LA LONDE LES MAURES : Randonnée d’exception, les secr…
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LA LONDE LES MAURES : Randonnée d’exception, les secrets du sentier du littoral, de l’Argentière au Fort de Brégançon
La Côte d’Azur évoque souvent des images de stations balnéaires animées et de plages privées bondées.
Pourtant, à La Londe-les-Maures, il existe un itinéraire préservé où la nature reprend ses droits. Le Sentier du Littoral, reliant la plage de l’Argentière au mythique Fort de Brégançon, offre une immersion sauvage de 9 kilomètres (18 kilomètres pour l’aller-retour). Une randonnée d’exception combinant histoire industrielle, géologie fascinante et panoramas méditerranéens à couper le souffle.
Le voyage commence à l’est du port de Miramar, sur la vaste plage de l’Argentière. Avant de lacer ses chaussures, un coup d’œil vers le passé s’impose. Son nom n’est pas un hasard poétique : au XIXe siècle, cette côte abritait une importante exploitation de plomb argentifère. Le sol, teinté de reflets métalliques, témoigne encore de cette épopée industrielle oubliée.
Dès les premiers mètres, le sentier s’enfonce sous une voûte de pins maritimes et de pins parasols. L’odeur de la résine surchauffée par le soleil se mêle instantanément aux embruns marins. En marchant, le regard est irrésistiblement attiré par la silhouette des îles d’Hyères — Porquerolles et Port-Cros — qui se dessinent à l’horizon.
Après avoir dépassé la pointe de l’Argentière, le parcours s’adoucit pour border le domaine de l’Estagnol et ses célèbres vignobles de l’AOC Côtes de Provence. Les ceps de vigne viennent ici mourir presque directement dans le sable, une spécificité géologique liée aux schistes de la Londe qui confèrent aux vins locaux leur minéralité tant recherchée.
Le randonneur traverse ensuite la plage du Pellegrin, une longue étendue de sable blond protégée par une pinède dense. Plus loin, après avoir franchi de petites criques rocheuses escarpées, se dévoile la plage de Léoube. Abritée du mistral par un cap rocheux, cette anse aux eaux turquoise et translucides est l’endroit parfait pour une première halte fraîcheur. L’îlot de Léoube, fièrement dressé à quelques dizaines de mètres du rivage, ajoute une touche sauvage au décor.
La dernière portion du sentier s’avère un peu plus sportive mais ô combien gratifiante. En approchant du Cap Blanc, la roche change d’aspect, révélant des quartzites clairs qui contrastent violemment avec le bleu profond de la Méditerranée. Les passages se font en corniche, surplombant de petites calanques intimes accessibles uniquement à pied ou en kayak.
Le point culminant de la randonnée apparaît enfin au détour d’un dernier cap : la plage de l’Estagnon et, juste derrière, l’îlot rocheux du Fort de Brégançon. Relié au continent par une jetée, cette forteresse médiévale transformée en résidence d’État par le général de Gaulle en 1968 marque le point final de notre aventure.
Conseils pratiques pour l’aventure
Pour profiter pleinement de cette randonnée d’exception, voici les éléments essentiels à garder en tête :
Difficulté et durée : Comptez environ 2h30 à 3h de marche pour l’aller simple (9 km), soit près de 6h pour la totalité de la boucle. Le dénivelé est faible mais les passages répétés sur le sable et les rochers fatiguent les chevilles.
Équipement indispensable : De bonnes chaussures de marche (les tongs sont à proscrire sur les portions rocheuses), un chapeau, de la crème solaire et surtout, un minimum de 1,5 litre d’eau par personne. Il n’y a aucun point d’eau potable sur le sentier historique.
Préservation du site : Le secteur est protégé par le Conservatoire du Littoral. Veillez à ramasser tous vos déchets et à respecter la flore fragile qui stabilise les dunes, notamment les lys de mer.
Faire cette randonnée, c’est s’offrir un voyage sensoriel complet, loin de l’effervescence urbaine, là où la Provence des Maures épouse magistralement la mer.
Sam Fellah

