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LONDRES : Art contemporain – La Serpentine consacre une exposition majeure au cinéaste indien Amar Kanwar

La Serpentine North présentera dès septembre une exposition de l’artiste et cinéaste indien Amar Kanwar, incluant une œuvre inédite.

La prestigieuse Serpentine Galleries a annoncé une exposition solo d’envergure consacrée à l’artiste et cinéaste basé à New Delhi, Amar Kanwar. Du 23 septembre 2026 au 31 janvier 2027, la Serpentine North se transformera en un environnement visuel et sonore méditatif pour accueillir les œuvres poétiques de cette figure majeure de l’art contemporain. Depuis plus de vingt ans, Amar Kanwar développe un corpus d’œuvres lyriques qui explorent les réalités du sous-continent indien, notamment les héritages de la décolonisation et de la Partition de 1947. Ses créations, bien qu’ancrées dans une histoire locale, abordent des questions universelles de violence, de justice et de mémoire.

Une trilogie immersive au cœur de l’exposition

Au sein des galeries assombries, les visiteurs découvriront une trilogie de films captivants : le long-métrage « Such a Morning » (2017), l’installation multi-écrans « The Peacock’s Graveyard » (Le Cimetière des paons, 2023), et, en grande première mondiale, une nouvelle installation à sept écrans intitulée « The Charcoal Man » (L’Homme au charbon, 2026). Cette nouvelle pièce est le fruit de trois années de recherche et de création quasi recluse menées par l’artiste.

Une voix singulière et nécessaire

« Kanwar est l’une des voix singulières de notre temps. Pionnier de l’image en mouvement, son travail est à la fois poétique, politique, écologique et profondément éthique », ont déclaré Bettina Korek, directrice générale, et Hans Ulrich Obrist, directeur artistique de la Serpentine.

Ils saluent une œuvre qui « propose un « rythme différent » – une manière tremblante et attentive de regarder le monde ».

L’artiste lui-même offre une réflexion poétique sur son travail : « Notre capacité à faire le mal n’est pas nouvelle et pourtant, la dernière décennie a enfoncé ce couteau plus profondément dans nos âmes. […] Je suis reconnaissant à la Serpentine pour cette invitation très spéciale et au petit groupe d’amis qui m’ont aidé à réaliser ces installations », a confié Amar Kanwar.

Plongée au cœur des œuvres

L’exposition s’ouvrira avec « The Peacock’s Graveyard », une installation sur sept écrans présentée pour la première fois à Londres. L’œuvre tisse une tapisserie d’images envoûtante à partir de fables, d’histoires orales et d’expériences personnelles pour interroger la nature éphémère de l’existence.

Le long-métrage de 85 minutes « Such a Morning » suivra le retrait soudain d’un célèbre mathématicien qui s’isole dans un wagon de train pour explorer l’obscurité physique et intérieure. Ses révélations prennent la forme de lettres, qui seront également exposées dans les galeries sous forme de projections et de textes sur des papiers faits main.

Enfin, la première mondiale de « The Charcoal Man » se présentera comme une extension de « The Peacock’s Graveyard ». Émergeant du traumatisme de la Partition de 1947, cette installation cherche, selon l’artiste, « la cohérence dans la désintégration » en traçant les cycles de trahison, de vengeance et de rage qui imprègnent la société contemporaine.

Un dialogue artistique continu

Cette exposition s’inscrit dans un dialogue de longue date entre la Serpentine et Amar Kanwar, débuté en 2008 avec l’exposition « Indian Highway ». Pour accompagner l’événement, un nouveau catalogue sera publié, imaginé comme un livre de contes pour adultes. La Serpentine Galleries, située au cœur de Kensington Gardens à Londres, propose un programme gratuit tout au long de l’année.

Plus d’informations sont disponibles sur son site officiel (https://www.serpentinegalleries.org).