Passer au contenu principal

LYON : Immobilier responsable – La foncière ETIC prou…

Partager :

LYON : Immobilier responsable – La foncière ETIC prouve la rentabilité du modèle solidaire

Quinze ans après sa création, la foncière ETIC démontre qu’il est possible de concilier performance économique, impact social et sobriété écologique.

C’était un pari audacieux lancé en 2010 : faire de l’immobilier, souvent perçu comme un frein financier et technique, un véritable levier de transformation sociétale. Seize années plus tard, dont quinze passées à affiner un modèle unique, la société ETIC – Foncièrement Responsable a prouvé la viabilité de sa vision. Dans un secteur secoué par les crises successives, cette foncière à l’ADN coopératif affiche un bilan de santé insolent, appuyé par une croissance constante de son patrimoine et de son impact.

Cécile Galoselva, fondatrice et présidente, revient sur la genèse de ce projet : « J’ai voulu démontrer que l’immobilier pouvait être un levier d’émancipation et non un frein. Quinze ans après, nous avons prouvé qu’on pouvait concilier rentabilité, utilité sociale et transition écologique ». Aujourd’hui, ETIC gère dix tiers-lieux responsables à travers la France, représentant 25 000 m² d’espaces dédiés au bien commun.

Une performance économique à contre-courant.

Alors que le marché de l’immobilier tertiaire traverse une zone de turbulences marquée par la hausse des taux et la vacance locative, ETIC consolide ses positions. Son patrimoine immobilier a bondi, passant de 21 millions d’euros en 2023 à 64 millions d’euros. Cette solidité financière repose sur un modèle vertueux : des loyers fixés au plus près des coûts pour les occupants, financés par une épargne citoyenne à lucrativité limitée.

La structure a su attirer 222 actionnaires solidaires et compte désormais une trentaine de salariés répartis entre Lyon, Paris et Castres. En maîtrisant ses charges, la société s’est orientée vers un résultat positif pérenne, démontrant que la spéculation n’est pas une condition sine qua non de la survie immobilière.

L’excellence environnementale récompensée.

La singularité d’ETIC réside dans sa capacité à réduire drastiquement l’empreinte carbone de ses bâtiments. Les tiers-lieux gérés par la foncière émettent en moyenne six fois moins de CO₂ que la moyenne nationale. Ce résultat est le fruit de choix techniques radicaux : réemploi de matériaux, isolants recyclés comme à « La Loco » à Lille, ou encore installation de toilettes sans eau au sein du projet « Wikivillage ».

Cette exigence a été largement saluée l’an passé. En 2025, la foncière a raflé quatre distinctions majeures, dont le Grand Prix de la Durabilité et les Lauriers de la Régénération pour son site « Le Château » à Nanterre. L’ADEME a également décerné un « Coup de cœur » pour la sobriété foncière et immobilière de l’entreprise, validant une approche où la performance énergétique ne se fait pas au détriment de l’usage.

Un catalyseur d’emploi et de lien social.

Au-delà des murs, c’est l’écosystème abrité qui fait la force du modèle. Les espaces ETIC accueillent aujourd’hui 176 organisations, allant des associations aux entreprises à impact, en passant par des structures de l’économie sociale et solidaire (ESS). Cet hébergement « digne et éthique » a permis la création ou le maintien de plus de 1 600 emplois directs et indirects depuis le lancement de la foncière.

Ces lieux sont conçus pour favoriser les synergies. « En franchissant la porte d’un lieu ETIC, on ressent tout de suite l’énergie des synergies qui se créent. Ici, les rencontres deviennent des projets concrets », souligne Cécile Galoselva.

Vers une propriété partagée.

Loin de se reposer sur ses lauriers, l’entreprise regarde vers l’avenir avec l’ambition de transférer la propriété de certains sites à leurs occupants, poussant la logique coopérative jusqu’au bout. Liuli Dinh, Directrice Générale Adjointe, insiste sur cet ancrage : « Nous avons la conviction que l’avenir se construit à l’échelle locale, dans des espaces où l’on se rencontre, où l’on partage, où l’on agit ». Une philosophie qui continue de faire école, prouvant que l’immobilier peut définitivement changer la donne.