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LE CAP : Hydrocarbures – Le Sénégal expose sa nouvelle stratégie énergétique à l’African Energy Week

Le ministre sénégalais de l’Énergie, Birame Soulèye Diop, présentera en octobre la feuille de route du pays pour sa nouvelle ère gazière et pétrolière.

Le Sénégal, nouvel acteur majeur sur la scène des hydrocarbures en Afrique, peaufine sa stratégie pour transformer ses récentes découvertes en un moteur de développement durable. Dans une démarche visant à maximiser les retombées économiques nationales, le ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines a engagé en mars 2026 une refonte du cadre juridique relatif au contenu local dans le secteur extractif. Cette initiative a pour double objectif de renforcer la valeur ajoutée au niveau national tout en maintenant une dynamique attractive pour les investissements en amont et dans les infrastructures.

C’est dans ce contexte de transformation que Birame Soulèye Diop, ministre sénégalais de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, interviendra lors de l’African Energy Week (AEW) 2026. L’événement, qui se tiendra au Cap du 12 au 16 octobre, sera l’occasion pour le ministre de présenter en détail la feuille de route du Sénégal. Il y exposera la vision du gouvernement pour concilier l’attraction des investisseurs, la monétisation des vastes ressources gazières et la consolidation de la souveraineté énergétique du pays.

Une production déjà tangible et prometteuse

L’entrée du Sénégal dans le club des pays producteurs n’est plus une simple perspective. Les premiers résultats concrets confirment le potentiel du pays. En janvier 2026, pas moins de 3,8 millions de barils de pétrole brut ont été exportés depuis le champ offshore de Sangomar. Parallèlement, le projet gazier transfrontalier Greater Tortue Ahmeyim (GTA), partagé avec la Mauritanie, devrait voir ses livraisons de Gaz Naturel Liquéfié (GNL) quasiment doubler au cours de l’année 2026, à mesure que la montée en puissance de l’unité flottante de GNL (FLNG) se poursuit. Ces succès initiaux servent de fondation à une ambition nationale plus large.

Priorité au développement national et à l’exploration

Au-delà de la production actuelle, Dakar s’attelle à élargir son portefeuille de ressources et à s’assurer que leur exploitation bénéficie prioritairement au pays. La société pétrolière nationale, Petrosen, a annoncé le lancement d’un ambitieux programme d’exploration terrestre doté de 100 millions de dollars pour 2026. Le gouvernement a également affiché une orientation stratégique claire pour le gisement gazier de Yakaar-Teranga, dont les réserves sont estimées à 25 000 milliards de pieds cubes. L’exécutif encourage activement les investisseurs sénégalais à prendre une part prépondérante dans le développement de cette ressource, afin de répondre en premier lieu aux besoins énergétiques nationaux, tout en conservant la possibilité d’exporter les excédents.

Le gaz au service de l’électrification et de la compétitivité

La stratégie sénégalaise repose sur un pilier central : l’utilisation des ressources gazières domestiques pour la production d’électricité, ou « gas-to-power ». L’objectif est de réduire significativement les coûts de l’énergie pour les ménages et les entreprises, d’améliorer la sécurité d’approvisionnement en combustible et de soutenir la compétitivité industrielle du pays. Le projet emblématique de cette politique est la future centrale électrique de Gandon, d’une capacité de 250 MW. Elle sera alimentée par de nouvelles infrastructures gazières directement connectées au projet GTA. Ce développement s’inscrit dans un plan plus vaste incluant l’extension du pôle électrique de Cap des Biches et la création d’un corridor gazier dans le nord du pays.

Un cadre réglementaire renforcé pour une transition équilibrée

Conscient des enjeux climatiques, le Sénégal n’oppose pas développement des hydrocarbures et promotion des énergies propres. En mars 2026, le ministère a validé les toutes premières normes nationales pour les équipements solaires photovoltaïques. Cette initiative vise à garantir la qualité, la sécurité et la performance des installations, alors que le pays accélère le déploiement des énergies renouvelables en parallèle du développement de ses infrastructures gazières et pétrolières.

La participation du ministre Diop à l’AEW 2026 est ainsi très attendue. Elle devrait permettre de mettre en lumière ce modèle intégré, qui combine exploitation des hydrocarbures, conversion du gaz en électricité et essor des renouvelables au sein d’un programme de développement national unifié.

« Le ministre Diop incarne le type de leadership africain pragmatique qui transforme le potentiel des ressources en une véritable transformation économique. Le Sénégal montre comment la première production de pétrole et de gaz peut devenir le fondement de la croissance industrielle, d’une intégration régionale plus forte et d’une sécurité énergétique à long terme, et ses perspectives apporteront une grande valeur ajoutée à l’AEW 2026 », a souligné NJ Ayuk, président exécutif de la Chambre africaine de l’énergie (African Energy Chamber).