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LA LONDE LES MAURES : François de Canson : « Les Harkis mér…

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LA LONDE LES MAURES : François de Canson : « Les Harkis méritent que la France entretienne leur souvenir et honore leur mémoire »

Ce jeudi 25 septembre, François de Canson a participé à la cérémonie patriotique de la « Journée Nationale d’Hommage aux Harkis et autres membres des formations supplétives », à 17h, au Monument aux Morts, sur le Parvis de l’Hôtel de Ville, en présence de Simon Babre, préfet du Var.

L’intervention de François de Canson, maire de La Londe-les-Maures et vice-président de la Région Sud : 

Je tiens à vous remercier d’être venus, porter avec émotion et dignité, devant ce monument, le légitime hommage que nous devons et rendons aux harkis morts pour la France.

Je suis, chaque année, très attaché à cette cérémonie, pour au moins deux raisons fondamentales.

La première tient au fait que les Harkis méritent effectivement que la France entretienne leur souvenir et honore leur mémoire pour le choix déterminant qu’ils ont fait de servir, avec fidélité, avec loyauté, avec honneur, notre pays, leur pays, leur pays de cœur ;

Et ce, fusse au prix d’un immense sacrifice, le plus souvent celui de leur vie, et pour pratiquement tous les survivants et leur famille, le sacrifice de leur terre, de leurs racines.

Qui oserait oublier ou ne serait-ce que négliger un tel engagement, un tel dévouement?

Nous ne sommes pas de ceux-là ; nous ne sommes pas de ceux qui relativisent une telle dette morale à l’égard de nos glorieux et héroïques combattants d’Afrique du Nord.

Notre présence, ce soir, dit cela.

Elle dit notre reconnaissance aux 60 000 harkis engagés aux côtés des militaires réguliers, des forces supplétives, qui, au cours de la guerre d’Algérie, combattirent sous le drapeau français.

Ce drapeau qui flotte sur nos mats et nos monuments publics est imprégné du sang des harkis et ce sang participe à l’histoire de notre nation, à sa construction, à sa grandeur.

Nous incliner avec respect, dans l’hommage, c’est exprimer la conscience que nous gardons du prix inestimable de l’engagement de ces hommes, de leur mérite extraordinaire.

La deuxième raison fondamentale, c’est que les filles et fils de harkis ont raison d’être fiers de leurs parents et grands-parents, et cette fierté nous la partageons, cette fierté est aussi la nôtre.

La France éprouve un immense respect et une grande fierté à l’égard des harkis qui ont fait honneur à la patrie, honneur à ce que signifie être français dans sa conscience, dans ses tripes, dans ses veines, et pas seulement sur un papier d’identité.

La France a tardé, c’est vrai, à donner un statut légitime à ces supplétifs de ses armées.

Il aura fallu attendre le 9 décembre 1974 pour que les harkis obtiennent le statut d’anciens combattants et le 23 juillet 2010 pour que cette disposition s’applique aussi à ceux restés en Algérie.

Il aura fallu attendre 2003 et l’initiative du président de la République, Jacques Chirac, pour qu’une journée spécifique d’hommage soit inscrite au calendrier du souvenir national, et avril 2012 pour que la France, sous les mots du président Nicolas Sarkozy, reconnaisse la responsabilité du gouvernement français dans «l’abandon» des harkis après la fin de la guerre d’Algérie en 1962.

Dans le prolongement de ces mots que toutes les générations de harkis ont attendu depuis plus de 60 ans, la loi du 23 février 2022 porte reconnaissance de la Nation envers les harkis et les rapatriées d’Algérie anciennement de statut civil de droit local et réparation des préjudices subis.

Avec cette loi, le Gouvernement a voulu continuer de cheminer sur la voie de la réparation.

C’est de cette volonté qu’est née l’ouverture du droit à réparation pour les harkis et leurs familles qui ont séjourné dans des camps de transit et des hameaux de forestage entre mars 1962 et la fin de l’année 1975.

C’est un jalon important dans un long chemin de justice et de vérité.

Permettrez-moi d’associer, en ce jour de mémoire, les pieds-noirs et tous les rapatriés d’Algérie dont une grande partie a également souffert des conditions d’accueil en métropole.

Le destin des harkis et des pieds-noirs est douloureusement et intrinsèquement lié dans l’épreuve de la guerre d’Algérie et de ses conséquences.

Si ceux qui avaient la force de l’âge à l’heure de cette terrible déchirure que fut la guerre d’Algérie disparaissent, l’histoire, elle, qui survit à nos existences éphémères, retiendra et racontera aux générations futures ce que vos pères ont donné à la France, elle dira leur courage, leur honneur, leur sacrifice.

Car évoquer le sacrifice des harkis, c’est évidemment parler de la France ; cette France qu’ils ont aimée et choisie telle qu’elle était dans son histoire, dans sa tradition, dans ses valeurs.

Ici, à La Londe, nous n’oublions pas la bravoure de vos pères lors de la campagne d’Italie, pendant le débarquement de Provence ou durant la campagne d’Alsace.

Nous n’oublions pas que c’est en 1963 que les premières familles Harkis étaient parqués vers les camps de transit, les « hameaux forestiers » ou vers des « cités urbaines », les tenant à l’écart de la communauté.

Une mise à l’écart que nous n’avons pas connu ici à La Londe grâce à François-de-Leusse et Philippe-de-Canson qui ont pris la mesure de leurs problèmes et de la nécessité d’une intégration rapide pour ces 45 familles arrachées à leur terre natale.

Très tôt, ils ont compris qu’il fallait ouvrir les bras et permettre une insertion digne, rapide, fraternelle. Ils ont mesuré qu’au-delà de la douleur de l’exil, il y avait une dignité à préserver, des vies à reconstruire, des enfants à éduquer, des familles à intégrer pleinement dans la communauté nationale.


Cette vision clairvoyante a permis d’éviter l’isolement, l’exclusion, la stigmatisation. Elle a donné aux familles harkies la possibilité de prendre racine ici, à La Londe, de bâtir leur avenir et de contribuer, avec courage et fierté, au développement de notre cité.

Cet héritage de solidarité nous oblige.

Plus que jamais, nous devons poursuivre ce devoir de mémoire, ce devoir de reconnaissance.

Nous devons le transmettre aux jeunes générations. Car en honorant les harkis, nous honorons la France elle-même : une France fidèle à sa parole, une France respectueuse de ceux qui ont combattu pour elle, une France qui ne renie pas son histoire mais qui la regarde en face, avec ses ombres et sa lumière.

Au nom de l’ensemble de nos concitoyens, je suis heureux d’adresser aux harkis et à leur famille un message de respect, d’amitié et de reconnaissance, en leur faisant part de toute la gratitude de la France pour les sacrifices qu’ils ont consentis.

Honneurs aux harkis,

Honneur à leurs familles,

Honneur aux membres des formations supplétives qui ont combattu jusqu’au sacrifice suprême pour la France en Algérie.

Photos Alain BLANCHOT.

A NOTER…

En présence de :

Simon BABRE, préfet,

Yves BOYER, président du Souvenir Français de La Londe,

Les autorités civiles et militaires,

Les Elus,

Monsieur le Curé.