MARSEILLE : 3 questions à Clément ROSSI, Délégué Général du…
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MARSEILLE : 3 questions à Clément ROSSI, Délégué Général du Campus Cyber Euromed
Le Campus Cyber Euromed, véritable lieu-totem de la cybersécurité et de l’intelligence économique, ouvre ses portes au coeur de la métropole Aix-Marseille-Provence, s’inscrivant pleinement dans la dynamique nationale initiée en 2021 par le Président de la République avec la création du Campus Cyber au niveau national.
Avec l’augmentation des cyberattaques touchant aussi bien les TPME que les grandes institutions, la cybersécurité est devenue un enjeu majeur pour l’économie continentale. La directive européenne NIS 2 impose de nouvelles obligations aux entreprises pour renforcer leur résilience face aux menaces numériques. Dans ce contexte, le Campus Cyber Euromed se positionne comme un acteur clé pour accompagner les entreprises et collectivités du territoire à s’adapter aux nouvelles exigences.
Un acteur au service de la transformation numérique du territoire
Le Campus Cyber vise à faire de la France “une grande nation cyber” et à faire rayonner plus largement l’écosystème numérique en développant les coopérations entre l’ensemble des acteurs (Etat, entreprises, industriels, organisations professionnelles, instituts de recherche, startups, etc.) autour de 4 piliers : Opérations, Innovation, Formation et Mobilisation. Initié par la Région Sud et soutenu par des partenaires locaux majeurs tels que CMA CGM, FDJ, CEPAC, Aéroport Marseille-Provence et Unitel Cloud Services, l’objectif du Campus Cyber Euromed est de renforcer la sécurité numérique à l’échelle régionale tout en créant des synergies entre les secteurs public et privé.
Le président du Campus, Olivier Darrason, souligne l’importance stratégique de cette initiative : « Marseille, en tant que 5e hub numérique mondial et porte d’entrée vers la Méditerranée, est le lieu idéal pour accueillir un campus dédié à la cybersécurité. Ce projet offre à notre région une opportunité unique de s’imposer comme un acteur clé de la confiance numérique. »
3 QUESTIONS À CLÉMENT ROSSI, DÉLÉGUÉ GÉNÉRAL, CAMPUS CYBER EUROMED
Marseille dispose donc désormais de son Campus Cyber, appelé Campus Cyber Euromed. Pourquoi cette dénomination ?
Pour réussir, tout Campus Cyber se doit d’être au plus près de son territoire, d’en comprendre les enjeux, aussi bien économiques, industriels, sociaux, politiques voire même culturels. Le positionnement géographique de Marseille, la structure de son économie et les défis auxquels elle doit faire face font très naturellement du Campus Cyber Euromed un Campus un peu différent des autres Campus Cyber. La métropole Aix-Marseille-Provence, c’est tout à la fois 90 % du trafic internet international via l’arrivée de 18 câbles sous-marins, le 5ème hub européen pour l’hébergement de données, 115 000 entreprises parmi lesquels 90% de TPE et des leaders mondiaux présents sur 5 continents, 50% de PIB réalisé dans l’industrie, 50 000 emplois dans le numérique, un port de commerce majeur de la Méditerranée et un point de transit entre Afrique, Europe et Moyen-Orient. Nous avons donc souhaité pouvoir ancrer le Campus Cyber dans cette réalité, en particulier cette ouverture vers la méditerranée et l’international, et renforcer encore davantage cette position centrale en ce qui concerne la cybersécurité en attirant des entreprises et des talents.
Quelle sera l’action du Campus Cyber Euromed pour aider à la cybersécurité ?
Deux enjeux en matière de cybersécurité sont au cœur de l’actualité et de notre action. Le premier enjeu auquel nous répondons est l’urgence opérationnelle : faire en sorte que les organisations soient mieux protégées. Il faut donc convaincre les dirigeants, orienter et accompagner ces organisations vers des solutions adaptées et les compétences présentes localement. Une réglementation européenne, nommée NIS 2, va entrer en vigueur très prochainement. Globalement, pour toute entreprise de plus de 10 millions d’euros de CA ou de plus de 50 salariés, la cybersécurité ne sera plus un choix mais une obligation. C’est un vrai changement d’échelle et c’est le deuxième enjeu auquel nous répondons : mutualiser les ressources et les expertises. De nombreux travaux ont déjà été menés par le Campus Cyber au niveau national, et les autres Campus territoriaux avec qui nous échangeons très régulièrement, certains de ces représentants sont d’ailleurs présents pour notre inauguration. La force de réseau réside aussi dans les retours d’expérience et les expérimentations qui ont déjà été faites, avec pour certaines un déploiement à l’échelle nationale comme la réalisation de diagnostic cybersécurité pour PME par exemple, que nous allons nous aussi porter et réaliser.
Certaines thématiques spécifiques seront-elles traitées ?
Compte-tenu de notre écosystème et de notre territoire, certains secteurs auront en effet une place prépondérante. Je pense en particulier naturellement aux secteurs maritimes ou de la santé, et aux enjeux de la cybersécurité industrielle. Pour le secteur maritime, des initiatives existent déjà en cybersécurité mais le Campus peut jouer un rôle de fédérateur, de catalyseur et d’accélérateur au profit des acteurs de la filière avec la mise en place de programmes ou projets communs. Par exemple, les ressources mêlant expertise “métier” maritime et compétence cyber sont très rares, voire inexistantes. Le Campus Cyber peut être un élément de réponse.
Dans la santé, un secteur critique très vulnérable au risque cyber et identifié comme filière d’avenir au niveau régional, des investissements particulièrement importants ont été réalisés mais de nombreuses structures doivent encore être accompagnées. Sur l’industrie, décarbonation et transformation numérique vont de pair. La cybersécurité devient donc un enjeu critique et une condition sine qua non. Ces quelques exemples illustrent parfaitement notre volonté : mettre la cybersécurité au service de la transformation numérique des métiers et en faire un élément de performance. Nous avons en outre une réelle ambition pour accompagner la création de “champions” de la cybersécurité sur notre territoire. A l’heure actuelle, seules deux sociétés régionales sont des éditeurs de solutions pure-players du domaine (MailinBlack à Marseille, et EGERIE à Toulon) connus et reconnus comme tel au niveau national et international. C’est trop peu si l’on compare à des territoires équivalents. Nous avons donc un important travail à réaliser pour favoriser l’émergence de technologies de cybersécurité issues de notre territoire, spécialisées par exemple sur des besoins spécifiques liés à certains d’activités comme l’industrie, le maritime ou les objets connectés, et les aider à se développer. Nous aurons au sein du Campus Cyber toutes les cartes. C’est le principe de l’économie circulaire adapté à la cybersécurité : faire en sorte que les investissements de cybersécurité des utilisateurs favorisent avant tout la filière et les acteurs locaux.


