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MAROUA : Midjiyawa BAKARY : « Ce programme apporte des solu…

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MAROUA : Midjiyawa BAKARY : « Ce programme apporte des solutions concrètes au chômage »

À Maroua (Cameroun), un projet de 89 milliards FCFA cible l’emploi des jeunes via un financement axé sur les résultats inédit en Afrique centrale.

Le gouvernement camerounais et le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) ont franchi une étape décisive pour l’avenir économique de la région de l’Extrême-Nord. Le vendredi 20 février 2026, les deux parties ont officiellement lancé à Maroua le programme CAP2E (« Bâtir les capacités et les compétences pour l’employabilité et l’entrepreneuriat »). Ce vaste chantier, doté d’une enveloppe de 89,2 milliards de francs CFA, entend répondre aux défis structurels d’une zone marquée par une forte pression démographique et des enjeux climatiques majeurs.

L’initiative cible prioritairement la création d’emplois durables et l’inclusion sociale à travers trois leviers : la formation professionnelle, le soutien au tissu économique local et la modernisation des infrastructures sociales. Midjiyawa Bakary, le gouverneur de la région, a insisté sur l’urgence de cette intervention face à la réalité du terrain. « Ce programme vise à apporter des solutions concrètes à un certain nombre de défis majeurs : un chômage élevé des jeunes, une inadéquation entre la formation et les besoins du marché, une fragilité socio-économique persistante, des infrastructures insuffisantes et une forte vulnérabilité aux effets du changement climatique », a déclaré Midjiyawa Bakary, gouverneur de la région de l’Extrême-Nord.

Une refonte complète de l’offre de formation

Le volet éducatif du CAP2E s’annonce particulièrement ambitieux. Il prévoit la construction et l’équipement de 22 centres de formation technique, technologique et professionnelle. L’objectif est double : améliorer les conditions d’apprentissage pour les 30 000 jeunes déjà inscrits et augmenter la capacité d’accueil de 20 %, soit 6 000 apprenants supplémentaires. Le programme met un point d’honneur à favoriser l’inclusion, avec un quota de 40 % de filles parmi les nouveaux effectifs.

Au-delà des murs, c’est le contenu même des enseignements qui sera révisé pour coller aux besoins réels du secteur privé. À l’horizon 2029, les promoteurs du projet visent un taux d’insertion professionnelle de 80 % pour les diplômés. Parallèlement, le programme soutiendra la construction de dix infrastructures marchandes, comme des marchés et des centres de services, et accompagnera 1 400 petites et moyennes entreprises (PME) via des appuis financiers et techniques. La dimension sociale n’est pas oubliée, avec la réhabilitation prévue de 15 hôpitaux, dix écoles et quatre centres de santé.

Un mécanisme financier révolutionnaire en Afrique centrale

La singularité du CAP2E réside également dans son ingénierie financière. Pour la première fois au Cameroun et en Afrique centrale, la Banque africaine de développement déploie le mécanisme de « Financement axé sur les résultats » (FAR). Contrairement aux prêts classiques, ce dispositif conditionne le décaissement des fonds à l’atteinte d’objectifs vérifiés sur le terrain.

Mouhamed Gueye, représentant de la BAD, a détaillé cette approche novatrice qui s’étendra sur cinq ans, de 2025 à 2030. « Le Financement axé sur les résultats repose sur un partenariat renforcé entre la Banque et le gouvernement, fondé sur la performance et les résultats vérifiables. Il améliore l’efficience des dépenses publiques en liant l’endettement aux réalisations effectives, tout en favorisant la coordination multi-bailleurs autour d’un cadre commun de résultats », a souligné Mouhamed Gueye, chef de Division du capital humain à la BAD.

Un levier de résilience face aux crises

Ce programme intervient dans une région qui a souffert ces dernières années d’instabilité sécuritaire et de chocs climatiques. Le coordonnateur du Programme spécial de reconstruction et de développement de la région de l’Extrême-Nord (PSRDREN), structure chargée de l’exécution, voit dans le CAP2E bien plus qu’une simple injection de liquidités.

« Le programme […] n’est pas simplement un programme de financement. C’est un levier de transformation, un instrument de résilience et une opportunité historique pour notre région. Sa réussite dépendra de notre capacité collective à travailler en synergie, à respecter nos engagements et à placer les résultats au cœur de notre action », a conclu Alhadji Magra Massaou, coordonnateur du PSRDREN.

Le lancement du 20 février fait suite à un atelier préparatoire tenu plus tôt dans la semaine à Maroua, ayant permis de mobiliser les parties prenantes et de visiter les futurs sites bénéficiaires. À terme, le projet ambitionne la création de 5 000 emplois directs, dont une majorité pour les jeunes et une part significative d’emplois verts, alignés sur les impératifs écologiques du 21ème siècle.

Le Groupe de la Banque africaine de développement (https://www.afdb.org/fr) confirme ainsi son engagement pour le développement du capital humain au Cameroun.