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LE BOURGET : Une sécurité aérienne renforcée pour le SIAE 2025
L’armée de l’Air et de l’Espace déploie un dispositif exceptionnel de sûreté aérienne pour le SIAE 2025, qui accueillera plus de 450 000 visiteurs.
Pour garantir un « dôme de protection 3D » au-dessus de cette édition, l’armée de l’Air et de l’Espace met en place un dispositif particulier de sûreté aérienne (DPSA). Ce dispositif, piloté depuis une base aérienne projetée (BAP) regroupant 600 militaires, vise à renforcer la posture permanente de sûreté aérienne (PPS-A).
Objectifs et enjeux
L’objectif primordial est de détecter, identifier et neutraliser toute menace aérienne, qu’il s’agisse de drones de loisir ou d’intrusions plus complexes. Ces actions s’intègrent dans une stratégie globale de sécurisation du SIAE, où l’armée joue un rôle central dans la protection de l’espace aérien à plusieurs niveaux.
Moyens mobilisés
Pour accomplir cette mission, l’armée de l’Air et de l’Espace utilise une variété de moyens éprouvés et sophistiqués, répartis entre opérations en vol et dispositifs terrestres.
En vol :
• Avion de surveillance E-3F
• Avions d’interception PC-21
• Mirage 2000D et Rafale
• Hélicoptères Fennec
• Drones Reaper
Au sol :
• Systèmes de défense sol-air Mamba
• Systèmes Crotale NG
• Réseau de guetteurs à vue
Une expertise reconnue
Forte de plus de 60 ans d’expérience dans la défense aérienne, l’armée de l’Air et de l’Espace démontre une expertise inégalée dans la conduite d’opérations complexes. Ces opérations allient interarmées et interministérialité pour garantir une couverture multicouche de l’espace aérien, depuis les très hautes altitudes jusqu’aux très basses. Ce savoir-faire témoigne de la capacité des forces aériennes françaises à s’adapter aux enjeux modernes de sécurité et à protéger efficacement les événements de grande envergure comme le SIAE.
Transformation de l’A400M en avion de combat lourd
L’armée de l’Air et de l’Espace envisage de transformer l’A400M en un « avion de combat lourd ». Initialement, la France avait prévu d’acquérir cinquante avions de transport A400M « Atlas », mais la Loi de programmation militaire 2024-30 a réduit ce nombre à « au moins trente-cinq » d’ici 2035. Cependant, il est possible que le nombre d’A400M commandés dépasse finalement les cinquante appareils prévus.
En avril, Emmanuel Chiva, Délégué général pour l’armement, a suggéré : « la question du remplacement des flottes de C-130 par des livraisons anticipées d’A400M mérite d’être posée ». L’armée de l’Air et de l’Espace considère que le potentiel de l’A400M est sous-exploité et envisage de lui confier des missions autres que le transport tactique et le ravitaillement en vol.
Le Colonel Bastien Cardot a expliqué : « l’expérience acquise sur le terrain a révélé un potentiel sous-exploité de l’A400M, qui pourrait en faire un précieux complément des chasseurs pour certaines missions ».
L’A400M peut assurer une « présence durable » au-dessus d’une zone donnée ou parcourir 9 000 km en douze heures de vol sans ravitaillement. Sa puissance électrique permet une évolutivité grâce à sa réserve d’énergie. L’A400M pourrait appuyer les troupes au sol dans des environnements peu contestés, à l’image des AC-130 « Gunship » américains. Il pourrait larguer des missiles de courte portée ou des bombes guidées. Le développement d’une capacité de ciblage, de surveillance et de renseignement embarquée est en cours d’étude.
L’armée de l’Air et de l’Espace envisage également de confier à l’Atlas des missions allant au-delà de l’appui aux manœuvres terrestres dans les environnements permissifs. L’A400M pourrait contribuer à des missions de frappe de précision dans la profondeur au cours d’opérations aériennes d’envergure. En résumé, l’A400M deviendrait un « avion de combat lourd », capable de larguer une quantité importante d’effecteurs à distance des menaces sol-air adverses. Il pourrait contribuer à la neutralisation des systèmes de défense aérienne ennemis en effectuant des missions de guerre électronique offensive et/ou de saturation. Les gros porteurs armés seraient en mesure de délivrer des frappes de précision partout dans le monde, en masse, sous faible préavis.
Bernard BERTUCCO VAN DAMME, envoyé spécial au Bourget (Presse Agence Côte d’Azur – La Gazette du Var).


