MARSEILLE : Alessia Zecchini exhorte la France à protéger l…
Partager :

MARSEILLE : Alessia Zecchini exhorte la France à protéger le Golfe du Lion
Alessia Zecchini plonge pour sensibiliser à la protection du Golfe du Lion.
Alessia Zecchini, championne du monde de plongée libre, a réalisé une plongée en apnée au large de Marseille pour exhorter la France à protéger pleinement la zone de restriction de pêche du Golfe du Lion. Cette action symbolique, organisée par l’ONG MedReAct, vise à sensibiliser l’opinion publique à l’approche de la conférence des Nations unies sur les océans à Nice (UNOC, 9 au 13 juin), où les pays du monde entier discuteront de l’avenir de l’océan.
Une plongée symbolique pour la protection marine
Vêtue d’une combinaison portant le message « PROTECT-ENFORCE-RESTORE » sous le drapeau français, Alessia Zecchini a plongé à 40 mètres de profondeur dans l’archipel du Frioul, au large de Marseille. Cette zone est la seule zone de restriction de pêche établie par la Commission générale des pêches pour la Méditerranée (CGPM), où le chalutage de fond est encore autorisé dans la grande majorité de la zone protégée.
Un appel à l’action
Alessia Zecchini, championne du monde de plongée libre, a déclaré : « En tant qu’apnéiste professionnelle, la mer est toute ma vie ; mais aujourd’hui, lorsque je plonge en Méditerranée, je vois un paysage en cours de désertification. Je plonge depuis ma plus tendre enfance et quelque vingt ans plus tard, je suis témoin de l’aggravation de la crise qui frappe la Méditerranée ».
Elle a ajouté : « Le golfe du Lion est l’une des zones de la Méditerranée où l’épuisement de certains stocks de poissons, comme le merlu, est le plus flagrant. La surexploitation des ressources halieutiques a également des répercussions sur les écosystèmes et les espèces marines vulnérables, ce qui aggrave les effets du changement climatique ».
Des mesures urgentes pour la Méditerranée
Alessia Zecchini a conclu : « Pourtant, la Méditerranée conserve un potentiel de reconstitution ; pour cela il faut que des mesures de conservation immédiates et efficaces soient mises en place. Nous devons agir maintenant pour garantir la résilience de la Méditerranée et l’avenir des communautés côtières qui dépendent de ses ressources ».
Une zone de restriction de pêche inefficace
Établie en 2008, la zone de restriction de pêche du Golfe du Lion était censée protéger les écosystèmes fragiles des grands fonds et les aires de reproduction des espèces commerciales. Cependant, plus de 15 ans plus tard, le chalutage de fond est toujours autorisé six mois par an, en totale contradiction avec l’avis scientifique de la CGPM en 2008 qui préconisait une interdiction permanente.
Des engagements non tenus
Malgré l’engagement pris par le président Macron en 2021 de protéger strictement 5 % des eaux méditerranéennes françaises d’ici 2027, les progrès ont été minimes. La zone de restriction de pêche du Golfe du Lion reste un exemple flagrant de l’incapacité de la France à mettre en œuvre ses propres engagements en Méditerranée.
Un exemple de succès dans l’Adriatique
En revanche, la zone de restriction des pêches de la fosse de Jabuka/Pomo dans l’Adriatique, où le chalutage a été interdit en 2017, a vu la biomasse des poissons plus que doubler en quelques années seulement. Cela prouve qu’une protection totale fonctionne et peut restaurer des zones de pêche fortement surexploitées.
Un appel à la France
Domitilla Senni, directrice générale de MedReAct, a déclaré : « La France ne peut pas être un leader crédible de la protection des océans au niveau mondial si elle n’est pas capable de protéger ses propres eaux. Avec cette plongée symbolique, nous voulons tirer le signal d’alarme sur la crise qui frappe la Méditerranée et demander à la France d’agir dès maintenant pour protéger pleinement la zone de restriction de pêche du Golfe du Lion et d’avancer rapidement pour atteindre son objectif de protection totale de 5 % en 2027 ».

