LA SEYNE SUR MER : Secours Catholique du Var – Une ap…
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LA SEYNE SUR MER : Secours Catholique du Var – Une apparente stabilité
Il y a trente ans, le Secours Catholique faisait le choix de documenter, chiffres à l’appui, ce que ses bénévoles observaient au quotidien : la pauvreté, dans toutes ses réalités.
Année après année, ce rapport est bien plus qu’un outil statistique. C’est une vigie, un baromètre du visage changeant de la pauvreté, mais aussi un cri adressé à la société et aux pouvoirs publics.
La pauvreté n’est pas une fatalité
Avec un taux de pauvreté mesuré par l’Insee de 14,5% en 1996 et de 14,4% en 2022, qui ne prend pas en compte la situation des personnes en logement instable, on peut avoir l’impression que rien ne change sur le front de la pauvreté, si ce n’est sa récente et nette augmentation en 2023 (15,4%). Si la pauvreté a toujours été là, peut-on penser, les associations ont beau alerter, pourquoi en irait-il autrement demain ?
C’est ainsi que s’installe dans l’opinion une forme de fatalisme : que près de 10 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en France ferait partie du paysage.
Pour le Secours Catholique, ce défaitisme n’est pas seulement inacceptable : il relève aussi de l’erreur d’analyse.
Car une relecture attentive des trente dernières années montre l’impact des choix politiques sur les évolutions de la pauvreté.
Une apparente stabilité
Derrière l’apparente stabilité du taux de pauvreté en France, il est intéressant de s’attacher à ses évolutions. En trente ans, la pauvreté a d’abord diminué de façon significative (-1,9 point entre 1996 et 2004 où le taux de pauvreté atteint 12,6%, son niveau le plus bas) avant de connaître deux périodes de hausse (+1,7 point entre 2004 et 2011, puis +1,3 point depuis 2017), entrecoupées d’un plateau autour de 14%, pour atteindre 15,4% en 2023, son niveau le plus haut.
Si la conjoncture économique joue un rôle, les choix politiques aussi4 .
4. Notons que les années 2008 (crises financière) et 2020 (Covid) ont marqué une chute aussi soudaine que temporaire du taux de pauvreté, essentiellement pour une raison statistique : ce taux étant calculé en pourcentage du revenu médian, une baisse de ce dernier fait mécaniquement remonter certaines populations aux revenus toujours aussi faibles au-dessus du seuil.