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LEVALLOIS PERRET : Ludovic TALLON : « Le bureau devient un…

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LEVALLOIS PERRET : Ludovic TALLON : « Le bureau devient un média physique qui raconte une histoire »

Colliers décrypte les quatre grandes mutations du bureau de demain : frugalité, narration, hospitalité et valorisation du patrimoine immobilier.

Loin d’être une simple commodité, l’espace de travail se réinvente en profondeur pour s’adapter aux nouvelles exigences post-pandémiques. À l’occasion de la publication de son « Book », un recueil présentant huit réalisations emblématiques, le groupe Colliers, leader mondial en services immobiliers, a décrypté le 26 mars dernier les tendances qui dessinent le bureau du futur. Le constat est clair : le bureau n’est plus un lieu de production mais une destination, un actif stratégique capable de fédérer les équipes et d’incarner la culture d’entreprise.

L’étude, qui s’appuie sur des projets concrets menés pour des clients comme le Groupe Pomona, Gecina (City 2), la Banque Populaire Aquitaine Centre Atlantique (BPACA) ou encore le Centre National de Gestion (CNG), est accessible en ligne (https://www.colliers.com/fr-fr/book-2024). Elle met en lumière un basculement vers une nouvelle grammaire des espaces professionnels.

La frugalité créative : une nouvelle esthétique de la sobriété

La première mutation est celle de la frugalité, non plus perçue comme une contrainte mais comme une démarche d’intelligence et de durabilité. « En 2026, le luxe réside dans la capacité à transformer l’existant sans tout démolir. Une logique qui marque le passage d’une culture du « tout neuf » à celle du « geste juste » », analyse Ludovic Tallon, Directeur Design & Architecture chez Colliers. Cette approche se manifeste par la mise en scène de matériaux de réemploi, comme chez Citeo où d’anciennes étagères métalliques deviennent la signature du lieu, ou par la conservation radicale de l’existant. Au CNG, par exemple, 80 % des sols et des sièges ont été conservés. Les déchets deviennent des ressources, à l’image des tables en coquillages recyclés dans les bureaux de Colliers à Marseille, et les imperfections des matériaux bruts sont assumées comme des éléments narratifs.

Le storytelling spatial pour incarner l’immatériel

Le bureau doit justifier le déplacement des collaborateurs en offrant une expérience unique. « Le bureau devient un média physique. Dans un monde de travail hybride, l’espace doit raconter une histoire si forte qu’elle justifie le déplacement et renforce l’appartenance », poursuit Ludovic Tallon. Cette mise en récit se traduit par des concepts forts. Les locaux de la BPACA sont ainsi conçus comme un navire, en écho à son ancrage territorial. Ailleurs, comme chez le Groupe Pomona, des symboles historiques, telle la feuille de bananier, deviennent des marqueurs graphiques. La couleur et la lumière sont aussi utilisées comme des outils immersifs, comme dans l’immeuble City 2 de Gecina où chaque zone (Terre de Sienne, Ocre, Paprika) crée une ambiance distincte.

L’hospitalité paysagère : le bureau comme « destination »

Pour rivaliser avec le confort du domicile, le bureau adopte les codes de l’hôtellerie et du « lifestyle ». « Le bureau ne concurrence plus le domicile ; il offre ce que le télétravail ne permet pas : la rencontre, le mouvement et des services premium », explique l’expert. Les espaces centraux, tels que l’Agora du Groupe Pomona, deviennent des « cœurs battants », des lieux de vie modulables. Un soin extrême est apporté au confort sensoriel, avec un traitement acoustique et lumineux de haute précision. La diversité des postures est encouragée grâce à une multiplication des alcôves et des zones de repli, tandis que des détails de stylisme, comme les 600 livres de seconde main chez City 2, apportent un supplément d’âme et une atmosphère résidentielle.

La renaissance patrimoniale : la modernité du temps long

Enfin, la dernière tendance met l’accent sur la pérennité et le dialogue avec l’histoire. Il ne s’agit plus d’effacer le passé mais de le révéler pour projeter les bâtiments dans le futur. Au 92 rue de Richelieu à Paris, la structure en bois du 19ème siècle est restaurée et magnifiée. Des gestes architecturaux forts, comme l’escalier en voûte catalane d’un hôtel particulier, deviennent des pièces maîtresses. Le décloisonnement favorise la circulation de la lumière naturelle et le choix se porte sur des matériaux nobles qui se patinent avec le temps, comme la pierre de Bourgogne, le noyer ou l’étain. « Le bureau doit devenir un actif capable de traverser le temps, en s’appuyant sur l’existant plutôt qu’en l’effaçant », conclut Ludovic Tallon.

Colliers (https://www.colliers.com), coté au NASDAQ et au TSX, est l’un des leaders mondiaux en services immobiliers et gestion d’investissements. Présent dans 70 pays avec 22 000 professionnels, le groupe gère 99 milliards de dollars d’actifs et a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 4,5 milliards de dollars.