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LE LOCLE : Art contemporain – La piscine, miroir des…

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LE LOCLE : Art contemporain – La piscine, miroir des aspirations et angoisses de notre époque

Au Locle, ville du canton de Neuchâtel en Suisse, le Musée des Beaux-Arts explore la piscine comme puissant symbole des tensions contemporaines.

Le Musée des Beaux-Arts Le Locle (MBAL) présentera, du 3 octobre 2026 au 21 février 2027, une exposition d’envergure intitulée « For One Solid Time, Wet : la piscine dans l’imaginaire ». Conçu par les commissaires Federica Chiocchetti et Lou Stoppard, cet événement pluridisciplinaire interroge la place complexe de la piscine dans l’art contemporain, la révélant comme un espace où convergent plaisir et contrôle, mémoire et politique, luxe et décadence.

Loin d’être un simple lieu de loisir, la piscine devient ici une métaphore de la quête de sérénité face à un avenir incertain. L’exposition rassemble peintures, films, photographies et sculptures d’artistes suisses et internationaux qui ont saisi l’ambivalence de ce motif, capable d’évoquer aussi bien la prospérité que la solitude, l’intimité que l’isolement.

Un symbole de contrôle sur l’incontrôlable

L’exposition s’articule autour de la célèbre observation de l’écrivaine américaine Joan Didion, pour qui la piscine est avant tout un marqueur d’ordre.

« une piscine est, pour beaucoup d’entre nous en Occident, un symbole non pas de richesse, mais d’ordre, de contrôle sur l’incontrôlable », écrivait-elle dans The White Album.

En partant de cette analyse, les artistes présentés compliquent et réinterprètent cette métaphore à travers des perspectives queer, politiques ou historiques. La piscine est ainsi envisagée comme un environnement quasi muséal, un espace où les corps, la lumière et les comportements sont régulés, reflétant les aspirations et les angoisses de nos sociétés.

Un écho à l’histoire locale

Le projet puise également sa source dans l’histoire singulière du Locle. Le nom même de la ville dérive du mot latin lacus (lac), en référence à un plan d’eau aujourd’hui disparu, asséché aux 18ème et 19ème siècles pour permettre l’expansion urbaine et horlogère.

Plus récemment, une proposition politique a même suggéré de remplacer le musée par une piscine couverte. L’exposition transforme cette anecdote en un puissant point de départ pour réfléchir aux notions de pouvoir, de modernité et de patrimoine, reliant ainsi l’histoire locale aux préoccupations environnementales mondiales sur la gestion de l’eau.

Une exploration artistique plurielle

Parmi les œuvres phares, les visiteurs pourront découvrir Restoration of an Empty Pool (2007) de Rossella Biscotti, un film sur le nettoyage de la piscine du Foro Mussolini à Rome, ou encore Le Déjeuner sur l’herbe (1964) d’Alain Jacquet, qui transpose la scène de Manet au bord d’une piscine artificielle. Les photographies de Larry Sultan et l’installation-livre d’Elisabeth Tonnard, One Swimming Pool, complètent ce panorama.

L’exposition sera rythmée par plusieurs temps forts, dont le vernissage le 2 octobre 2026 et une performance de l’artiste suisse Marie-Caroline Hominal à la piscine publique du Locle le 23 octobre. Un livre d’artiste unique et imperméable, illustré par la peintre Mary Stephenson, tiendra lieu de catalogue, invitant à une expérience de lecture inédite, jusque dans l’eau. Le finissage, le 21 février 2027, sera marqué par un entretien avec Hélène Duret, directrice de La Piscine – Musée d’art et d’industrie André Diligent de Roubaix.

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).