LE LAVANDOU : 81ème anniversaire du débarquement de Provence
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LE LAVANDOU : 81ème anniversaire du débarquement de Provence
Comme chaque année, les membres de l’Amicale des Commandos d’Afrique sont les invités d’honneur des commémorations de la libération de la Provence.
Une date empreinte de mémoire et de considération rappelant l’engagement de ces hommes d’élite ayant marqué l’Histoire de notre liberté, il y a 81 ans.
Au Lavandou…
Suivant la tradition, les membres de l’Amicale des Commandos d’Afrique se sont retrouvés le 14 août dans la salle d’honneur de Bormes-les-Mimosas pour leur assemblée générale annuelle, sous la présidence de François Bonin. En présence des élus des communes libérées, telles que Cavalaire, Le Rayol Canadel, Le Lavandou, Bormes-les-Mimosas, La Londe-les-Maures, se fêtaient aussi les 80 ans de la création en 1945 de cette association à laquelle des représentants de familles de commandos participent, attentifs au bilan des actions du devoir de mémoire.

Le 15 août, le souvenir de ces hommes anime la journée de l’Assomption, marquée par ces jours de gloire vers la libération.
Une cérémonie au square des Héros, où le président François Bonin a souligné le sentiment de fierté que ces jeunes soldats ont vécu : « Avoir été choisis pour opérer cet assaut nocturne sur le territoire français occupé les comblait de joie, malgré les difficultés multiples, physiques et militaires, qu’ils ont dû vaincre. Mais nous savons que ce sentiment de joie, les Lavandourains le ressentaient également. Pour eux, c’était une véritable délivrance, après la pénible occupation, de leur commune, par les Italiens, et surtout par les Allemands, après les vexations de toute nature qu’ils eurent à supporter, et après le saccage des pinèdes, des plages, et du port. Mais c’était, aussi, le début des opérations de la libération de Toulon et Marseille par des troupes françaises, prélude à celle de toute notre Patrie… Prélude aussi de leur participation aux dures campagnes des Vosges, de Belfort, d’Alsace et d’Allemagne, jusqu’au Danube ».
Des extraits de témoignages poignants lors de ces manifestations commémoratives, dont ceux du maire, Gil Bernardi, faisant ainsi revivre ces héros :
« Bien sûr, qu’ils nous manquent – Terriblement – Et encore plus dans ces moments de commémorations et de recueillement. Ces hommes attachants, de simplicité, de fragilité et de dérision, de gentillesse et de colère, parfois, des hommes quoi. Ces soldats de bravoure et de légende. Des hommes – Des vrais – des soldats d’élite, des libérateurs. De grands hommes en somme. Tous ceux que nous avons eu l’honneur et le privilège de côtoyer, au fil de ces 15 août de retrouvailles, de prières et de défilés, de libations. Tous ceux que nous avons perdus de vue, mais pas de cœur, au fil du temps ; comme tous ces combattants dont nous avons égrené les noms glorieux, jusqu’au sentiment de les avoir connus et admirés. Et dont nous ne pouvons pas, dont nous ne voulons pas voir les immenses statures galvaudées au fil des années, ou estompées avec les outrages et les faiblesses du temps. Oubliés… Ils font partie de nos vies. Ils survivent en nous. Rien ne pourra s’y opposer – Tant leur histoire est liée à la nôtre et leurs noms ont pris racine dans cette terre délivrée de l’occupant. Par eux – Petites graines de liberté plantées là … sous une croix ou un croissant pour y refleurir chaque été ».
Nos Commandos d’Afrique.
Leurs regards, nous les avons compris.
Ils nous disaient : « Tu ne nous oublieras pas, n’est-ce pas ; lorsque viendra l’heure du dernier… » Dormez tranquilles, vous les héros – Personne, ici, ne manquera à son devoir de gratitude, d’admiration, d’amitié. Tous en ont fait le serment – Aucun ne vous oubliera : Pierre Velsch, Jo Bonnet, Jean Plancke, Robert Chiazzo, Commandant Guy Bonin, Guillaume, Marion, Reveyrand, Ruyssen, Bouvet, Kasmi, Lemaitre, Guiseppi, G’Herardi, Chanoine Scoffier… Et oui, bien sûr, l’homme des Mées… Charles Lecat – et de Leusse ! Tous ces Commandos d’Afrique, venus faire le voyage de la mémoire – Année après année Que nous avons eu le bonheur de croiser… Et tous ceux-là, couchés sur notre terre, témoins muets, sacrifiés, héroïques, de temps de grandeur ; qui gisent au mémorial du Rayol, à celui de la Fossette, ou au cimetière du Lavandou. Oui, ils nous manquent. Par leur grandeur d’âme autant que par leur modestie. Par leur message de dépassement autant que pour la référence qu’ils symbolisent pour l’éternité. Ces Commandos d’élite, ces « Africains » sortis du silence et de la nuit, pour libérer la France. La France de la Méditerranée – Et ça commence ici ».

À Bormes-les-Mimosas…
Après le 15 août au Lavandou, les commémorations se poursuivent par celles de la libération de Bormes un 17 août 1944. Là aussi, comme dans toutes les communes libérées du littoral varois, un bel hommage au travers d’événements riches, d’ateliers, de conférences, de reconstitutions, de visites guidées se terminant en apothéose. En présence du président de la République Emmanuel Macron et de son épouse Brigitte, du ministre des armées, Sébastien Lecornu, du préfet du Var, Simon Babre, le député Yannick Chenevard, de nombreux élus et personnalités mais aussi la grande famille Borméenne viennent rendre hommage à tous les combattants de la libération de la Provence et parmi les premiers : les Commandos d’Afrique !

« Merci encore, Monsieur le président, d’être parmi nous pour la 8ème fois avec votre épouse malgré votre emploi du temps particulièrement chargé. C’est un honneur fait à notre cité par le premier personnage de l’Etat. Cette commémoration est la dernière de notre mandat municipal, en espérant vous dire M. le président de la République, à l’année prochaine » !
Ainsi, François Arizzi enchaîna sur le parcours vécu par les Commandos d’Afrique pour chasser l’envahisseur de la vie qu’était alors celle des Borméens.

« Qui pourrait imaginer, en voyant notre si beau village, classé en 2024 parmi les Plus Beaux Villages de France qu’en 1944, il offrait un tout autre visage » ?
Et poursuivant : « Lorsque nous nous tournons vers le Grand Hôtel Eden Rose qui domine le village, nous voyons aujourd’hui un lieu de villégiature de luxe. Il semble difficile en l’observant, d’imaginer qu’en 1944, c’était la Kommandantür allemande qui y était installée, le drapeau nazi, la tristement célèbre croix gammée flottant à son fronton. Lorsqu’un peu plus haut nous contemplons la chapelle Notre Dame de Constance et son panorama unique, l’un des plus beaux points de vue de la Méditerranée, difficile d’imaginer qu’en 1944, cet espace était occupé par les troupes allemandes et ses supplétifs arméniens. Deux tunnels avaient été creusés par les réquisitionnés Borméens du travail obligatoire. Le premier, sous le point de vue au sud et le second, un tunnel de repos un peu plus au nord. Cette année, grâce à l’association Mémoire Bormes 44, le tunnel nord a été nettoyé et sécurisé ».
« Lorsque nous contemplons la plage de Cabasson et le Fort de Brégançon, aujourd’hui Résidence Officielle des présidents de la République Française, dont le belvédère possède lui aussi un point de vue exceptionnel sur la Méditerranée, il est difficile d’imaginer que ce Fort était occupé par les troupes de l’Ost Légion et ses sous-officiers et officiers allemands. La commune de Bormes est sortie de ces ténèbres le 17 août 1944. Principalement grâce à la jeunesse de cette époque, à son courage, à son engagement, à soif de liberté. Ces soldats, tout juste sortis de l’adolescence, ont débarqué dans la nuit du 14 au 15 août sur la côte Méditerranéenne entre la Pointe de l’Esquillon, le Cap Nègre et les Iles d’Hyères. Un débarquement de très grande ampleur (320.000 hommes dont 23.000 Français originaires de métropole et de nombreuses colonies de l’époque, mené de main de maître par des militaires de grand talent comme le général français Jean de Lattre de Tassigny. Les héros Lavandourains et Borméens sont, aux côtés de nos résistants locaux qu’il ne faudrait pas oublier, nos merveilleux Commandos d’Afrique, sous les ordres du Colonel Bouvet. Des troupes d’élite, très entraînées et qui ont continué à enchaîner les exploits jusqu’en Allemagne. Mais l’histoire ne serait pas complète, si nous ne rendions pas hommage aux troupes américaines de la 3ème division et notamment le 7ème régiment d’infanterie. Sachons-nous en souvenir, lorsque l’on s’interroge sur le fait d’intervenir ici ou là dans le monde. Nous avons eu besoin de ces militaires venus de loin pour nous aider à retrouver notre liberté. Ayons conscience que d’autres aujourd’hui peuvent avoir besoin de nous. Avec les années, le souvenir de toutes les atrocités, de toutes les horreurs qui ont jalonné ce conflit se dissout dans notre mémoire collective. Pourtant, nous devons rester très vigilants. Nous avons connu 80 ans sans guerre sur notre sol, faisons en sorte que cela continue et bien entendu, je me tourne vers vous M. le Président de la République ».
« La guerre est à notre porte »
Emmanuel Macron, en remerciant le personnel municipal et les maires jugés « des sentinelles des valeurs de notre République, des acteurs du quotidien », le président adapta l’historique du débarquement à l’actualité, en ajoutant : « Nous devons nous souvenir de ce qui a rendu possible notre liberté. Nous devons aujourd’hui regarder notre destin en face. La guerre revient en Europe. Nous devons nous souvenir de ce qui a rendu possible notre liberté. Ne somnolons pas, si nous voulons être libres n’oublions jamais les sacrifices qu’il y a derrière cette liberté ».
Francine MARIE (LA GAZETTE DU VAR – PRESSE AGENCE) – Photos Sylvie PINTO – Morgane AUFFREY.


