LONDRES : Sinan HILL : « J’y amène Marseille, ses contraste…
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LONDRES : Sinan HILL : « J’y amène Marseille, ses contrastes et ses voix »
Le créateur marseillais Sinan Hill a présenté sa marque SAYF à la Fashion Week de Londres, y dévoilant sa mode multiculturelle.
La Fashion Week de Londres, reconnue mondialement comme un laboratoire d’avant-garde et un tremplin pour les créateurs qui bousculent les codes, a braqué ses projecteurs sur la scène marseillaise ce dimanche 22 février. Dans ce berceau de la mode qui a vu s’imposer des figures majeures telles qu’Alexander McQueen, Vivienne Westwood, John Galliano ou encore Stella McCartney, le designer Sinan Hill a fait une entrée remarquée. Pour sa toute première participation, le fondateur de la marque SAYF a dévoilé une collection audacieuse, véritable manifeste pour une mode métissée et ouverte sur le monde, exportant la diversité phocéenne au cœur de la capitale britannique.
De 250 euros à la consécration londonienne
Le parcours de Sinan Hill est une véritable leçon de persévérance et d’entrepreneuriat. L’aventure SAYF débute en 2014, avec un investissement initial de seulement 250 euros et une vision claire. Totalement autodidacte, il a bâti sa marque loin des cercles parisiens, enraciné dans la réalité marseillaise, avec une détermination sans faille. Il se remémore ses débuts avec une franchise désarmante. « À mes débuts, je livrais mes premiers t-shirts comme un livreur de pizza. Mon coffre était plein et je faisais le tour de Marseille pour livrer mes clients. Mon capital étant quasiment nul, tout ce que je gagnais, je le réinvestissais automatiquement », raconte Sinan Hill. Dix ans et soixante collections plus tard, ce travail acharné l’a propulsé sur l’un des podiums les plus influents de la planète. Cette consécration londonienne est l’aboutissement d’une stratégie internationale déjà bien amorcée, avec des présentations remarquées à la Fashion Week de Vancouver en 2023 et lors d’événements à Las Vegas en 2024. L’invitation à Londres confirme ainsi l’ascension de sa marque et ancre durablement sa place dans le paysage de la mode européenne et mondiale.
L’Urban-Trad, une signature qui tisse des liens
L’identité de SAYF repose sur un concept unique que son créateur a baptisé l’« Urban-Trad ». Cette signature stylistique consiste à revisiter des tenues traditionnelles du monde entier à travers le prisme d’une esthétique urbaine et contemporaine. Le résultat est un vestiaire hybride, audacieux et cohérent, où se côtoient des sweats parés de broderies marocaines, des kimonos japonais aux coupes oversize, des silhouettes orientales et des influences directement puisées dans la culture new-yorkaise. Ce métissage est le reflet direct de son propre parcours et de ses passions. « Je suis français d’origine marocaine, passionné de culture new-yorkaise et grand fan de mode coréenne. C’est juste naturel pour moi d’associer la french touch aux autres cultures de cette planète. D’ailleurs, c’est le concept même de la marque SAYF », explique le designer. Au-delà de l’esthétique, sa démarche est profondément philosophique. Il conçoit la mode comme un puissant vecteur de dialogue. « Créer des ponts, pas des murs. À mon avis, c’est l’une des choses les plus nobles que l’on puisse faire en tant que créateur. Surtout lorsqu’on a la chance de participer à un événement aussi important que celui-ci », affirme-t-il.
Un défilé-performance, miroir de Marseille
Pour sa première londonienne, Sinan Hill ne s’est pas contenté d’un défilé classique. Il a offert au public une véritable performance artistique, une présentation spectaculaire où le vêtement devenait un élément d’un tout plus grand, mêlant une chorégraphie originale à des contrastes visuels saisissants. Pour mettre en scène cette vision, il a collaboré avec la styliste parisienne Célia Stern, dont l’expertise a été remarquée notamment lors de son travail avec les candidates de Miss France durant cinq ans. Ensemble, ils ont transformé le podium en une scène où le vêtement se fait porteur d’émotions, de culture et de mouvement. C’est bien l’âme de Marseille, une culture populaire, métissée, libre et façonnée par les héritages, que le créateur a voulu transposer à Londres. « Cette présentation à Londres est une première pour moi. J’y amène Marseille, ses contrastes et ses voix », conclut Sinan Hill. Un pari audacieux et réussi, qui prouve que la créativité marseillaise a toute sa place dans les plus grandes capitales de la mode.


