LA SEYNE-SUR-MER : Chantiers navals – L’AMIANS…
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LA SEYNE-SUR-MER : Chantiers navals – L’AMIANS exhorte la nouvelle mairie à faire de la porte principale un musée
L’association des anciens des chantiers navals a rencontré la nouvelle municipalité pour transformer la porte historique en un lieu de mémoire.
Une première rencontre s’est tenue le mardi 21 avril 2026 entre l’Association de Maintien des Intérêts aux Anciens de la Navale de la Seyne (AMIANS) et la nouvelle équipe municipale de La Seyne-sur-Mer. Au cœur des discussions : l’avenir de la mémoire industrielle de la ville et la sanctuarisation de son site le plus emblématique, la porte principale des anciens chantiers navals.

Un projet immédiat pour un symbole éternel
L’AMIANS, présidée par Lucien Conac, a réitéré une demande qu’elle porte depuis le 24 novembre 2024 : transformer son siège social, situé dans la porte historique des chantiers, en une « salle d’exposition permanente sur la vie des chantiers navals seynois ».
L’objectif est de faire de ce bâtiment quasi bicentenaire un authentique lieu d’histoire à caractère muséal, afin qu’il demeure « LE SYMBÔLE ETERNEL, DE LA GRANDEUR PASSEE, DE LA MEMOIRE NAVALE SEYNOISE », a insisté l’association dans un communiqué.
Pour les anciens travailleurs, ce projet modeste présente l’avantage d’être réalisable immédiatement et à un coût raisonnable. L’association y voit une première étape concrète et un geste fort, capable de préfigurer le projet municipal plus vaste tout en montrant une volonté politique de le mener à terme.
« Le bâtiment est déjà un monument à lui tout seul », souligne l’AMIANS.
Soutien vigilant à la future Cité de la mer
L’association a pris acte du nouveau projet municipal de « cité de la mer et des océans », qui intègre un musée dédié à l’histoire des chantiers. Elle affirme son soutien à cette initiative, comme elle l’a fait pour les projets précédents, et propose de collaborer activement en apportant l’expertise et le savoir accumulés par ses membres.
Toutefois, l’AMIANS reste pragmatique, rappelant que « de tels projets ne sont pas faciles à réaliser. Ils rencontrent de nombreuses difficultés de tous ordres et demandent beaucoup de temps », ce qui explique, selon elle, pourquoi aucune des ambitions passées n’a encore abouti.
C’est cette réalité qui justifie la pertinence de son projet, plus simple et à portée de main.
Une rupture avec la vision précédente
L’association a profité de cette rencontre pour marquer une nette différence avec le projet de l’ancienne municipalité, qualifié de « projet Bicais ».
L’AMIANS s’y était fermement opposée, dénonçant une vision qui aurait transformé ce lieu de mémoire en une « simple salle d’activité où n’importe quelle association pourrait se servir de la mémoire navale pour y exposer et y valoriser son propre rayonnement immédiat et illusoire ».
À l’inverse, les anciens des chantiers exigent un lieu pérenne, à caractère muséal, qui resterait municipal et serait géré par une direction plurielle. Ils demandent un budget de fonctionnement pour garantir son ouverture au public et la présentation d’un contenu de qualité.
Le sort des maquettes, un trésor en péril
Au cœur des préoccupations de l’AMIANS figure le sort des authentiques maquettes de navires construits sur le site. L’association rappelle que la nouvelle maire les avait qualifiées de « découverte d’un trésor », un trésor qui, selon elle, « continue à dépérir dans des recoins ».
L’amertume est d’autant plus grande que l’association a déploré la destruction par l’ancienne municipalité d’une maquette du site des chantiers, financée sur ses fonds propres et exposée pendant quinze ans en mairie.
« L’association propriétaire n’a été ni informée, ni consultée », regrette-t-elle, rappelant qu’une première maquette authentique avait déjà été détruite par le passé.
Propositions complémentaires
Pour enrichir cet ensemble mémoriel, l’AMIANS suggère également de rapatrier le remorqueur historique *Le Laborieux* près de la porte principale « pour éviter qu’il redevienne une épave ».
Associé au pont levant et à la porte, il formerait un ensemble muséal déjà conséquent. Enfin, l’association propose d’orner les façades de la porte avec de grandes images de navires pour affirmer l’identité du site auprès des habitants et des nombreux croisiéristes.
L’entrevue, qui s’est déroulée dans une ambiance « très correcte » selon l’AMIANS, a laissé aux représentants des anciens des chantiers « l’impression d’avoir été entendus ».
L’association attend désormais un signal de la municipalité pour savoir si cette impression se traduira en actes.
via Press Agence.


