au niveau national. Dans un communiqué daté du 15 avril, la confédération a exprimé son regret, estimant que « en cédant à la pression des organisations syndicales, le gouvernement a choisi de tourner le dos à une majorité de Français, d’artisans, de commerçants et de travailleurs ».
La réunion tenue la veille au ministère du Travail est décrite comme une simple « réunion d’information destinée à nous mettre devant le fait accompli », et non une véritable concertation.
« Je partage la déception et la colère de milliers d’artisans et de commerçants qui ne comprennent pas pourquoi un texte de bon sens et soutenu par une majorité de Français a été bloqué », a affirmé Amir Reza-Tofighi, président national de la CPME.
La CPME demande un examen rapide de la loi
Face à ce blocage, la CPME demande désormais un calendrier clair et un engagement ferme du gouvernement pour qu’une loi soit adoptée avant la fin de la session parlementaire ordinaire.
Tout en s’opposant à une renégociation globale des accords de branche, l’organisation se dit prête, dans un esprit de compromis, à « considérer la possibilité de réduire le périmètre du texte » afin de rétablir un minimum de logique pour les professions les plus concernées.
La confédération réaffirme sa détermination à poursuivre son combat « pour la liberté de travailler, la défense de la valeur travail et celle du pouvoir d’achat ».
L’ensemble des communiqués de l’organisation est disponible sur son site internet (www.cpme.fr).
via Press Agence.

