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LYON : Santé au travail – L’INRS dresse le portrait-robot des victimes de malaises mortels
L’INRS dévoile à Lyon une nouvelle étude sur les malaises mortels, qui représentent près de 60 % des accidents du travail fatals.
Le constat est alarmant et place la prévention au cœur des urgences en matière de santé au travail. Alors que se tient à Lyon le 38ème Congrès national de médecine et de santé au travail, l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) a présenté une nouvelle étude pour mieux cerner le phénomène des « malaises mortels ». Ces derniers, définis comme des décès survenant au travail sans cause externe identifiable (chute, traumatisme…), constituent la part la plus importante des accidents du travail mortels.
Sur les quelque 760 décès accidentels reconnus en 2024 par l’Assurance maladie – Risques professionnels, près de 60 % entrent dans cette catégorie. La nouvelle analyse de l’INRS, portant sur la période de septembre 2023 à février 2025, vient confirmer les tendances d’une précédente étude et affine la connaissance des profils, des contextes et, surtout, des leviers de prévention.
Un profil type de la victime se dégage
L’étude dresse un portrait-robot précis des salariés les plus touchés. Dans 88 % des cas, les victimes de malaises mortels sont des hommes, avec un âge médian de 53 ans. Certaines professions sont surexposées : les conducteurs de poids lourds représentent à eux seuls 15 % des cas, suivis par les cadres et directeurs (8 %), puis les agents d’entretien et les métiers qualifiés du bâtiment (3 % chacun).
Plusieurs facteurs de risques professionnels ont été identifiés dans les récits d’accidents : l’effort physique lié à la manutention, les horaires atypiques comme le travail de nuit ou posté, ainsi que l’exposition à des ambiances thermiques extrêmes (froid ou fortes chaleurs). La situation de travailleur isolé est également un facteur aggravant.
« Dans 83 % des cas, l’activité du travailleur est décrite comme habituelle et 73 % des victimes étaient seules lorsque le malaise est arrivé, sans pour autant être des travailleurs isolés à proprement parler », précise le Dr Anne Bourdieu à l’INRS, co-autrice de l’étude.
L’analyse médicale des cas suggère une cause prédominante.
« Au vu des descriptions des accidents survenus, dans plus de 8 cas sur 10, les malaises mortels correspondent à des morts subites cardiaques, dont le mécanisme principal est l’infarctus du myocarde », ajoute-t-elle.
Trois axes de prévention prioritaires
Face à ce constat, l’étude de l’INRS met en avant trois pistes d’actions concrètes pour les entreprises. La première consiste à agir directement sur les facteurs de risques cardiovasculaires professionnels identifiés, qu’il s’agisse des contraintes physiques, des risques psychosociaux ou de l’impact des horaires décalés.
La deuxième piste concerne l’organisation et la rapidité des secours, un maillon essentiel pour augmenter les chances de survie.
« Il est nécessaire de former davantage de sauveteurs secouristes du travail en entreprise et, plus globalement, de sensibiliser les salariés aux gestes de premiers secours pour savoir comment réagir, qui alerter, comment effectuer un massage cardiaque, utiliser un défibrillateur automatisé externe… car cela augmente considérablement les chances de survie », souligne le Dr Anne Bourdieu.
Enfin, l’étude insiste sur le rôle crucial du suivi médical individualisé. La visite de mi-carrière, effectuée par les services de prévention et de santé au travail (SPST), apparaît comme un moment clé.
« Elle semble un moment stratégique pour évaluer le risque cardiovasculaire du salarié, avec la réalisation d’un électrocardiogramme par exemple, et pour l’informer des symptômes qui doivent l’alerter. Dans de nombreux récits d’accidents, les victimes ont en effet présenté des signes, dans les heures ou jours précédant le malaise, comme une douleur à la poitrine, mais qu’ils ont malheureusement ignorés », conclut le Dr Anne Bourdieu.
À propos de l’INRS
L’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) est une association loi 1901, créée en 1947 sous l’égide de la Cnam, et administrée par un Conseil paritaire composé d’employeurs et de salariés.
L’action de l’INRS s’articule autour de quatre missions complémentaires : études et recherche, assistance, formation et information. L’Institut met à profit ses ressources pluridisciplinaires pour diffuser une culture de prévention dans les entreprises et proposer des outils adaptés à la diversité des risques. L’INRS compte aujourd’hui 550 collaborateurs et est financé par la branche Accidents du travail / Risques professionnels de la Sécurité sociale.
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).


